تقي زاده
Des progrès ont été réalisés vers la fin de la guerre, le cessez-le-feu au Liban reste une « véritable épreuve » (Araghchi)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a salué les efforts de médiation « inlassables » du Pakistan et du Qatar, estimant que des avancées majeures avaient été réalisées vers la fin de la guerre menée contre l'Iran. Il a toutefois souligné que la « véritable épreuve » serait la mise en œuvre réussie du cessez-le-feu au Liban.
Dans un message publié sur X lundi 22 juin, M. Araghchi a écrit : « La médiation inlassable du Pakistan et du Qatar a permis des avancées majeures en vue de mettre un terme à la guerre au Liban. L'embargo visant les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques a été suspendu, le blocus levé, une partie des avoirs gelés débloquée et un vaste programme de reconstruction et de développement lancé en faveur de l'Iran ». Il a toutefois souligné que la première « véritable épreuve » serait la mise en œuvre d’une « cellule de déconfliction au Liban ».
Ces déclarations du chef de la diplomatie iranienne interviennent alors que s'est achevé en Suisse le premier cycle de pourparlers techniques de haut niveau entre l'Iran et les États-Unis. Les autorités iraniennes ont confirmé que les réunions quadrilatérales avaient été suspendues à la suite des menaces proférées par Washington, mais que les travaux techniques se poursuivraient.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, qui accompagnait la délégation iranienne conduite par le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré lundi matin à la presse que les discussions en Suisse portaient sur le suivi de la mise en œuvre des engagements américains au titre du mémorandum d'entente signé le 18 juin.
« La journée a été très longue. Les réunions ont débuté dimanche matin. Lors de la session quadrilatérale, des propos menaçants de la part des États-Unis ont été publiés, ce qui a conduit l'Iran à annoncer qu'il ne poursuivrait pas la réunion dans ces conditions », a-t-il déclaré, en faisant référence aux menaces anti-iraniennes proférées dimanche par le président américain Donald Trump.
Le bilan du génocide à Gaza dépasse les 73 000 morts
Au moins dix Palestiniens, dont un caméraman et quatre membres d’une même famille, ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors de nouvelles attaques israéliennes menées ces dernières 24 heures dans la bande de Gaza assiégée.
Parmi les victimes, le caméraman palestinien Ahmad Washah a perdu la vie samedi lors d’une frappe de drone israélienne qui visait une maison située dans le camp de réfugiés d’Al-Bureij, au centre de Gaza. Un autre Palestinien a été tué et une troisième personne blessée lors de cette même attaque.
Ce crime israélien survient quelques semaines après la mort de son frère, Mohammed, qui avait été tué par un bombardement israélien ciblant sa voiture au sud-ouest de la ville de Gaza. Au moins 260 journalistes palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël en octobre 2023, selon le Comité pour la protection des journalistes.
En outre, dans la ville de Gaza, une autre attaque a coûté la vie à quatre membres d’une même famille, comprenant un homme, sa femme et leurs deux filles, lors d’une frappe de drone israélienne qui a ciblé leur domicile près du carrefour d’al-Tayaran.
La guerre ne profite à personne, pourtant l'Iran n'a pas peur d'un conflit prolongé (Pezeshkian)
Le président Massoud Pezeshkian a réaffirmé que la guerre n’est dans l’intérêt de personne, tout en avertissant les ennemis que les forces armées iraniennes sont pleinement préparées à défendre le pays et que Téhéran ne craint pas la guerre.
« La guerre n’est dans l’intérêt de personne et sa poursuite ne profitera à aucune partie », a déclaré Pezeshkian dimanche lors de la 33e édition de la Conférence sur la politique monétaire et bancaire qui s’est tenue ce dimanche 21 juin au siège de la Banque centrale d’Iran à Téhéran.
Il a ajouté : « Cela ne signifie pas que nous avons peur de la guerre. Les forces armées iraniennes, qu’ils servent dans l’armée de terre ou le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), ainsi que notre peuple, ont montré leur force et leur résilience, même si la guerre perdure », a-t-il déclaré.
Il a souligné que les clauses du mémorandum d’entente signé entre l’Iran et les États-Unis sont en grande partie en faveur de la nation iranienne.
