Biographie d’Aicha

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Aicha était la fille d’Abou Bakr, le premier calife, fils d’Uthman Abu Quhafa, un des petits fils d’Amer ben Ka’ab de la famille de Qoraysh. Sa mère était Umm Rûmmân Bint 'Âmir Al Kinâniyya surnommée Umm Abdoullah. Elle naquit à la Mecque, environ 5 ans après le début de la mission prophétique.

Après le décès d’Hazrat Khadija (as), la première épouse du prophète (as), et deux ans avant l’émigration à Médine, Aicha devint l’épouse du prophète (as) qui l’emmena chez lui, un an et demi après, après la guerre de Badr, sur la demande du père d’Aicha, pendant le mois de Chawâl. Leur vie commune dura 8 ans et 5 mois.

Aicha était très sensible au comportement du prophète (as) spécialement sur ses allers et venues, et les historiens ont cité des souvenirs d’elle, cités dans le Mosnad d’Ahmad au volume 6, aux pages 115, 147, 151 et 221.

Elle était aussi très sensible vis-à-vis des autres épouses du prophète (as) dont certains exemples sont cités dans le Sahih de Muslem,( au chapitre en arabe Alghirah) et dans le Mosnad d’Ahmad volume 6 pages 111,144 et 277.

Étudions tout d’abord le sens du terme « افک » dans le verset 11 de la sourate 24 (noor):  

»  ان الذین جاء واْ بالأفک عصبة منکم «

  1. Ceux qui sont venus avec la calomnie sont un groupe d'entre vous. Ne pensez pas que c'est un mal pour vous, mais plutôt, c'est un bien pour vous. A chacun d'eux ce qu'il s'est acquis comme péché. Celui d'entre eux qui s'est chargé de la plus grande part aura un énorme châtiment.

 

Fakhroddîn Râzî écrit que ce mot a un sens plus grand que le mot « mensonge » ou « calomnie » et signifie plutôt de «graves accusations » portées contre la famille ou une épouse du prophète (as) dans l’intention de nuire au prophète (as) et de remettre en question sa capacité de contrôle de ses épouses, ouvrant ainsi la voie aux autres femmes. C’est pourquoi, toutes les écoles islamiques ont rejeté l’idée d’un tel acte chez les épouses du prophète (as), comme celle citée dans le verset.

Quelle est la raison des divergences d’interprétation du verset ?

Quel est le contexte de la révélation de ce verset et à quelle épouse du prophète fait-il référence ?

Certains ont parlé de Māriyyah al-Qībtīyyāh dite Maria la Copte, d’Umm Ibrahim et d’autres d’Aicha.

Fakhroddîn Râzî cite des commentateurs qui ont rapporté les paroles d’Aicha qui a dit : « Chaque fois que le prophète (as) partait en voyage, il désignait par tirage au sort, celle qui l’accompagnerait. Lors de l'expédition de Banu Mustaliq, j’ai été choisie et je suis partie avec le prophète (as). Sur la route, nous nous sommes arrêtés dans un endroit et je me suis éloignée des musulmans pour une raison, et en revenant, je me suis rendue compte que j’avais perdu mon collier. Je suis donc repartie pour le chercher et quand je suis revenue, il n’y avait plus personne. Espérant qu’on se rendrait compte de mon absence et qu’on viendrait me chercher, je suis restée là. Ṣafwān ibn al-Mu’attal al-Sulamī qui suivait la caravane et rassemblait ce que les gens avait oublié, m’a vue, m’a reconnue et m’a fait monter sur sa monture pour me ramener au campement. Cependant, des gens ont dit ce qu’ils n’auraient pas du dire notamment Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh ».

D’après cette revayat, Aicha a été victime de ce groupe et Dieu dans ce verset, la défend de ces accusations mais on ne sait pas pourquoi, la majorité des commentateurs sunnites ont dit qu’il s’agissait dans ce verset, d’Aicha. Le prophète (as) n’eut pas d’enfant de Aicha et en fin de vie, touché par la maladie, fut transféré dans la maison d’Aicha où il décéda et fut enterré.

Aicha à l’époque des califes

 

À cette époque, Aicha était l’objet d’un grand respect dans la communauté musulmane, et d’un statut plus haut que celui des autres épouses du prophète (as) qui lui permettait parfois d’émettre des fatwas.              

Certains historiens ont écrit que le second calife fixait et versait le salaire d’Aicha avant celui des autres épouses et Adh-Dhahabī a déclaré qu’une pierre précieuse avait été prise en Irak, et qu’Omar avec la permission des assistants, l’avait envoyée à Aicha.

Ibn al-Athîr à la fin de sa vie, a déclaré qu’Omar ibn al-Khattâb avait demandé à Aicha l’autorisation d’être enterré dans sa maison près du prophète (as) et d’Abou Bakr, et qu’Aicha avait accepté.

 

Aicha à l’époque d’Uthman

Au début du califat d’Uthman, elle effectua le pèlerinage en compagnie du calife, mais peu de temps après, comme le dit Yaghubi, le troisième calife supprima la somme de 2000 dinars supplémentaires qu’elle touchait par rapport aux autres épouses, et qu’Omar ibn al-Khattâb lui avait octroyée, et lui fixa un salaire égal à celui des autres épouses.

L’Allameh Askari à ce sujet, a écrit : « Nous savons que les divergences entre eux (Aicha et Uthman) se sont accentuées dans la seconde moitié du califat, divergences qui sont apparues progressivement et ont abouti à un profond conflit entre « la mère des croyants » et Uthman ».  

Les historiens comme Amuri pensent que Walid ibn Uqba, demi frère d’Uthman, était à l’origine de la dispute entre Aicha et Uthman.

À l’époque d’Uthman, Walid ibn Uqba présenté dans le Coran comme un homme corrompu et malhonnête, occupa un poste gouvernemental, se rendit coupable de toutes sortes de péché et commandait avec l’argent du bien public, de l’alcool et de la viande de porc pour son ami chrétien.

Quand Walid fut nommé gouverneur de Koufa, Abou Zabid qui était un poète chrétien, le rejoignit et Walid lui donna la maison d’Aqeel ibn Abi Talib. Quand Abou Zabir voulait se rendre chez Walid, il passait par la mosquée de Koufa et ils passaient leurs nuits à boire de l’alcool et à s’enivrer. Walid avait aussi fait de cette mosquée, un lieu de rassemblement de magiciens. Quand on annonça à Walid qu’un magicien juif nommé Zorareh, vivait dans un village près du pont de Babylone, il ordonna qu’on l’amène à Koufa et qu’il fasse son spectacle dans la mosquée de Koufa, en présence du gouverneur musulman et de sa cour.  

