L’Iran a appelé à une politique de « tolérance zéro » à l’égard des attaques contre les installations nucléaires civiles, avertissant que celles-ci pourraient compromettre la sûreté nucléaire, les garanties de l’AIEA et les efforts mondiaux en faveur de la non-prolifération des armes nucléaires.
S’exprimant ce jeudi 17 septembre à Vienne lors de la 70e Conférence générale de l’AIEA, l’ambassadeur d’Iran, Reza Najafi, a appelé à une réponse internationale décisive et cohérente face aux attaques contre les installations nucléaires.
« La communauté internationale doit adopter une politique de tolérance zéro à l’égard de toute attaque ou menace contre les installations nucléaires civiles », a-t-il déclaré, ajoutant: « Aucune justification politique ou militaire ne saurait être acceptée pour une attaquer des installations nucléaires [...] Aucune attaque contre des installations nucléaires ne doit être tolérée. »
M. Najafi a déclaré que la question était devenue de plus en plus urgente suite à ce qu’il a décrit comme des « attaques sans précédent » contre des installations nucléaires pacifiques iraniennes au cours des 15 derniers mois.
Dans le même ordre d’idées, il a averti que laisser de telles attaques devenir monnaie courante pourrait avoir des conséquences bien au-delà des conflits dans lesquels elles surviennent. « Ce qui est inacceptable aujourd’hui ne doit pas devenir la norme demain », a-t-il affirmé.
Selon M. Najafi, les attaques contre les installations nucléaires peuvent mettre en péril la vie humaine, la santé publique et l’environnement, tout en perturbant l’approvisionnement en électricité, en endommageant des infrastructures vitales et en affectant la production d’isotopes médicaux.
Il a en outre averti que des attaques contre des installations protégées pourraient réduire la confiance du public dans l’énergie nucléaire et affaiblir la crédibilité des garanties internationales.
L’Iran a appelé à ce que les différends liés aux activités nucléaires soient réglés par la diplomatie, des moyens pacifiques et les mécanismes juridiques établis, plutôt que par une action militaire.
M. Najafi a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et l’AIEA à réagir rapidement et de manière cohérente aux attaques contre les installations nucléaires.
Il a critiqué le « silence assourdissant » des institutions face aux attaques contre les installations nucléaires iraniennes. « Le silence face à de telles attaques ne relève pas de la neutralité ; il risque d’encourager de futures agressions », a-t-il indiqué.
Il a invoqué l’article 56 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève, qui prévoit une protection spéciale pour les centrales nucléaires dans des certaines circonstances, et a affirmé que la protection des installations nucléaires civiles relevait d’une responsabilité internationale collective.
L’Iran s’est joint à 14 autres pays dans une déclaration commune réaffirmant le « droit inaliénable » des États à développer et à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans discrimination.
La déclaration souligne que les installations nucléaires ne devaient faire l’objet ni d’attaques ni de menaces d’attaque, et avertit que des attaques contre des installations soumises aux garanties pourraient entraîner des rejets radioactifs affectant les populations civiles et l’environnement.
Lesdits pays ont également rappelé la résolution 487 du Conseil de sécurité des Nations unies (1981) ainsi que plusieurs résolutions de la Conférence générale de l’AIEA s’opposant aux attaques contre des installations nucléaires civiles.