Le premier cycle de négociations entre l’Iran et les États-Unis s’est conclu après 80 minutes en Suisse
Le premier cycle de négociations à quatre entre l'Iran, les États-Unis, ainsi que les médiateurs pakistanais et qataris, s'est achevé après environ 80 minutes en Suisse. À l'issue de cette rencontre, la délégation iranienne a décidé de procéder à des consultations internes.
Les discussions au complexe hôtelier de Burgenstock ont marqué le début d'une période de négociation de 60 jours, conformément au mémorandum d'entente d'Islamabad en 14 points, signé plus tôt cette semaine.
La délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf, et comprenant le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné l'importance d'une mise en œuvre complète du mémorandum.
Avant le début des pourparlers, les responsables iraniens avaient réaffirmé que les avancées dépendaient du respect par les États-Unis de leurs engagements dans le cadre de l'accord préliminaire, notamment leur obligation de mettre un terme aux attaques israéliennes contre le Liban.
L’Iran affirme que les discussions avec les États-Unis porteront sur la mise en œuvre de la première clause du mémorandum d’entente
L’Iran affirme que les négociations avec les États-Unis porteront sur la mise en œuvre de la première clause du mémorandum d’entente récemment signé entre les deux pays.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a fait ces remarques ce dimanche 21 juin en marge des pourparlers, qui devraient avoir lieu plus tard dans la journée, entre les délégations iranienne et américaine à Burgenstock, en Suisse.
« L’ouverture des négociations en vue d’un accord définitif porte sur cinq clauses spécifiques, dont la première concerne la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban », a-t-il déclaré.
Baghaï a déclaré : « Nous savons que cette clause n’a pas été appliquée et que les États-Unis n’ont pas été en mesure ou n’ont pas voulu le faire appliquer de manière adéquate. Le régime sioniste continue de violer ses engagements. C’est donc le principal sujet de discussion des pourparlers d’aujourd’hui. »
Affirmant que cette réunion témoigne du sérieux de l’Iran quant à l’exigence et au respect des engagements de l’autre partie, il a poursuivi : « Nous n’avions aucune intention de signer un document en espérant qu’il serait automatiquement mis en œuvre par l’autre partie. On n’oublie jamais le passé. »
Mercredi, le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain Donald Trump ont signé à distance le mémorandum d'entente, qui met un terme définitif à la guerre d’agression illégale menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran.
L'Iran ferme le détroit d'Ormuz après les violations du protocole d'accord par les États-Unis et Israël
L’Iran a officiellement déclaré le détroit d’Ormuz fermé à toute navigation maritime, à la suite des « violations par les États-Unis du mémorandum d’entente et la poursuite de l’agression israélienne dans le sud du Liban ».
Dans un communiqué officiel publié ce samedi 20 juin, le quartier général central de Khatam al-Anbiya a annoncé : « En raison de la violation flagrante par les États-Unis de leurs engagements et le non-respect de la première clause du mémorandum d’entente stipulant la fin des hostilités sur tous les fronts. En réponse aux violations continues du cessez-le-feu par l’entité sioniste dans le sud du Liban, qui ont entraîné des massacres et le déplacement forcé de centaines de milliers de civils dans cette région, et compte tenu également du non-retrait des forces d’occupation israéliennes du sud du territoire libanais, le détroit d’Ormuz sera fermé à la navigation maritime ».
Le commandement militaire a déclaré que la fermeture du détroit d'Ormuz est une première mesure en réponse au non-respect des engagements pris dans le cadre du protocole d'accord par les États-Unis et leurs alliés, ajoutant que l'Iran prendra d'autres mesures pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations.
Un protocole d’accord pour la fin du conflit a été signé par les présidents américain et iranien le 17 juin, mais Israël poursuit ses bombardements au Liban.
L’autorité maritime iranienne responsable du détroit d’Ormuz a exigé vendredi que tous les navires souhaitant le franchir soumettent « 48 heures à l’avance » une demande de transit, malgré sa réouverture dans la foulée de l’accord-cadre irano-américain pour mettre fin à la guerre.
L'Iran rouvrira le détroit d'Ormuz, voie de passage essentielle pour les flux énergétiques mondiaux, à condition que les États-Unis et leurs alliés mettent complètement fin à leur agression contre l'Iran et ses alliés régionaux.