Des gens témoins des beuveries de Walid, se rendirent à Médine chez Uthman, et l’informèrent de ce qui se passait à Koufa avec preuves à l’appui, et demandèrent l’aide d’Ali (as).

Abu al-Faraj al-Isfahânî  dans son « Kitâb al-Aghânî » (Livre des Chansons)  écrit : « Uthman en réponse à ce groupe de témoins, dit : « Faut-il dire du mal de son maitre quand on est mécontent de lui ? Puisqu’il en est ainsi, demain matin, je donnerai l’ordre qu’on vous punisse ! ». Par peur d’être punis, ils se réfugièrent chez Aicha, la mère des croyants, et quand Uthman entendit les paroles désagréables et les accusations d’Aicha, il cria : « Ces insoumis et ces Irakiens n’avaient pas d’autre refuge que la maison d’Aicha ?! » Aicha brandit les chaussures du prophète (as) et s’écria : « Comme tu as vite oublié les leçons du prophète dont voilà les chaussures ! ». Les paroles d’Aicha firent très vite le tour de Médine et les gens réunis dans la mosquée, finirent par se disputer. Certains félicitaient Aicha et d’autres, la critiquaient, et cela finit en combat.

Al-Balâdhurî à ce propos, ajouta que face aux critiques de la mère des croyants, Uthman lui demanda de quel droit elle s’ingérait dans les affaires alors qu’on lui avait ordonné de rester tranquille dans sa maison (allusion à un verset coranique)

Yaqubi a rapporté cet évènement dans son livre sur l’Histoire de l’islam, ainsi qu’Ibn Abd-al-Barr dans son livre sur les compagnons du prophète (as).

Hazrat Ali (as) dit à Uthman : « Démets Walid de ses fonctions et inflige-lui la peine qu’il mérite suivant les témoignages ». Uthman le démit de ses fonctions au gouvernorat de Koufa et le fit venir à Médine. Walid après quelques résistances, fut remplacé par Sa’id ben Al As qui une fois entré en fonction, ordonna qu’on nettoie la mosquée et ne monta pas en chaire tant que la mosquée ne fut pas nettoyée et purifiée. Certains dirigeants de Bani Omayye tentèrent de le dissuader de nettoyer la chaire, chose qu’ils considéraient comme une atteinte à la réputation de cette famille dont faisait partie Walid.   

Quand Walid arriva à Médine et après les témoignages sur son alcoolisme, Uthman ordonna qu’on lui inflige les peines prévues pour ce genre de délit. Walid, au bourreau chargé de lui infliger cette peine, lui dit d’éviter un scandale familial et de mettre l’Émir des croyants en colère. Personne n’osa lui infliger la peine jusqu’à ce que Ali Ibn Abi Taleb (as) prit lui-même le fouet avec son fils Hassan (as), et déclara à Walid que s’il l’écoutait cela signifierait qu’il ne croyait pas en Dieu. Ali arracha le vêtement de Walid et lui donna les quarante coups de fouet.

Après cela, la situation devint de plus en plus difficile pour le troisième calife qui envoya Abdoullah ben Hareth bin Nofel, un des petits enfants d’Abdoul Motaleb, auprès de l’Imam Ali (as) pour lui demander son aide. Ali (as) qui se trouvait à Khaibar, revint à Médine et se rendit chez Uthman qui lui demanda son aide au nom des liens familiaux. Ali (as) se rendit auprès de Talha et lui demanda de disperser les gens mais Talha refusa disant qu’il ne le ferait que si les Omeyyades se plient au désir des gens.  

Ali (as) partit et se rendit au trésor public, il ordonna qu’on casse la porte et commença à distribuer ces biens aux gens. Talha se rendit auprès du calife (Uthman) et lui dit : « Je regrette ce que j’ai fait et je demande pardon à Dieu. J’avais des souhaits mais Dieu n’a pas voulu qu’ils se réalisent ». Uthman lui répondit : « Je jure par Dieu que tu n’es pas venu pour te repentir mais parce que tu as compris que tu étais vaincu, je te laisse à la volonté divine ».

Quand Ali (as) vit que les gens voulaient tuer Uthman, il ordonna à ses fils de prendre leur épée, de se rendre devant la maison d’Uthman et de ne laisser personne s’approcher de lui.

Les fils de l’Imam Ali (as) se trouvèrent pris dans la bataille entre les défenseurs et les ennemis d’Uthman,  l’Imam Hassan (as) fut touché au visage et le serviteur de l’Imam Ali (as), Ghanbar, fut gravement blessé à la tête.  

Les documents sur le meurtre du calife sont divergents, mais ce qui est sur est que les meurtriers sont montés sur le toit de la maison d’un habitant de Médine (ansar), voisin d’Uthman, et ont pénétré dans sa maison par le toit car l’Imam Hassan (as) et l’Imam Hossein (as) les avaient empêchés de forcer la porte d’entrée. Ibn Abi Al hadid, Tabari et Al-Balâdhurî dans leurs livres, ont parlé de l’assassinat du troisième calife dont la dépouille est restée trois jours sur le sol jusqu’à ce qu’Ali (as) lui-même, entreprenne l’enterrement auquel étaient présents uniquement, Marvan et sa cinquième fille, et trois de ses serviteurs, dans le cimetières des juifs ou près du cimetière des juifs, et Muawiya, une fois au pouvoir, ordonna qu’on détruise la tombe d’Uthman et qu’on relie cette partie au cimetière de Baghi.

Le califat d’Ali ben Abi Taleb (as) 

Après Uthman, les compagnons du prophète (as) vinrent auprès de l’Imam Ali (as) et lui dirent que le calife avait été tué et que les musulmans avaient besoin d’un dirigeant honnête, et qu’il était celui qui méritait le mieux ce poste, vantant son passé et ses atouts.

