Analyste jordanien : Les Etats-Unis cherchent à freiner le changement mondial porté par la résistance iranienne

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Analyste jordanien : Les Etats-Unis cherchent à freiner le changement mondial porté par la résistance iranienne

IQNA-L’analyste politique jordanien Imad Al-Hatbeh estime que le durcissement de la politique américaine à l’égard de l’Iran dépasse largement les seules considérations économiques ou diplomatiques.

 

Dans une tribune intitulée La guerre des volontés, publiée par le média libanais Al Mayadeen, il soutient que l’objectif fondamental de Washington est de briser la détermination de l’Iran et d’empêcher l’émergence d’un nouvel équilibre international favorisé, selon lui, par la résistance iranienne et l’axe de la Résistance face à la domination occidentale.

 

Selon l’auteur, de nombreux observateurs s’accordent à dire que les États-Unis ne souhaitent pas s’engager dans une guerre régionale de grande ampleur. L’intensification des tensions dans le golfe Persique répondrait avant tout à deux objectifs : effacer l’image d’un recul américain après les derniers affrontements avec l’Iran et accroître la pression économique et sociale sur la République islamique grâce à un renforcement des restrictions maritimes et, dans une certaine mesure, terrestres, afin d’obtenir davantage de concessions.

 

Imad Al-Hatbeh affirme que la confrontation actuelle ne peut être réduite à un simple affrontement militaire ou diplomatique. À ses yeux, il s’agit d’une lutte qui déterminera l’ordre mondial de demain. Il considère que le conflit oppose deux visions du monde : celle fondée sur la poursuite de l’hégémonie des grandes puissances et celle qui revendique le droit des peuples à décider eux-mêmes de leur destin.

 

Pour illustrer cette idée, il cite le penseur italien Antonio Gramsci, qui écrivait dans ses Cahiers de prison que « l’ancien monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et, dans ce clair-obscur, surgissent les monstres ». Selon Al-Hatbeh, ces « monstres » prennent aujourd’hui la forme d’États capables de recourir à la force pour préserver leur domination. Toutefois, il estime qu’ils ne pourront empêcher l’émergence d’un nouvel ordre international.

 

L’analyste revient également sur les précédents accords conclus entre Washington et Téhéran. Il affirme que les deux parties savaient que les États-Unis ne respecteraient pas durablement leurs engagements, rappelant que cette méfiance avait été exprimée à plusieurs reprises par les autorités iraniennes. Selon lui, Washington cherchait surtout à sortir du face-à-face direct avec l’Iran tout en consolidant sa position dans d’autres dossiers régionaux, notamment au Liban et à Gaza.

 

Dans cette lecture des événements, le retour des tensions dans le golfe Persique ne viserait pas à renverser le régime iranien ni à détruire le pays, mais à interrompre une dynamique internationale que l’auteur estime impulsée par l’Iran. Il situe le point de départ de cette évolution au 7 octobre 2023, avec l’opération « Déluge d'Al-Aqsa », avant de considérer que les développements militaires iraniens lui ont donné une nouvelle dimension.

 

Imad Al-Hatbeh inscrit cette confrontation dans une continuité historique. Il rappelle que, selon lui, les puissances coloniales ont longtemps considéré certaines régions du monde comme leur domaine exclusif. Il cite la nationalisation du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser, suivie de l’intervention militaire franco-britannique et israélienne, ainsi que la nationalisation du pétrole iranien par Mohammad Mossadegh, qui fut suivie d’un coup d’État soutenu par les États-Unis et le Royaume-Uni. À ses yeux, les conflits actuels en Syrie, au Yémen, à Gaza ou encore contre l’Iran s’inscrivent dans cette même logique de préservation d’une influence occidentale.

 

L’auteur s’attarde ensuite sur la question du détroit d’Ormuz. Il affirme que certains navires auraient été conduits à emprunter une voie maritime différente de celle placée sous la responsabilité sécuritaire de l’Iran. Selon lui, plusieurs hypothèses sont envisageables, mais il privilégie celle d’une intervention américaine ayant encouragé ou contraint ces bâtiments à suivre cet itinéraire afin de créer un nouveau point de tension.

 

Enfin, Imad Al-Hatbeh identifie trois principaux objectifs poursuivis, selon lui, par Washington : affaiblir la volonté politique de l’Iran et réaffirmer son hégémonie sur les grandes routes commerciales ; renforcer la pression économique sur Téhéran, tout en affectant des pays comme la Chine par une hausse des prix de l'énergie ; et raviver les tensions au Yémen afin de consolider le contrôle stratégique des détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, ainsi que du canal de Suez.

 

L'annalyste estime que, au-delà des capacités militaires, l’Iran a besoin d’une volonté politique durable pour poursuivre son action. Il appelle également les mouvements de libération arabes et internationaux à adopter, selon ses termes, une position plus ferme face aux pressions extérieures, estimant que cette détermination sera décisive pour l’issue de la confrontation actuelle.

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