Négociations en Suisse : Qalibaf promet son engagement envers la mémoire des martyrs de la guerre
Le président du Parlement iranien a réaffirmé son engagement envers les martyrs de la dernière agression américano-israélienne non provoquée, alors qu'il se rendait en Suisse pour poursuivre les discussions relatives au mémorandum d’entente négocié par le Pakistan et signé dans le but de mettre fin au cycle de violence engendré par ces attaques injustifiées.
Mohammad Baqer Qalibaf a fait cette déclaration samedi 20 juin sur le réseau social X, à son arrivée à Zurich pour des pourparlers visant à poursuivre la mise en œuvre des engagements contenus dans le mémorandum d'entente récemment signé entre la République islamique d'Iran et les États-Unis.
« Je considère les enfants innocents de Minab et tous les martyrs de notre Iran bien-aimé comme des témoins constants de mes actions et de ma conduite », a-t-il ajouté, en référence à la ville du sud de l'Iran où 168 personnes, dont des écoliers, ont été tués au premier jour de l'agression lancée par les États-Unis et le régime israélien le 28 février.
« Ils nous voient et ont des attentes envers nous » a-t-il poursuivi, mettant en avant son engagement à honorer la mémoire des martyrs et à rester fidèle aux exigences du peuple iranien.
Un conseiller du Leader met en garde contre tout optimisme excessif envers les pourparlers avec un « ennemi qui viole ses engagements »
Un conseiller de haut rang du Leader de la Révolution islamique a mis en garde contre tout optimisme excessif quant aux négociations avec « un ennemis qui viole ses engagements ».
Mohsen Rezaï a lancé cet avertissement dimanche 21 juin dans un message publié sur X, alors que des délégations iraniennes et américaines de haut niveau sont arrivées en Suisse pour discuter de la mise en œuvre du mémorandum d'entente (MoU) récemment signé entre Téhéran et Washington, censé mettre un terme définitif à la guerre d'agression illégale menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran.
« Les États-Unis ont tenté de contraindre l'Iran à capituler en faisant recours à leur stratégie de "paix par la force" », a-t-il déclaré, ajoutant : « Maintenant qu'ils ont échoué, ils insistent sur les négociations par désespoir. »
L’ancien commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), a par la suite souligné : « L'ennemi a prouvé qu'il ne tient pas ses promesses. Nous devons être prudents ; tout optimisme sera exploité par l'ennemi. »
Smotrich défie les États-Unis et prétend que les forces israéliennes resteront au Liban pendant des années
Lors d’un entretien accordé au journal Makor Rishon, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a prétendu qu'Israël maintiendrait sa présence militaire dans le sud du Liban « pendant des années » et ne se retirerait pas, même en cas de demande explicite des États-Unis.
Interrogé sur la présence pendant des années de l’armée israélienne sur le sol libanais, Smotrich a répondu : « Oui, et je le dis en tant que personne qui mène actuellement des négociations sur la gestion du budget de l'armée pour la prochaine décennie. »
À propos de l’éventuelle implantation de postes et de bases militaires israéliens au Liban, il a également déclaré : « Absolument », assumant ainsi une position conforme à celle du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et du ministre des Affaires militaires, Israel Katz.
« Tant que le Hezbollah [mouvement de résistance libanais] ne désarmera pas, nous ne bougerons pas d'un millimètre », a-t-il dit.
La vision stratégique du Leader tire parti de l'ascension de l'Iran après la guerre pour redéfinir la dynamique des puissances régionales
Par le service d’analyse stratégique de Press TV
L’évolution du paysage géopolitique suite à la troisième guerre imposée a marqué un tournant décisif dans les calculs stratégiques de l’Iran. Selon le cadre intellectuel et analytique du Leader de la Révolution islamique, ce tournant dépasse largement le cadre du mémorandum d’entente.
Au cœur de ce paradigme se trouve une réévaluation fondamentale de la notion même de pouvoir : qui détient l’initiative stratégique ? Qui dicte les conditions d’engagement ? Et comment le rapport de forces a-t-il basculé irrémédiablement après des années de campagnes de pression asymétriques menées par l’ennemi ?