Tabari a ajouté qu’après le meurtre d’Uthman, les gens en foule, se rendirent auprès d’Ali (as) et lui demandèrent de prendre la charge du califat et la direction des musulmans mais Ali (as) refusa. Les gens disaient que si le transfert du pouvoir prenait trop de temps, l’opinion s’en ressentirait. C’est alors qu’Ali (as) dit aux gens : « Si vous êtes déterminés, rassemblez-vous à la mosquée ». Ali (as) se rendit à la mosquée et déclara qu’il n’aimait pas s’asseoir au poste de calife mais que c’était la volonté de la communauté.

Il dit : « Sachez que pendant mon califat, deux actions seront entreprises sans aucune considération.

1- La suppression des privilèges de classe

2- l’instauration complète de l’égalité des droits entre tous les musulmans

Est-ce que vous êtes d’accord ? » Tous ont dit « oui, Ali ! »      

Al-Balâdhurî a déclaré : « Les musulmans en groupes avec enthousiasme, se sont rendus chez Ali (as) en lançant le slogan du califat d’Ali (as) et ont annoncé leur alliance avec lui. Les musulmans se sont rassemblés et la cérémonie a commencé. Talha fut le premier à prêter serment d’allégeance, des compagnons d’Ali (as) comme Ammar et Malik Ashtar, demandèrent à Ali (as) d’appeler les autres mais Ali (as) leur dit qu’il n’avait pas besoin de l’allégeance de gens qui n’étaient pas profondément d’accord et ne l’acceptaient pas de tout cœur.

Il est intéressant de noter que les opposants à cette allégeance étaient Marvan, Walid et Sa’id ben Aas. La raison de leur opposition et de leur rancune était qu’Ali (as) avait tué leurs pères et leurs ancêtres polythéistes. Ali (as) avait beau leur dire que ce n’était pas lui qui les avait tués mais leur opposition et leur hostilité à la vérité et leur soutien au polythéisme et à l’idolâtrie, cela ne les faisait pas changer d’avis.

Ali (as) voulait aussi qu’ils restituent les immenses richesses qu’ils avaient prises sur le bien public, et voulait se comporter de façon juste envers eux. Talha et Zobeir qui avaient fait serment d’allégeance, pensaient qu’ils obtiendraient des postes importants ou des avantages, mais ils virent que ce n’était pas le cas. Ils commencèrent donc à critiquer le gouvernement d’Ali (as) et les sermons d’Ali à leur égard, sont dans le Nahjol Balagha.

Au sujet des demandes de Talha et Zobeir, Yaghubi a écrit qu’ils dirent : « Ali ! Après le prophète nous avons été privés de postes et de statut, et isolés. Maintenant que tu as le pouvoir, nous attendons de toi que tu nous fasses participer aux affaires et que tu nous donnes un poste important au sein du gouvernement ».

L’Imam Ali (as) leur dit d’oublier cela. « Quel poste plus important que le fait d’être ma force et mon soutien dans les difficultés ? La solidité de mon gouvernement repose sur vous. Y a-t-il un poste plus élevé que celui-là pour un musulman ? », leur disait-il. Talha et Zobeir ne voyant aucune trace de faiblesse chez Ali (as) et apprenant qu’Aicha avait levé le drapeau de la vengeance du sang d’Uthman à la Mecque, décidèrent de se rendre à la Mecque prétextant le pèlerinage. Ils demandèrent bien entendu l’autorisation à Ali (as) qui accepta.

Talha et Zobeir rejoignirent Aicha qui avait à l’époque 45 ans, et était entourée des opposants au gouvernement d’Ali (as), en majorité d’anciennes personnalités influentes du gouvernement de l’ancien calife, qui avaient été démises de leurs fonctions dans le nettoyage politique du gouvernement de justice d’Ali (as).

Les leaders du mouvement étaient en contradiction, certains demandaient qu’on parte à Cham pour demander l’aide de Muawiya, et d’autres demandaient qu’on aille en Irak pour demander l’aide des gens de Koufa et de Bassora. C’est cette seconde proposition qui fut acceptée et les soldats prirent la direction de Bassorah. Tabari parle de 3000 soldats, de divergences entre Talha et Zobeir, et entre les troupes, durant tout le voyage.

Malgré le consensus et les promesses d’aide, les disputes très violentes étaient fréquentes, Talha et zobeir se disputaient la direction des prières et la direction de l’armée, et même Aicha, ne put trouver une solution. La situation empira au point que les gens ne savaient plus qui était leur chef.

Certains suivait Zobeir désigné par Aicha à la direction de l’armée, et d’autres obéissaient aux deux. Marvan en grande partie, était à l’origine de ces disputes. Un autre problème important des commandants de l’armée était qu’ils n’étaient pas surs de ce qu’ils faisaient et n’arrivaient pas à distinguer ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire.

Tabari à parlé de gens « qui dirigeaient sans savoir ce qu’ils font », « qui ne pouvaient pas distinguer la voie à prendre » et « doutaient de la justesse de leurs ordres ».

Alqamah ibn Waqqas a déclaré : « J’observais ces jours-là, le comportement et le visage de Zobeir, que je voyais toujours inquiet et anxieux. Si tu n’aimes pas combattre Ali, abandonne l’armée et retourne chez toi », lui disais-je. Il répondait qu’à une époque, les musulmans étaient unis devant les ennemis mais qu’aujourd’hui, ils étaient divisés et opposés, et prêts à se combattre.

Ces déclarations montrent bien que ces deux commandants hésitaient, doutaient du bien fondé de leurs décisions et avaient peur des conséquences.  

Ali (as) par contre, déclara : « Je sais avec certitude, que Dieu est mon soutien dans cette guerre et qu’il me fera gagner car je sais que je suis innocent et dans mon droit. Je n’ai aucune inquiétude et aucun doute, et je sais ce que je fais ».  

Départ d’Hazrat Ali (as) pour Bassora

 

La première halte que fit Ali (as) fut à Al-Rabadha où il rencontra Uthman ibn Hunaif qui lui raconta ce que les armées de Bassora lui avaient fait. L’Imam Ali (as) lui recommanda de faire preuve de patience et fut fort affligé. Il écrivit une lettre à son représentant à Koufa, pour lui demander de préparer une armée et de l’envoyer, mais Abou Moussa ne prêta pas attention à cet ordre et empêcha les gens de Koufa d’aller à son aide.

Ali (as) campa ensuite avec son armée à Dhi Gar d’où il envoya son fils, l’Imam Hassan (as) à Koufa avec une lettre, pour que les gens de Koufa lui viennent en aide. Les habitants de Koufa touchés par les discours de l’Imam Hassan (as), se rallièrent à lui.

