تقي زاده

تقي زاده

dimanche, 04 janvier 2026 17:47

Vol américain interdit

Robert Maillard, Paris

Que se passerait-il si trois pays indépendants décidaient simultanément que les avions américains ne survoleraient plus leur territoire ? Que se passera-t-il lorsque sept décennies de domination aérienne américaine incontestée prendront fin brutalement ?

Le 25 décembre à 8h47, le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a publié le décret n° 847, dont la conséquence immédiate a été la fermeture de l'espace aérien vénézuélien à tout avion militaire ou de reconnaissance américain.

Moins de 18 heures plus tard, Cuba prenait une décision similaire, puis l'Iran annonçait avoir dépêché quatre navires de guerre en eaux internationales, au large des côtes du Venezuela.

Est-ce une coïncidence ? En réalité, il s'agit d'une coordination militaire sans précédent qui a déconcerté les généraux du Pentagone; une manœuvre visant à fermer les « voies de surveillance » que les États-Unis considéraient comme acquises depuis 1952.

Pour la première fois dans l'histoire moderne, trois pays qui se considèrent comme une partie intégrante de « l'Axe de la Résistance » face à l'hégémonie américaine ont activé simultanément des éléments de leurs systèmes de défense aérienne avancés — des systèmes complexes de déni d'accès destinés à défier la supériorité aérienne des États-Unis dans des zones vitales.

L'ampleur de ce qu’a réalisé le trio Iran-Venezuela-Cuba est ahurissante :

Le Venezuela a déployé douze batteries de missiles russes S-300VM sur six sites stratégiques de son territoire, chacune capable de suivre simultanément une centaine de cibles à une distance de 200 kilomètres ; Cuba a activé quatre radars russes Rezonans capables de détecter des avions furtifs américains à une distance de 400 kilomètres ; et l'Iran a déployé son système Bavar-373 de conception nationale, dont les capacités rivalisent avec celles du S-400 russe. Parallèlement, l'Iran semble avoir dépêché des navires de guerre dans l'Atlantique pour contrer les actes de piraterie commis par les États-Unis contre sa flotte de pétroliers.

Ensemble, ces trois pays ont créé une zone d'exclusion aérienne qui verrouille 5 millions de kilomètres carrés d'espace aérien stratégique.

Pour beaucoup, c'est le bruit de la destruction des principes qui ont guidé le Pentagone pendant des générations, tous fondés sur le fait que les avions américains peuvent opérer librement à proximité de cibles stratégiques, où qu'elles se trouvent. Mais cette situation n'est pas apparue soudainement. Cette zone d'exclusion aérienne, qui vise désormais directement l'US Air Force, est le résultat de décennies de violations systématiques de l'espace aérien de pays indépendants et souverains.

Rappelons-nous la crise des missiles de Cuba de 1962. Des avions espions américains ont effectué plus de 400 vols non autorisés au-dessus de Cuba, et les États-Unis ne se sont jamais excusés.

Encore plus près, en 1988, la marine américaine a abattu le vol 655 d'Iran Air, tuant 290 personnes à bord, dont 66 enfants. Le capitaine du porte-avions américain a même reçu une médaille pour cet acte odieux. Le message était clair : les États-Unis règnent sur les cieux et n’ont de comptes à rendre à personne. Finalement, au printemps 2011, cette suprématie aérienne – pilier de l'armée américaine – a subi son premier coup fatal.

En 2011, l'Iran a capturé un drone américain RQ-170 Sentinel.

Les États-Unis ont exigé sa restitution, mais l'Iran l'a rapidement exhibé à la télévision, puis a procédé à sa rétro-ingénierie. Le résultat fut immédiat : l'industrie militaire iranienne a construit le drone Shahed-171, que l'Iran a exporté vers la Russie, le Venezuela et Cuba – ses alliés dans la lutte contre le monopole aérien américain.

Mais quelle est l’étendue de cette bulle de déni d’accès qui s’étend des côtes iraniennes du golfe Persique jusqu’à celles du Venezuela ?

En réalité, les capacités déployées constituent un progrès et un élan considérables. Le Venezuela peut engager des cibles à une altitude de 100 kilomètres ; Cuba est plus avancée que jamais grâce à ses nouveaux radars ; et l’Iran a prouvé son indépendance technologique totale et dispose d’une capacité de production élevée pour tous types de missiles, y compris des missiles de défense aérienne de pointe.

Washington est en pleine confusion. Selon certaines sources, le Pentagone a tenu deux réunions d'urgence dans les 24 heures suivant l'annonce du ministère vénézuélien de la Défense.