De cette perspective se cristallise une doctrine stratégique cohérente, ancrée dans une vérité simple, mais profonde : les indicateurs tangibles de puissance reflètent désormais sans équivoque la position ascendante de l’Iran et la trajectoire indéniable de faiblesse et de déclin de son adversaire.
Il ne s’agit pas de posture rhétorique, mais d’une analyse lucide des réalités du terrain, notamment la résilience militaire, la constance politique, l’alliance régionale indéfectible et le poids stratégique cumulé de décennies de résistance et de résilience fondées sur des principes.
Au-delà du mémorandum : Une doctrine stratégique globale
Un principe fondamental du récent message de l’Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei est que sa vision ne saurait se réduire au langage opérationnel d’un accord formel.
Elle constitue plutôt un système intellectuel intégré qui interprète les événements contemporains à travers le prisme de la profondeur historique, de la continuité stratégique et des leçons tirées sans fard de l’expérience du champ de bataille.
Ce cadre est animé par plusieurs considérations interdépendantes : l’ampleur sans précédent et l’issue décisive de la récente guerre imposée, l’urgence de réajuster la position de l’Iran face à un adversaire hostile, l’hostilité persistante des États-Unis qui remonte à plusieurs décennies et l’opportunité stratégique historique créée par l’extraordinaire résilience et la victoire militaire de l’Iran.
De ce point de vue, le mémorandum d'entente ne représente pas l’aboutissement d’une stratégie, mais un instrument tactique intégré à une architecture stratégique bien plus vaste.
La doctrine sous-jacente reste à élaborer pleinement, à théoriser rigoureusement et à valider en permanence au regard des réalités opérationnelles sur le terrain.
L’avantage de l’Iran : réalité du champ de bataille
La récente guerre d’agression illégale et non provoquée, lancée fin février, a démontré de manière concluante ce que les analystes stratégiques pressentaient depuis longtemps : l’Iran possède des capacités asymétriques qui dépassent les indicateurs militaires conventionnels.
Le Front de la Résistance, opérant sous la direction stratégique et avec le soutien matériel de l’Iran, a prouvé sa capacité à infliger des défaites décisives à un adversaire doté de l’une des armées les plus sophistiquées de la région. Ce fait avéré a contraint même les services de renseignement hostiles à revoir en profondeur leurs évaluations.
Les indicateurs de puissance sont clairement définis. Premièrement, le programme de missiles balistiques iranien a démontré des capacités de frappe de précision qui remettent directement en cause la profondeur stratégique de l’ennemi. Deuxièmement, le programme de drones a révolutionné la guerre asymétrique, dotant l’Iran d’un multiplicateur de force rentable qui compense systématiquement les avantages technologiques de l’ennemi.
Troisièmement, les capacités navales de l’Iran, et notamment son contrôle incontesté du détroit d’Ormuz, lui confèrent la capacité à déterminer les flux énergétiques mondiaux, un levier stratégique d’une importance capitale. La réaction de l’ennemi face à ces réalités a été révélatrice. Malgré une technologie supérieure et un soutien international massif, il n’a atteint aucun de ses objectifs stratégiques.
La trajectoire observée montre clairement et sans équivoque que les capacités de l’Iran se développent tandis que la capacité de projection de puissance de l’ennemi se contracte inexorablement, marquant un changement structurel et non une fluctuation passagère.
Faiblesse et déclin de l’ennemi
La guerre récente a mis en lumière, avec une clarté sans précédent, la vulnérabilité fondamentale de la machine de guerre américaine. La démesure sur le plan militaire, l’épuisement économique et la fragmentation politique croissante ont convergé pour créer une situation où l’ennemi peine même à maintenir sa posture défensive.
L’ennemi vaincu est confronté à des défis structurels sur de multiples fronts. Le fardeau économique d’une guerre prolongée a mis ses ressources à rude épreuve. Le coût humain croissant a érodé le soutien intérieur à la poursuite d’une agression qui a été illégale et injustifiée dès le départ.
L’isolement international grandissant a restreint la marge de manœuvre diplomatique de l’ennemi. Plus grave encore, l’incapacité à remporter la victoire – ou même à se retirer honorablement – a irrémédiablement sapé la crédibilité de la capacité de dissuasion de l’ennemi. Une fois perdue, cette crédibilité est extrêmement difficile à rétablir.