Tabari écrit à ce sujet : « Les deux armées se rencontrèrent dans un endroit qu’on appela ensuite « le palais d’Ubaydullah ben Zyad». Les trois premiers jours, il n’y eut aucun incident et Ali (as) envoyait continuellement des lettres aux commandants de l’autre camp pour les avertir, ou leur adressait lui-même la parole pour empêcher la guerre et les troubles, et les avertir du danger de la corruption.

 

La guerre de Jamal

 

Le jour de la guerre de Jamal, Ali (as) s’adressa aux soldats et leur ordonna de ne pas tirer et de ne pas commencer la guerre, et de parler aux ennemis de la meilleure façon. 

La situation resta la même jusqu’à midi et les soldats de l’Imam ne commencèrent pas le combat bien que de l’autre coté, on invoquait les « vengeurs d’Uthman ». C’est alors qu’Ali (as) leva les mains au ciel et pria Dieu de punir les assassins d’Uthman.

Les efforts de l’Imam Ali (as) pour préserver la paix, restèrent inutiles, il brandit alors le Coran et demanda qui prendrait ce Coran et se rendrait dans l’armée ennemi pour l’inviter au Coran, et connaitre le martyre. Un jeune se leva et dit qu’il était prêt à le faire. Ali (as) répéta son invitation et ce jeune fut encore le seul à répondre. L’Imam lui donna le Coran et l’accompagna mais les ennemis le poursuivirent, lui coupèrent les deux bras et il perdit la vie en incitant les ennemis à accepter cette invitation. L’Imam Ali (as) dit alors qu’il n’y avait plus rien à faire et que la guerre était devenue inévitable et un devoir.  

Zobeir, premier commandant victime de la guerre de Jamal

Quand les deux armées arrivèrent l’une en face de l’autre, Ali (as) posa ses armes et enfourcha le cheval du prophète (as) pour se rendre auprès de l’armée ennemi et appeler Zobeir. Zobeir, avec ses armes, se rendit auprès de l’Imam Ali (as). Quand Aicha entendit cette nouvelle, elle craignit pour la vie de Zobeir et se mit à crier : « Quel malheur ! Ma sœur Asma va perdre son mari !», mais quand on lui dit qu’Ali (as) n’avait pas d’armes, elle se calma.

Les historiens au sujet de cette rencontre entre Ali (as) et Zobeir ont écrit : « Quand Zobeir arriva près de Ali, ils se prirent dans les bras et s’embrassèrent. Puis Ali (as) dit : « Quel malheur, pourquoi es-tu venu dans cet endroit ? Pourquoi t’es-tu opposé à moi ? »

Zobeir répondit que c’était pour venger Uthman, et Ali (as) dit : « Que Dieu tue celui qui a eu un rôle et participé à son assassinat ! » Il lui rappela ensuite les paroles du prophète (as) qui lui avait dit : «Tu te battras un jour injustement contre Ali ». Zobeir en entendant ces paroles, regretta ce qu’il avait fait mais dit qu’il était trop tard et qu’il ne pouvait plus reculer. Ali (as) lui dit qu’il valait mieux supporter la honte ce jour-là, que de la supporter définitivement ainsi que le feu de l’enfer dans l’autre monde. Zobeir fut influencé par ces paroles et repartit dans l’idée de se désister et de faire marche arrière, mais son fils, Abdoullah ben Zobeir, fâché, lui demanda comment il pouvait ainsi les abandonner.

Mas’oudi a rapporté ainsi la réponse de Zobeir à Abdoullah : « Abdoullah ! Ce n’est pas ce que tu crois, ce n’est pas par peur que je renonce à la guerre mais à cause d’un souvenir aujourd’hui, qui m’a troublé et m’a fait changer d’avis sur la guerre avec Ali (as), et parce que je préfère la honte de la démission au feu de l’enfer. Mais mon fils, maintenant que tu m’as traité de lâche, je vais effacer cette insulte avec mon épée ».

Après cette discussion, il lança une lourde attaque contre l’armée d’Ali (as) qui, quand il vit Zobeir dans cet état, ordonna qu’on ne lui fasse pas de mal car disait-il, on l’avait mis en colère et il n’était pas dans son état normal.

Zobeir pour la seconde fois, attaqua et cria : « Quel lâche peut faire preuve d’un tel courage ? », puis il disparut dans la nature. On dit qu’il s’arrêta dans un endroit pour la prière, où se trouvait un nommé Amr ben Jormuz qui l’attaqua par derrière et le tua.         

Talha, une autre victime de Jamal

Ibn Asaker a déclaré : « On dit qu’Ali (as) avant le combat, fit la même chose avec Talha. Il le rencontra et lui rappela les paroles du prophète (as) qui avait dit : « Ali (as) est le maitre de celui dont je suis le maitre. Mon dieu ! Aime les amis d’Ali (as) et sois l’ennemi de ses ennemis ! » Talha lui répondit qu’il l’avait entendu et s’en souvenait. Ali (as) lui dit : «Comme c’est étonnant, pourquoi me fais-tu donc la guerre ? » 

Tabari a ajouté : « Ali (as) a dit : « Talha! Tu as gardé ton épouse à la maison et entrainé l’épouse du prophète sur le champ de bataille, et tu as brisé ton serment d’allégeance »

Ibn Asaker et Adh-Dhahabī ont écrit : «Talha demanda aux soldats de se taire et d’écouter ce qu’il dit, mais voyant que personne ne l’écoutait, il maudit « ces loups voués au feu de l’enfer ».

Au sujet de la mort de Talha, Yaghubi, Ibn Asaker, Ibn Abd Rabbih Ibn Abdoul Ber Ibn Hajar al-Asqalani Ibn al-Athîr dans son Al-Kamil fi al-Tarikh, ont écrit :

« L’armée d’Ali (as) était en combat avec l’armée de Talha, quand Marwan, un des généraux de Talha, lui dit : « Quand aurai-je l’occasion de venger Uthman si je ne le fais pas aujourd’hui ? » puis il lança une flèche en direction de Talha, son supérieur, qui succomba ».

Ibn Saad dans son « Tabaghat » a écrit que Talha, aux derniers instants de sa vie, avait dit : « Je Jure devant Dieu que la flèche qui m’a tué n’a pas été lancée depuis l’armée d’Ali (as) ».

