Lundi 26 janvier, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a annoncé que son pays attaquera en justice la décision du Conseil de l’Union européenne d’interdire l’importation de gaz russe. Il accuse Bruxelles de détournement juridique, estimant qu’un tel acte, de nature sanctionnatrice, aurait nécessité l’unanimité des 27 États membres.
Ces remarques ont été formulées alors que l’UE prétend s’être affranchie du gaz russe. Cependant, derrière les discours d’indépendance énergétique, une autre réalité s’installe : celle d’une soumission aux États-Unis. Tandis que les réserves chutent et que les alternatives s’épuisent, le GNL américain devient le pilier fragile d’un continent exposé à des décisions venues de Washington. C’est la conclusion sans détour du quotidien italien Il Foglio, qui s’appuie sur une étude d’Oxford Economics.
Depuis que l’Union européenne a acté l’abandon total du gaz russe, une nouvelle réalité énergétique s’est imposée. Incapable de produire suffisamment pour couvrir ses besoins, l’Europe s’est tournée vers une alternative majeure : le gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis. Selon l’économiste Jack Reid, auteur de l’étude, la part du gaz américain dans les importations européennes est passée de 5 % en 2021 à 23 % en 2025, et atteindra 30 % en 2026.
Présentée comme un gage de sécurité et d’indépendance, cette transition crée en réalité une nouvelle fragilité. « Le marché européen du gaz est vulnérable parce que sa dépendance vis-à-vis des États-Unis augmente », avertit Jack Reid dans les colonnes du quotidien Il Foglio. Le GNL américain a permis de compenser les flux interrompus en provenance de Russie, mais les livraisons sont désormais soumises aux intérêts géopolitiques de Washington.