Les officiers américains examinaient les options militaires pour rétablir la surveillance aérienne et briser le blocus iranien-vénézuélien-cubain sans déclencher une guerre ouverte. Mais toutes les options ont été rejetées:

• Voler à plus haute altitude ? Inutile. Les radars russes au Venezuela ont une portée de 50 kilomètres.

• Utiliser davantage de satellites ? Trop coûteux. Chaque lancement coûte 300 millions de dollars et les trajectoires sont trop prévisibles.

• Envoyer des avions depuis des porte-avions dans le golfe Persique ? Impossible. L’Iran a menacé de fermer le détroit d’Hormuz et de cibler les bases américaines en Asie de l’Ouest en représailles.

La « résistance coordonnée » de l’axe Téhéran-Caracas-La Havane, s’étendant du golfe Persique aux Caraïbes, a créé de nombreux points de tension qui ont paralysé les planificateurs américains.

Dans ces circonstances, même la politique de la carotte et du bâton de Washington a perdu toute efficacité et est devenue totalement obsolète.

Il y a peu, l’ancien secrétaire d’État Antony Blinken proposait de lever certaines sanctions pétrolières en échange de l’ouverture de son espace aérien à l’US Air Force. La réponse du Venezuela ne s’est pas fait attendre : il ne troquera pas sa souveraineté territoriale contre un accès au marché !

Soudainement, les États-Unis ont réalisé qu’ils ne pouvaient plus acheter l’obéissance des autres, et ce paradoxe stratégique s’est avéré encore plus amer. Le front de défense aérienne créé par le trio Iran-Cuba-Venezuela contrôle les voies vitales pour le maintien de l’hégémonie américaine.

Le Venezuela contrôle les routes du trafic de drogue, Cuba domine le détroit de Floride, par lequel transite 40 % du commerce maritime américain, et l'Iran – qui détient le Prix d'or de la résistance à l'impérialisme – contrôle le détroit d'Hormuz, artère vitale du monde.

L'impact financier de cette coordination est considérable.

Perdre le contrôle du Venezuela coûterait au Commandement Sud des États-Unis 700 millions de dollars supplémentaires par an, chaque mission nécessitant 43 % de carburant en plus pour contourner la région.

De plus, le bras de fer avec Caracas a isolé les États-Unis parmi les pays d'Amérique du Sud. La Colombie refuse d'accepter des bases d'espionnage sur ses voisins, et le Brésil l'a interdit dans sa constitution.

Une résolution de l'Organisation des États américains condamnant le Venezuela a été adoptée de justesse, avec 18 votes contre les États-Unis.

La menace de sanctions secondaires brandie par Washington est désormais inefficace ; la Russie et la Chine ont ignoré les avertissements américains et annoncé de nouveaux contrats d'armement d'une valeur de 4 milliards de dollars avec l'Iran, Cuba et le Venezuela.

Mais comment l'empire américain en est-il arrivé à ce point de fragilité géostratégique ? La réponse est claire : lorsqu'une superpuissance étend ses engagements militaires au-delà de ses limites, elle se rend vulnérable.

Les États-Unis sont engagés simultanément en Europe, en Asie et en Asie de l’Ouest et n'ont plus les ressources nécessaires pour se concentrer sur leur propre hémisphère.

Face à la multiplication des théâtres d'opérations, le Venezuela, Cuba et l'Iran ont décidé de jouer un jeu d'envergure et de porter un coup fatal à leurs adversaires en détruisant deux piliers de la puissance américaine. 

D'une part, c'est la surveillance mondiale, qui dépendait du libre accès à l'espace aérien, et qui est devenue impossible, avec les missiles sol-air iraniens ou russes capables d'abattre toute cible non détectable par radar jusqu'à 300 kilomètres de distance.

Quant au second pilier, il s'agissait de la dissuasion que l'US Air Force tire de sa présence omniprésente.

Mais ce n'est pas tout. Si l'Iran, le Venezuela et Cuba prouvent qu'ils peuvent aveugler les États-Unis sans recevoir aucune réaction, la crainte disparaîtra. L'effet de contagion est déjà en marche : l'Algérie négocie l'achat du système S-400. Le Pakistan s'intéresse aux systèmes chinois HQ-9. Le Nicaragua souhaite acquérir le système russe Pantsir.

Car chaque pays comprend qu'une stratégie de résistance maximale face à l'intimidation américaine est avantageuse. C'est là que s'opère le changement de paradigme. Les puissances moyennes sont passées de l'obéissance à la résistance active, défiant l'impérialisme américain.