Les historiens ont déclaré qu’après la mort du second général de l’armée, aucune peur ne survint dans le cœur des soldats car le drapeau et la tête de l’armée était le chameau sur lequel se trouvait Aicha, l’épouse du prophète (as), qui attirait les soldats et les incitait au combat.

Ali (as) voyant cela, mis son turban noir et prépara l’armée, confiant le drapeau à Mohammad Hanafieh.

Les combats devinrent de plus en plus serrés, les rangs de soldats se brisaient et beaucoup s’enfuyaient.

Ceux qui étaient restés sentaient le danger et pensaient qu’ils seraient vaincus.

Au lieu des chants guerriers qui étaient de coutume, les ennemis de l’Imam Ali (as) criaient « Ya lasarat al Uthman! » appel aux vengeurs d’Uthman, et les soldats d’Ali (as) scandaient le nom du prophète « Ya Mohammad » mais Ali (as) leur ordonna de crier le slogan du prophète (as) « victorieux ! Fais les mourir ». Quand les armées de droite et de gauche furent dispersées, les combats se déplacèrent autour du chameau qui devint la cible des tirs mais sortit indemne grâce aux couvertures et aux objets qui le couvraient. Yojir, un des partisans de l’Imam Ali (as), fut chargé d’en finir avec le chameau qu’il frappa aux pattes et qui tomba alors que les soldats fuyaient dans tous les sens. Ali ordonna de couper les liens du bassour où se trouvait Aicha, et de l’éloigner du chameau. Les soldats d’Ali (as) mirent le bassour sur leurs épaules et le sortirent de la mêlée. La guerre sanglante de Jamal, finit avec la défaite des insurgés. Ali (as) ordonna à Mohammad ben Abi Bakr (le frère d’Aicha) de dresser une tente pour Aicha et de voir si elle allait bien. Mohammad ben Abi Bakr passa la tête dans le bassour et Aicha demanda qui il était, il répondit : « la personne la plus proche mais l’ennemi le plus dur de ta famille»   

Aicha dit : « tu es le fils de la tribu des Khathimieh (nom de la tribu de la mère de Mohammad ben Abi Bakr) », il répondit « oui ». Aicha rendit grâce à Dieu qu’il soit sorti vivant de cette guerre. Mohammad lui dit qu’Ali (as) avait demandé de ses nouvelles et qu’il craignait qu’elle ait été blessée. Aicha dit qu’une flèche l’avait atteinte mais sans gravité. Ali (as) se rendit auprès d’Aicha et lui demanda si c’était le prophète qui lui avait ordonné cette guerre. « Le prophète ne t’avait-il pas ordonné de rester chez toi ? Ceux qui ont emmenée l’épouse du prophète (as) dans cette guerre et ont laissé leurs épouses à l’abri dans leur maison, ont mal agi envers le prophète (as). Tu as monté les gens contre moi et développé l’animosité dans leur cœur, jusqu’à ce qu’ils se lancent dans ce combat », lui dit-il. Aicha resta silencieuse quelques instants puis dit : « Ali, maintenant que tu as le pouvoir et que tu m’as vaincue, il vaut mieux pardonner »

Ali (as) dit à ses soldats de respecter les vaincus à cause de leur profession au monothéisme, et envoya son cousin Abdoullah ben Abbas auprès d’Aicha pour la convaincre de retourner à Médine mais Aicha n’écouta pas. Ali (as), lui-même, se rendit auprès d’Aicha et trouva auprès d’elle des femmes en deuil, notamment Safieh fille de Harith Thaghafi, ennemie de l’Imam Ali (as) qui lui dit : « Je ne te critique pas car dans la guerre de Badr et de Ohod, j’ai tué ton grand père et ton oncle, et maintenant ton mari, mais sache que si je devais tuer tous vos proches et vos amis, je le ferai », faisant allusion à Abdoullah ben Zobeir, Marvan et d’autres qui s’étaient réfugiés dans la maison d’Aicha. Le lendemain, Ali (as) envoya son fils, Hassan Mojtaba (as), auprès d’Aicha pour l’obliger à partir immédiatement pour Médine. Aicha voyant les menaces d’Ali (as) se prépara à partir.

Ibn Abd Rabbih, auteur du « Al-Iqd al-Farīd », a écrit : «Quand Aicha annonça qu’elle était prête à partir, Ali lui donna les choses nécessaires pour le voyage et la fit accompagner par 40 ou 70 femmes.  

 
 
 
 
 
 
 
 

Tabari a écrit à ce sujet : « Ali lui donna 12000 dirhams et la fit accompagner par des femmes et des hommes jusqu’à Médine ».

Al-Mas'ûdî a écrit qu’Abdoul Rahman ibn Abi Bakr avait reçu pour mission de la part de l’Imam Ali (as), d’accompagner sa sœur avec 30 femmes des tribus d’Abd Gheis et d’Hamadan, jusqu’à Médine. Yaghubi et Ahmad ibn A'tham l’ont aussi écrit dans leurs récits historiques.

Ce qui aujourd’hui, nous intéresse et que nous devons suivre, est l’aide respectueuse de l’Imam Ali (as) pour aider Aicha à revenir à Médine. L’Imam Ali (as) ordonna qu’Aicha fut escortée par des personnes au visage couvert, ce qui déplut à Aicha. Mais une fois à Médine, ces personnes ont dévoilé leur visage et aicha a vu qu’elles étaient toutes des femmes, et elle comprit qu’Ali (as) avait eu le plus grand respect possible pour l’épouse du prophète (as).

Après la guerre de Jamal, Aicha qui était subtile et avait le sens de la situation, dans une phrase courte mais sensible, réussit à appeler cet homme bon et courageux au pardon et lui dit : «Ali ! Maintenant que tu es sorti victorieux et que tu es dominant, il vaut mieux pardonner ».

Elle déclara aussi plus tard, que la guerre de Jamal était « comme un os » qui lui était resté dans la gorge.

