HADITH DE. GHADIR KHOM (10AH)
La controverse sur l’inauthenticité supposée de la chaîne de transmission du hadith « quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître »
Le hadith (Quiconque a moi pour maître, Ali en est son maître) est l’une des preuves principales avancées par les chiites pour démontrer la légitimité du Prince des Croyants (paix sur lui). Ce noble hadith a été rapporté par de nombreuses voies dans les livres des sunnites.
L’éminent Ḥojatoul-Islam wal-Muslimin Muhammad Jafar Tabassi écrit dans un article intitulé « Les falsifications du grand événement de Ghadir Khumm au fil de l’histoire » :
Quant à la controverse sur l’inauthenticité de la chaîne de transmission du hadith « quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître », Ibn Ḥazm aẓ-Ẓāhirī al-Qurṭubī al-Yazīdī (m. 456 H.) l’a formulée ainsi dans son livre Al-Faṣl fī l-ahwā’ wa n-niḥal :
« Quant à « quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître », ce récit n’est pas du tout authentique selon les transmetteurs fiables. » [1]
Il a répété la même affirmation dans son livre Al-Moufāḍhala.[2]
La vérité et la réalité
Première réponse
Pour répondre à cette controverse, il suffit de constater que le ḥāfiẓ az-Zahabī (m. 748 H.) accorde la plus haute considération à ce hadith et écrit : « C’est un hadith bon (ḥassan) et de très haut niveau, et son texte est mutawātir (successif= transmis par une multitude de voies concordantes). » [3]
Zahabī dit également ailleurs : « Le hadith est établi (thābit) sans aucun doute. » [4]
Outre ces deux déclarations, Zahabī exprime également sa conviction intime : « Je suis certain que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) a prononcé ce hadith. » [5]
Deuxième réponse
At-Tirmidhī (m. 279 H.), l’un des grands spécialistes du hadith, considère également ce hadith comme authentique (ṣaḥīḥ). Il dit : « Le hadith de Ghadir est bon et authentique (ḥassan ṣaḥīḥ). » [6]
Troisième réponse
Al-Ghazālī (m. 505 H.) considère que le texte de ce hadith fait l’unanimité (ijmā‘) de tous les musulmans. Il écrit : « Les majorités sont unanimes sur le texte du hadith qu’il (le Prophète) prononça le jour de Ghadir, avec l’accord de tous : « quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître ». [7]
Compte tenu des déclarations explicites des spécialistes de la science du hadith – dont quelques-unes ont été citées – il ne reste aucun doute sur la caractère infondé de l’affirmation d’Ibn Ḥazm.
Il est toutefois opportun de mentionner l’attestation claire d’Abū Hurayra quant à l’authenticité du hadith de Ghadir, et le fait qu’il n’a pas agi conformément à son contenu.
Abū Hurayra fait partie des transmetteurs du hadith authentique de Ghadir. Ibn Abī Shayba (m. 235 H.), qui fut le maître et le shaykh de Bukhārī, rapporte d’après Abū Yazīd al-Awdī, et celui-ci d’après son père, qu’Abū Hurayra entra dans la mosquée. Un groupe se rassembla autour de lui.
À ce moment, un jeune homme lui dit : « Je t’adjure par Allah : as-tu entendu le Prophète de Dieu (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) dire « quiconque suis-je son maître, Ali en est son maître. Ô Dieu, aime quiconque aime Ali et hais quiconque hait Ali ? »
Abū Hurayra répondit : « Oui, je l’ai entendu. »
Le jeune homme dit alors à Abū Hurayra : « Je te répudie. J’atteste que tu t’es montré hostile aux amis d’Ali et ami des ennemis d’Ali. » À ce moment, les gens lapidèrent le jeune homme.[8]
Sources
[1] Al-Faṣl fī l-ahwā’ wa n-niḥal, vol. 3, p. 6.
[2] Al-Mufāḍala, p. 264.
[3] Siyar a‘lām an-nubalā’, vol. 5, p. 415.
[4] Siyar a‘lām an-nubalā’, vol. 8, p. 335.
[5] « Je suis certain que le Messager de Dieu l’a dit. » Siyar a‘lām an-nubalā’, vol. 5, p. 415 et vol. 8, p. 335.
[6] Sahih at-Tirmidhī, vol. 5, p. 633.
[7] Sirr al-‘ālamayn, p. 453.
[8] Al-Musannaf, vol. 7, p. 499, hadith n° 22092



