Si cette tendance se généralise, même les alliés de l'OTAN seront sceptiques. Les États-Unis peuvent-ils réellement garantir leur sécurité alors qu'ils sont incapables de contrôler leur propre région ?

Ce que le Venezuela, Cuba et l'Iran ont démontré n'est pas simplement une action anti-américaine. C'est la fin de 72 ans de suprématie aérienne américaine incontestée. Ce qui émergera à sa place déterminera si la surveillance restera un outil de domination mondiale ou deviendra une ressource précieuse, dont la valeur stratégique se limitera progressivement.

 

La présidente par intérim du Venezuela, choisi par la plus haute juridiction du pays, affirme que l’enlèvement du président Nicolas Maduro a une « connotation sioniste ».

Delcy Rodríguez a tenu une conférence de presse dans la capitale suite à l’attaque américaine. Dans son allocution, elle a exprimé son soutien au gouvernement et affirmé : « Il n’y a qu’un seul président dans ce pays, et son nom est Nicolás Maduro Moros », a-t-elle déclaré, faisant référence à la situation institutionnelle après l’attaque militaire américaine, qu’elle a décrite comme « un enlèvement illégitime et illégal ».

Après l’attaque américaine sur Caracas aux premières heures de samedi, qui a mobilisé plus de 150 avions et qui a entraîné le kidnapping de Maduro, la Cour suprême du Venezuela a désigné la vice-présidente Delcy Rodríguez comme présidente par intérim afin d’assurer la « continuité administrative » et de former le Conseil national de défense du pays. Cette intervention s’inscrit dans le cadre de multiples tentatives précédentes visant à renverser le gouvernement démocratiquement élu de Maduro, invoquant des allégations selon lesquelles il dirigerait un cartel de la drogue.

 

Les trois satellites iraniens de télédétection de conception nationale, Paya, Kowsar et Zafar-2, ont achevé avec succès les principales étapes des tests en orbite au cours de la première semaine suivant leur lancement, avec un état technique satisfaisant, et leur processus de stabilisation se déroule comme prévu.

La phase d'évaluation des performances des sous-systèmes de ces trois satellites tout comme les premiers résultats de leurs tests orbitaux ont été jugés satisfaisants marquant un acquis national majeur dans le secteur spatial et celui des télécommunications du pays.

Malgré un léger problème rencontré au niveau du lanceur lors de l'injection orbitale du satellite Paya, les mesures correctives nécessaires ont été prises par les équipes techniques et le satellite, stabilisé, a mené à bien ses principaux tests. Paya a ainsi passé avec succès les tests relatifs à son alimentation et à sa distribution électriques, à sa gestion thermique, à ses communications de télémétrie et de télécommande, à son positionnement, à sa stabilisation, à son contrôle d'attitude et à ses sous-systèmes de pointage. Actuellement, les tests de son sous-système de communication d'imagerie sont en cours.

 

Le ministre iranien des Affaires étrangères a fermement condamné l’agression militaire américaine contre le Venezuela, ainsi que l’enlèvement du président Nicolas Maduro et de son épouse, qualifiant cette action d’« acte flagrant de terrorisme d’État » et de violation manifeste de la souveraineté du peuple vénézuélien.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi a tenu ces propos samedi soir, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue vénézuélien, Yvan Gil Pinto au cours duquel ils ont abordé des dernières évolutions liées à cette agression.

M. Araghchi a vivement condamné le kidnapping du président légitime du Venezuela et de son épouse, soulignant que cet acte représentait une atteinte flagrante à la volonté nationale vénézuélienne.

 

Dans les récents événements en Iran, marqués par des manifestations liées à la chute de la monnaie nationale et aux difficultés économiques, les médis mainstream semblent voir une occasion pour véhiculer leur version des faits dans un monde marqué, entre autres, par une guerre des narratifs, selon beaucoup d’experts et analystes.

Alors que les autorités iraniennes ont reconnu la légitimité des manifestations pacifiques, qui ont éclaté dimanche après la fermeture temporaire des commerces par les commerçants à Téhéran pour protester contre la chute de la monnaie nationale, les médias occidentaux, notamment ceux de la France, semblent chercher à exacerber les tensions et instrumentaliser les revendications économiques de la nation iranienne, et ce avec une visée nettement politique.

Et ce n’est pas tout. Les prises de position de responsables américains et israéliens sur les manifestations en Iran trahissent leur irrespect pour le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États souverains.