Ibn Athir a écrit qu’un jour il avait évoqué la guerre de Jamal devant Aicha qui lui avait demandé si les gens en parlaient encore. Il répondit que oui et elle dit alors : « Comme j’aimerais ne pas avoir participé à cette guerre, ce jour-là ! »

Les historiens ont parlé d’un homme nommé Masruh qui a raconté qu’Aicha se mettait à pleurer quand on récitait le  verset  «  وقرن فی بیوتکن » (restez dans vos demeures)

Ses rapports avec Amr ibn al-As

Un jour, Amr ibn al-As dit à Aicha : «Comme j’aimerais que tu aies été tuée dans la guerre de Jamal ! Si cela était arrivé, tu serais partie pour le paradis et nous, nous aurions pu nous servir de ce prétexte contre le clan d’Ali ».

Ces paroles d’Amr ibn al-As montrent bien ce que voulaient les Omeyyades et leurs objectifs dans les guerres, et montrent l’hypocrisie et le manque d’unité de ceux qui avaient lancé la guerre de Jamal.

Ibn Kathir dans son recueil d’Histoire, a raconté : «On a parlé une fois en présence d’Aicha, du meurtre de Zuth Thadiah, Herghos ben Zahir, par l’émir des croyants. Aicha demanda à cet homme un témoignage. Quand on apporta le témoignage à Aicha, elle dit : « Que Dieu maudisse Amr ibn al-As qui prétendait qu’il l’avait tué lui-même, en Égypte ! »

Après ce récit, Ibn Kathir déclare : « Aicha s’est mise à pleurer et après s’être calmée, elle dit : « Que Dieu bénisse Ali qui ne s’est jamais éloigné du droit, ce qui est arrivé entre lui et moi, est ce qui arrive généralement entre les femmes et les familles de leur mari ».

Mais pourquoi Amr ibn al-As avait-il dit un tel mensonge. Les historiens ont cité beaucoup de revayats du prophète (as) qui blâmaient Zuth Thadiah et louaient son assassin, et Amr ibn al-As voulait ainsi se réserver les louanges du prophète (as).

Les particularités d’Aicha

 

D’après Al-Dhahabi, c’était une femme intelligente, éloquente, douée en politique et généreuse. Elle avait une excellente mémoire et connaissait beaucoup de poèmes et quelques notions de médecine.

Au sujet de sa façon de se vêtir, l’auteur du Tabaghat a écrit de Ghasem, le neveu d’Aicha, qu’elle portait des habits jaune et des bagues en or. Sa nièce a raconté qu’Aicha avait un habit de soie qu’elle portait parfois et qu’elle donna à Abdoullah ben Zobeir. Ghasem a aussi déclaré qu’aicha portait des habits jaunes et des bijoux en or, lors du Hadj.

Abdoul Rahman ben Ghasem a déclaré de sa mère, qu’elle avait vu Aicha vêtue d’un habit rouge comme le feu, alors qu’elle faisait le pèlerinage, et de nombreux récits le confirment.

Umm Zareh, qui lui rendait parfois visite, a déclaré qu’on avait envoyé deux bourses contenant chacune 80 à 100000 dirhams. Aicha qui faisait le jeûne, distribua l’argent et il ne resta rien pour elle. Le soir, elle demanda à sa servante de lui apporter l’iftar, elle lui apporta un peu de pain et de l’huile d’olive. La servante lui demanda pourquoi elle n’avait pas gardé un peu d’argent pour acheter de la viande pour le repas d’iftar, Aicha lui dit qu’elle l’aurait fait si elle le lui avait rappelé.

Dans d’autres récits, on raconte qu’Orveh, fils de Zobeir, a dit : « J’ai vu un jour Aicha en train de donner aux gens 70000 dirhams, alors que ses vêtements étaient rapiécés. Le fils de Zobeir n’appréciait pas ces actes de générosité et voulut lui interdire de disposer de ses biens. Quand Aicha apprit cela, elle fit le vœu de ne plus lui parler jusqu’à sa mort. Abdoullah envoya un intermédiaire auprès de sa tante, mais elle s’entêta et déclara qu’elle ne tombera jamais dans le péché de l’avarice et de l’accumulation des richesses. Cela dura deux ans, jusqu’à ce qu’Abdoullah sans être reconnu, se rendit chez sa tante avec deux autres personnes, et la supplia de lui parler au nom des liens familiaux, et Aicha accepta.

La mort d’Aicha

Dans le livre Balaghat-al Nissa, Ibn Teyfour raconte qu’Aicha était très tourmentée par l’approche de la mort, on lui demanda pourquoi elle, qui était « la mère des croyants », elle était si agitée. Aicha répondit que la guerre de Jamal lui était restée « comme un os dans la gorge ».

Al-Dhahabi a rapporté qu’aicha à l’approche de la mort, avait demandé qu’on l’enterre auprès des autres femmes du prophète (as).

« Elle décéda la veille du 17ème jour du mois de ramadan de l’année 58 de l’hégire après la prière de Witr, à l’âge de 63 ans. Aicha avait ordonné qu’on l’enterre le soir même. Les mohajerins et les ansars se rassemblèrent donc et allumèrent des bois de dattier pour éclairer la route. Les femmes se rassemblèrent dans le cimetière, et Abu Huraira qui était gouverneur de Médine et représentant de Marwan, récita la prière mortuaire et l’enterra près des autres épouses du prophète (as).

 

Le rôle d’aicha dans la transmission des hadiths

 

Plus de 200 hadiths du prophète (as) ont été rapportés par Aicha dans les deux livres sunnites, le Sahih de Muslim et le Sahih de Bokhari. Ibn Saad a dit qu’elle donnait même son avis sur les questions de jurisprudence, et prononçait des fatwas. L’Allameh Askari a déclaré qu’elle corrigeait aussi les erreurs des compagnons.

Muhammad ibn Sa'd ibn Mani' al-Baghdadi ou Ibn Sa'd Ibn Saad dans le « Tabaghat » dont les livres 1 et 2 contiennent des biographies du Prophète, les Livres 3 et 4, des notifications biographiques des compagnons, les livres 5, 6 et 7, des notices biographiques de savants islamiques tardifs, et le livre 8, des avis biographiques sur des femmes islamiques, a écrit qu’aicha à l’époque d’Abu Bakr, Omar et Uthman, était la seule femme qui donnait continuellement des fatwas, ce qu’elle fit jusqu’à sa mort.

Les revayats citées par Aicha, concernent les domaines des prières, du commerce et des questions sociales, les questions familiales, ses relations avec les autres épouses, la famille du prophète (as) et sa fille Zahra (as), les petits enfants du prophète (as) et Ali (as).

