Téhéran (IRNA)-Dans une analyse exclusive accordée à l’agence IRNA, l’experte en géopolitique Ghada Houbballah a mis en lumière l’incapacité systémique des États-Unis à décoder la profondeur de la doctrine stratégique iranienne. Elle souligne que Téhéran a imposé une nouvelle équation où l’économie n’est plus une vulnérabilité mais un rempart de souveraineté, et où « l’unité des fronts » s’érige en bouclier de dissuasion inexpugnable. Selon l'interlocuteur de l'IRNA, tant que Washington persistera dans sa lecture erronée de la résilience de la République islamique, ses tentatives de pression se heurteront invariablement à la réalité d’une puissance régionale qui a déjà transformé les menaces en leviers de puissance stratégique.
espaces multiples.
Ainsi, la distribution des éléments de puissance à travers différents fronts (Liban, Irak, Yémen…) ne vise pas seulement à étendre l’influence, mais à : décomposer la centralité de la confrontation, distribuer le coût géographiquement, et transformer tout conflit en une situation multi-fronts.
Et ici réside l’essence du dilemme : les négociations actuelles ne sont pas un conflit sur des clauses, mais sur la philosophie du système international dans la région.
La négociation comme théâtre de rivalité sur les représentations
Le cas iranien montre que l’essence du différend avec les États-Unis ne se limite pas aux intérêts, mais s’étend à un niveau plus profond : une divergence dans la représentation même du conflit.
Les États-Unis traitent l’influence et les outils comme des dossiers pouvant être démantelés par la négociation, tandis que l’Iran les considère comme des composantes structurelles dans la définition de soi en tant que puissance régionale.
Ici, la négociation devient, dans son essence, non pas simplement un processus politique, mais un conflit sur la définition de ce qui est négociable à l’origine.
À la lumière de cette lecture, il apparaît que ce qui semble être une rigidité dans la négociation est en réalité un attachement à une représentation géopolitique intégrée : le détroit d’Ormuz comme outil de reproduction de l’espace souverain et l’unité des fronts comme mécanisme de reconfiguration de l’espace stratégique
Dans les deux cas, il ne s’agit pas de cartes échangeables, mais de limites qui ne peuvent être intégrées dans la négociation sans porter atteinte à la structure profonde de la puissance.
Ainsi, tout accord qui ne prend pas en compte cette double dimension — spatiale et représentationnelle — ne sera qu’un arrangement circonstanciel, incapable de traiter l’essence du conflit.
L’Iran entre dans la négociation avec une logique d’État qui a retenu les leçons d’une expérience passée. Et pour cela, tout accord qui ne reconnaît pas son rôle économique dans le détroit d’Ormuz et son réseau de dissuasion régionale ne sera pas, à ses yeux, un accord… mais une trêve dans un conflit long.



