Ce déclin est structurel, et non ponctuel. La machine de guerre ennemie montre des signes de fatigue qu’aucun soutien étranger ne saurait enrayer. L’initiative stratégique s’est résolument déplacée vers l’Iran et ses alliés.
Une opportunité historique sans précédent
La victoire stratégique et militaire remportée lors du récent conflit a ouvert des perspectives que les décideurs iraniens ne peuvent ignorer. La défaite de l’ennemi a créé un espace stratégique qu’il convient de consolider et d’élargir. Il ne s’agit pas seulement de gains territoriaux ou d’avantages tactiques, mais de restructurer fondamentalement l’ordre régional en faveur de l’Iran et de mettre fin à l’hégémonie américaine qui a longtemps caractérisé la région.
Cette opportunité rayonne bien au-delà du champ de bataille. La faiblesse de l’ennemi permet de renégocier les termes de l’engagement dans de multiples domaines : économique, politique et stratégique. Le renforcement de l’influence iranienne peut se traduire par des avantages durables, à condition d’être exploité avec discipline stratégique.
Le récent message du Leader montre clairement que sa vision stratégique dépasse largement le cadre de tout mémorandum d’entente. Le cadre qu’il a présenté aborde la situation stratégique de l’Iran dans son ensemble : l’ampleur de la guerre imposée, la nécessité de modifier la posture face à l’ennemi, les capacités indéniables de l’Iran et l’opportunité historique sans précédent créée par cette victoire militaire historique.
Ce cadre reconnaît que l’engagement de l’Iran face à l’ennemi doit s’appuyer sur les réalités du terrain, et non sur des vœux pieux. Il tire parti de plusieurs années d’expérience face à l’hostilité des États-Unis envers l’Iran, des leçons de trois guerres imposées et des succès du Front de la Résistance.
Consolidation des instruments de puissance
Le cadre du Leader souligne que les instruments de puissance ne doivent pas seulement être préservés, mais activement renforcés. Cet impératif s’applique tout particulièrement au détroit d’Ormuz, qui s’est révélé être une « source insoupçonnée de puissance et de richesse ».
La valeur stratégique de ce point de passage stratégique est inestimable, car elle incarne la capacité de l’Iran à influencer les marchés mondiaux de l’énergie et à imposer des coûts asymétriques à ses adversaires.
La préservation et la consolidation du détroit d’Ormuz ne constituent pas uniquement une préoccupation militaire, mais une nécessité économique et stratégique qui exige un investissement soutenu dans les capacités navales et le positionnement diplomatique.
L’élément le plus important du cadre élaboré par le Leader est peut-être la reconnaissance explicite de l’Iran comme vainqueur et de l’ennemi comme vaincu lors du récent conflit.
Il s’agit d’une réalité stratégique qui doit imprégner toute relation avec l’adversaire. Dans ce contexte, la partie vaincue n’a d’autre choix que de faire des concessions. Seule la partie victorieuse a la prérogative de fixer les conditions d’une fin décisive de la guerre.
Cette vérité fondamentale a été occultée dans certains cercles diplomatiques, mais le cadre défini par le Leader lui restitue toute sa place centrale. Les implications sont profondes : les revendications de l’Iran ne sont pas des positions de négociation au sens conventionnel du terme, mais l’obtention légitime de ce qui est dû au vainqueur. L’indemnisation intégrale des martyrs et des victimes, la levée inconditionnelle des sanctions illégales et le versement de réparations pour les dommages infligés ne sont pas des monnaies d’échange, mais des revendications légitimes, fondées sur la justice et la réalité stratégique.
La question nucléaire : un atout inaliénable
La position du Leader est claire sur la question nucléaire : tout discours qui compromet les atouts intrinsèques de l’Iran, et notamment ses capacités nucléaires, est totalement injustifié. Lors de toute négociation, l’objectif doit être la consolidation des droits de la nation.
Cela signifie que les discussions sur le programme nucléaire iranien qui impliqueraient même un renoncement partiel aux droits légaux n’ont pas leur place à la table des négociations.