  1. Au Sujet d’Hazrat Fatemeh (as) et d’Ali ibn Abi Taleb (as), elle a dit :
  • «Le prophète parlait sans cesse de Khadija avant de sortir de la maison. Un jour, poussée par la jalousie, j’ai dit que ce n’était qu’une vieille femme et que Dieu lui avait donné mieux qu’elle. Le prophète s’est fâché et a dit : « Je jure devant Dieu, que je n’ai jamais eu (d’épouse) meilleure qu’elle et que personne n’a pu prendre sa place. Elle a cru en moi alors que les gens me rejetaient. Elle a cru en mon message alors que les gens me traitaient de menteur. Elle m’a soutenu avec ses biens alors que les gens m’avaient abandonné. Dieu m’a donné d’elle un enfant alors que je n’ai aucun autre enfant ni descendant (des autres femmes)». Aicha dit alors qu’elle avait décidé de ne plus jamais dire du mal de Khadija.
  • Le prophète (as) a dit que lors de son ascension, l’Ange Gabriel lui avait donné une pomme du paradis qu’il a mangée puis il est allé auprès de Khadija et Fatemeh a vu le jour. « Fatemeh est une houri humaine, chaque fois que je pense au paradis, je l’embrasse », disait-il.
  • Le prophète (as) est sorti vers midi, couvert d’un burnous (sorte de cape) de poils noirs. Hassan ibn Ali est arrivé et il l’a mis sous son burnous, puis ce fut le tour de Hossein, de Fatemeh et d’Ali, et il récita le verset :

«إنما یرید الله لیذهب عنکم الرجس اهل البیت و یطهرکم تطهیرا »

  • On demanda à Aicha son avis sur Ali. Elle dit : «Que dirais-je de lui alors qu’il est celui que le prophète aime le plus. J’ai vu le prophète recouvrir Ali, Fatemeh, Hassan et Hossein de son burnous puis il a dit : « Ce sont eux les Ahl-ul-Bayt (les membres de la demeure prophétique) que Dieu les purifie de toute souillure ! » On demanda à Aicha pourquoi elle s’était révoltée contre lui (l’Imam Ali), elle dit qu’elle regrettait mais que cela faisait partie de son destin.
  • Abdoullah ben Moussa a rapporté de Zakaria, de Abi Faras, de Masrugh et d’Aicha, qu’elle a dit : « Je jure par Dieu qui n’a pas d’égal, que la façon de marcher de Fatemeh était exactement la même que celle du prophète qui lui a dit en l’accueillant : « N’es-tu pas heureuse d’être la maitresse des croyantes et des femmes de ma communauté le jour de la résurrection ? »
  • Aicha dit à Fatemeh : « N’es-tu pas satisfaite que j’ai entendu le prophète dire que les maitresses du paradis sont Marie fille d’Imran, Fatemeh, fille de Mohammad, Khadija, fille de Khuwaylid, et Asiya, fille de Muzahim et épouse du Pharaon ? »
  • On a rapporté qu’Aicha a dit : « Quand le prophète revenait de voyage, il embrassait Fatemeh et disait : « Je sens chez Fatemeh, le parfum du paradis »
  • Aicha a raconté : « le Prophète a dit à Fatemeh : « Gabriel m’a annoncé qu’aucune femme musulmane ne subira les malheurs que tu subiras et que ta patience ne devait pas être moindre que la leur »
  • Aicha a dit : « Je n’ai vu personne plus véridique que Fatemeh à part son père »
  • Aicha a dit : « je n’ai vu personne qui ressemble plus au prophète que Fatemeh, dans le domaine du discours. Quand Fatemeh entrait, le prophète se levait et l’embrassait. Il l’accueillait chaleureusement, et Fatemeh faisait de même ».
  • Aicha a raconté : « Quand le prophète était malade, nous étions à ses cotés et veillions sur lui, quand Fatemeh est arrivée, son pas ressemblait exactement à celui du prophète, quand il la vit, il l’accueillit chaleureusement, la fit asseoir à ses cotés et lui dit quelque chose à l’oreille qui la fit pleurer. Je lui ai demandé pourquoi elle pleurait alors que le prophète lui avait confié ces paroles à elle seule. Puis le prophète lui dit autre chose et Fatemeh sourit. Aicha ordonna à Fatemeh de dire ce que le prophète lui avait dit « en raison des droits qu’elle avait sur elle » mais Fatemeh refusa de divulguer le secret du prophète. Quand le prophète décéda, Aicha demanda à Fatemeh ce que le prophète lui avait dit. Elle répondit : « Maintenant le vais te le dire. Le prophète a dit que Gabriel chaque année, récitait le Coran au prophète mais que cette année, il l’avait fait deux fois et que cela était le signe de sa mort prochaine, ce qui m’a fait pleurer. Ensuite il m’a dit : « Sois patiente et vertueuse, ne sais-tu pas que c’est grâce à cette patience et cette vertu que tu seras la maitresse des femmes de ma communauté ? et cela m’a fait sourire ».
  • Aicha a dit : « Fatemeh est arrivée d’un pas qui ressemblait exactement à celui du prophète qui a dit : « Sois la bienvenue ma fille, puis il lui a dit quelque chose qui la fit pleurer et quelque chose qui la fit sourire. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle a répondu quelle avait pleuré à cause de l’annonce du décès du prophète et qu’elle avait souri car il avait dit qu’elle serait la première à le rejoindre  »
  • Aicha a dit que le prophète avait déclaré : « Fatemeh est une partie de moi-même quiconque la fait souffrir me fait souffrir »
  • Aicha a dit « J’ai entendu le prophète dire que le jour de la résurrection, un annonceur demandera aux créatures (hommes et djinns) de baisser la tête quand Fatemeh, fille de Mohammad, passera sur le pont de Sirat.
  • Aicha a dit : « Fatemeh était la femme que le prophète aimait le plus et son mari, Ali, l’homme qu’il aimait le plus ».
  • Aicha a dit que le prophète avait dit : « Le droit est avec Ali et Ali avec le droit, ils ne se sépareront jamais jusqu’à ce qu’ils me retrouvent auprès du bassin (paradisiaque)
  • Aicha a dit : « j’ai vu Abou Bakr les yeux fixés sur Ali. Je lui ai demandé pourquoi il regardait ainsi Ali. Il a répondu : « J’ai entendu le prophète dire que regarder le visage d’Ali était une forme de prière ».
  • Hafez Ibn Hajar al-Asqalani a rapporté dans son livre Al Asabe (les compagnons) que Leila Ghafari avait dit : «J’accompagnais le prophète dans les guerres pour soigner les blessés, et j’ai aussi accompagné Ali quand il se rendait à Bassora. Quand j’ai vu Aicha, je lui ai demandé si le prophète avait parlé des qualités d’Ali. Elle m’a dit : «Oui, Ali est venu voir le prophète qui était chez moi, et s’est assis entre nous, je lui ai demandé s’il n’y avait pas une autre place pour s’asseoir mais le prophète a dit : « laisse mon frère tranquille, il est celui qui a cru en moi le premier et sera le premier à me rejoindre le jour de la résurrection ».
  • Aicha a dit : « J’étais avec le prophète quand Ali entra, le prophète en le voyant, dit : « Aicha ! voilà le prince des Arabes », je lui ai dit : « Mais n’est-ce pas toi le prince des Arabes ? » il a dit : « Je suis le prince des fils d’Adam et il est le prince des Arabes ».
  • L’auteur du Faza’el al Sam’ani a rapporté d’Aicha que : «Chaque fois que Fatemeh venait, le prophète se levait, l’embrasait à la tête et l’asseyait à sa place. Chaque fois que le prophète allait chez elle, elle l’accueillait avec empressement, l’embrassait et s’asseyait auprès de lui ». 
  • Aicha a dit : « le prophète a dit : « Mon meilleur frère est Ali et mon meilleur oncle Hamzeh »
  • Aicha a dit : « Le prophète a dit : « Les trois premiers sont Yusheh ben Nuh qui suivit Moise, celui cité dans la sourate Yassin qui suivit Jésus, et Ali Ibn Abi Taleb qui fut le premier à suivre Mohammad. 
  • Aicha a dit : « En ma présence, Fatemeh a demandé au prophète ce qu’il pensait d’elle, il répondit : « Tu es la meilleure femme de la création », et mon cousin demanda-t-elle ? « Personne dans la création ne lui est comparable », dit-il.
  • Aicha a dit : « Ali est celui qui connait mieux que vous les enseignements du prophète »
  • Aicha a dit : « Le prophète embrassait beaucoup Fatemeh »
  • Aicha a dit : « Dieu n’a créé aucune créature plus aimable pour le prophète qu’Ali Ibn Abi Taleb »
  • Aicha a dit : « Un jour, le prophète en voyant Ali, a dit : « Voilà le maitre des musulmans ». Je lui ai dit : « Est-ce que tu n’es pas toi-même, le maitre des musulmans ? » Il a dit : « Je suis le sceau des prophète et l’envoyé de Dieu »

Hadiths à propos de sujets divers rapportés par Aicha

 

  • Aicha a dit : « J’ai entendu le prophète dire que Dieu pardonnera un nombre des péchés égal au nombre de lettres de la sourate Yassin, aux enfants qui se rendent sur la tombe d’un de leurs parents, le vendredi.
  • Un homme est venu voir le prophète avec une personne âgée, le prophète a demandé qui était celui qui l’accompagnait, il a dit que c’était son père. Le prophète lui a dit de ne pas marcher devant lui, de ne pas s’asseoir avant lui, de ne pas l’appeler par son prénom et de ne pas faire en sorte que quelqu’un l’insulte.
  • Le respect des relations familiales, un bon caractère, de bonnes relations avec les voisins, fertilisent les terres et allongent la durée de vie.
  • J’ai demandé au prophète qui a le plus de droit sur une femme. Il a dit son mari, j’ai demandé qui avait le plus de droit sur un homme, il a dit sa mère.
  • Le prophète a dit : « Aicha, si tu fais un péché demande pardon à Dieu, car le pardon exige le regret des fautes
  • Le prophète a dit : « Allaiter une fois ou deux ne constitue pas des liens de sang »
  • J’ai demandé au prophète jusqu’où s’étend le domaine des voisins, il a dit jusqu’à 40 maisons.
  • Le prophète de Dieu a dit : « N’est pas croyant celui qui dort repu alors que ses voisins ont faim »
  • J’ai entendu le prophète dire : « Ne donne pas au pauvre ce que tu ne veux pas manger »
  • Le prophète a dit : « Celui qui fait fructifier une terre, a plus de droit que les autres sur cette terre, et personne n’y a des biens
  • Le prophète a dit : « Le mariage est ma coutume, celui qui ne la respecte pas n’est pas des miens. Mariez-vous, cela me permettra avec vous, de dominer les autres communautés, si vous avez des biens mariez-vous, si vous n’en avez pas les moyens, jeûnez ! car le jeûne est un bouclier et un rempart ».
  • Le prophète a dit : « Dieu dans la nuit du milieu du mois de Chaban, regarde ses créatures et pardonne à ceux qui se repentissent, accorde sa grâce à ceux qui l’attendent, mais garde à l’écart les rancuniers ».
  • On a dit à aicha qu’une femme portait des babouches, elle répondit que le prophète avait maudit les femmes qui cherchaient à ressembler aux hommes.
  • Le prophète a dit : « Les meilleures femmes de ma communauté sont celles qui sont les plus agréables et ont les dots (cadeau fait volontairement par l'homme à sa femme) les plus faibles.
  • Le prophète a dit : « Il y a trois choses qui réjouissent les yeux, la verdure, l’eau courante et un beau visage » 
  • Le prophète a dit : « Respecter la pudeur pour que vos femmes la respectent, et faites du bien à vos pères pour que vos enfants vous fassent du bien, celui qui ne pardonnera pas son frère musulman qui lui demande pardon, ne me rencontrera pas auprès du bassin (du paradis) ».
  • Le prophète a dit : « les meilleures actions auprès de Dieu sont celles qui durent même si elles ne sont pas nombreuses ».
  • Le prophète a dit : « Dieu a dit : « J’ai promis à celui qui se soumet et fait les prières au moment voulu, que je ne lui infligerai pas de châtiment et que je le ferai entrer sans examen, au paradis ».
  • Le prophète a dit : « Dieu a imposé cinq moments de prière à ses créatures »
  • Sa’ad ben Hosham a rapporté les paroles du prophète qui a dit : « Deux rakats de prière le matin, vaillent mieux que le monde et tout ce qu’il contient » 
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