Le programme nucléaire est un atout national, fruit d’avancées scientifiques et d’une vision stratégique, et une pierre angulaire de la puissance nationale. Son examen dans les instances diplomatiques doit se limiter à la reconnaissance internationale des droits inaliénables de l’Iran, et non à leur restriction.
Le Front de la Résistance : un destin commun
Le Front de la Résistance est l’allié stratégique naturel de l’Iran, ses composantes étant liées par un destin commun. Cette alliance transcende la convergence intellectuelle et stratégique et s’enracine dans une lutte commune contre l’oppression, l’agression et l’occupation.
L’ennemi a depuis longtemps compris l’utilité des structures d’alliance, mettant en œuvre des cadres comparables pour lui-même et ses alliés, notamment le régime sioniste.
L’Iran possède donc non seulement le droit, mais aussi l’obligation solennelle de défendre non seulement ses propres intérêts, mais également ceux de ses alliés au sein du Front de la Résistance, qui comprend le Liban, l’Irak, le Yémen et la Palestine.
Le récent message du Leader a explicitement souligné un décalage notable entre l’entente naissante entre les présidents iranien et américain et le cadre d’analyse du Leader. Cette dissonance doit être comblée par une invocation et une application constantes des principes fondateurs du Leader.
Les vastes opportunités qui s’offrent à nous ne doivent pas être gaspillées. Pour tirer pleinement parti de la situation stratégique actuelle, il est impératif que tous les décideurs iraniens s’alignent sur le cadre défini par le Leader, en ancrant leurs actions dans les réalités du terrain plutôt que dans des abstractions diplomatiques.
La voie à suivre : Implications pratiques
L’engagement du président iranien à respecter les conditions qu’il a posées au Leader de la Révolution islamique sera évalué au regard de sa mise en œuvre concrète conformément au texte du mémorandum signé. Cette évaluation doit être rigoureuse et transparente, et la responsabilité doit incomber tant au Leader qu’au peuple iranien.
La clause 1 du mémorandum d’entente exige la cessation immédiate et définitive des hostilités sur tous les fronts. L’ouverture de négociations en vertu de la clause 13 est expressément subordonnée à la mise en œuvre des autres clauses, notamment la clause 1. Il ne s’agit pas d’un formalisme procédural, mais d’un principe fondamental.
Selon la position explicite du ministre iranien des Affaires étrangères, logique et parfaitement juste, la fin de la guerre contre le Liban est dénuée de sens sans le retrait complet des forces d’occupation israéliennes des territoires libanais occupés. Par conséquent, en l’absence d’un retrait total du régime du Liban, la clause 1 demeure inapplicable et le mémorandum n’autorise aucune négociation.
Objectif de l’engagement
La visite de la délégation de négociation iranienne en Suisse ne vise pas, en principe, à entamer une seconde phase de négociations, les clauses 1, 4, 5, 10 et 11 restants lettrent morte. Cependant, si l’objectif de la délégation est d’assurer le suivi de la mise en œuvre des dispositions de la clause 13, cet engagement est nécessaire et essentiel.
Cette distinction est cruciale : l’engagement avec l’adversaire doit être ciblé et viser la réalisation des objectifs de l’Iran, et non se limiter à une fin en soi. Le travail de la délégation doit être évalué au regard de critères clairs et de résultats concrets.
Une responsabilité transparente et continue de l’équipe de négociation est indispensable pour permettre le contrôle public et médiatique. Le peuple iranien a le droit inaliénable de savoir comment ses intérêts sont défendus et quelles concessions – le cas échéant – sont envisagées.
Cette responsabilité doit être institutionnalisée par des points de presse réguliers, des rapports publics et un contrôle parlementaire. L’ère de la diplomatie à huis clos, qui aboutissait à des concessions unilatérales, doit céder la place à un nouveau modèle d’engagement transparent et responsable.
La situation stratégique actuelle offre à l’Iran une occasion sans précédent de consolider ses acquis militaires et de remodeler l’ordre régional à son avantage. Les indicateurs de puissance montrent que l’Iran est en position de force, tandis que l’ennemi est en net recul. La victoire remportée lors du récent conflit a créé un espace stratégique qu’il convient d’exploiter pleinement.



