Les propos interventionnistes du président américain Donald Trump, de l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo, ainsi que des responsables de l’agence d’espionnage israélienne Mossad s’inscrivent ainsi dans une logique d’intervention politique, rarement dissimulée.

 

Un homme a été grièvement blessé ce samedi dans une attaque de drone israélienne dans le sud du Liban, au lendemain d’une série de frappes israéliennes sur le Sud et la Békaa. Dénonçant « une tendance inquiétante », la Force intérimaire des Nations unies au Liban a accusé le régime israélien d’avoir tiré à plusieurs reprises à proximité de ses patrouilles.

Plus d’un an après le cessez-le-feu, les frappes israéliennes se poursuivent. Un homme a été grièvement blessé, samedi 3 janvier, après le tir « de deux missiles sur une camionnette » à Al-Khiyam, une localité du sud du Liban, selon les médias libanais.

Sur les réseaux sociaux, au même moment, l’armée israélienne a annoncé avoir frappé un combattant du Hezbollah, dans la région d’Al-Khiyam.

Vendredi, les forces israéliennes avaient procédé à « une douzaine de bombardements sur le sud du Liban et la Békaa. 

« Les avions de chasse israéliens ont visé à deux reprises la périphérie d'Ansar, ainsi qu'une zone entre Tebna et Baïssariyé (dans le caza de Saïda), les hauteurs de Rihane (Jezzine), la vallée d'Aazzé, la région de Wadi el-Akhdar, dans l'Iklim el-Touffah (Nabatiyé) et les collines de Sajed (Bint Jbeil) », selon les médias libanais.

 

En France, les médecins libéraux vont engager une mobilisation à partir du lundi 5 janvier 2026 en opposition à certaines mesures du budget de la Sécurité sociale. Ils craignent une mise en danger de leur liberté d’exercice de la médecine ainsi que de l’accès aux soins des patients.

Les médecins sont de nouveau en colère. L'ensemble des syndicats de praticiens libéraux appellent à la grève entre le 5 et le 15 janvier pour protester contre le budget de la Sécurité sociale pour 2026, adopté définitivement le 16 décembre par le Parlement. Ils dénoncent aussi une politique gouvernementale « piétinant » leur profession. « Jamais un gouvernement n'avait accumulé autant d'attaques » contre la médecine libérale « en si peu de temps », martèlent les organisations dans un communiqué.

« Les médecins se sentent trahis. Le mouvement sera excessivement suivi, je n’ai pas vu ça depuis 30 ans », assure Frank Devulder, à la tête de la CSMF (Confédération des syndicats médicaux français). 85% des adhérents à ce syndicat pourraient d’ailleurs se mobiliser. Une grande manifestation est prévue le 10 janvier prochain à Paris.

La déclaration du président français Emmanuel Macron, exprimant son soutien à l’intervention militaire américaine au Venezuela, a provoqué une vive polémique au sein de la classe politique française qui a dénoncé une « violation du droit international » et une « honte pour la France ».

Dans son message, Emmanuel Macron a salué « la libération du peuple vénézuélien de la dictature de Nicolas Maduro ». Il a par ailleurs appelé à une transition politique, évoquant Edmundo Gonzalez Urrutia comme figure clé de cette transition.

Cette prise de position a immédiatement été critiquée par de nombreux responsables politiques.

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a dénoncé une « honte » pour la France, estimant que le président « abandonne le droit international » et qualifiant cette décision de « jour sombre pour notre pays ». 

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a dénoncé une déclaration « qui n’est pas à la hauteur de la voix que la France porte dans le monde », insistant sur le caractère non négociable de la souveraineté des États : « La France n’est pas un État vassal des États-Unis et notre président ne peut pas se comporter comme un simple porte-parole de la Maison-Blanche », a-t-il affirmé, dans un message publié sur la plateforme sociale X.

Patrick Kanner, sénateur et président du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain au Sénat, a pour sa part regretté l’absence de toute mention du droit international, dénonçant un « piétinement de toute notre histoire diplomatique ». 

Sur les réseaux sociaux, Fabien Roussel, maire de Saint-Amand-les-Eaux, a vivement critiqué cette prise de position : « La France rabaissée au rang de 51ᵉ État des États-Unis. La honte ultime. »

De son côté, Stéphane Peu, député de la 2ᵉ circonscription de la Seine-Saint-Denis, a dénoncé une « humiliation » pour la France, rappelant que la déclaration présidentielle ne faisait aucune référence au droit international et portait atteinte à l’histoire diplomatique du pays.

 

La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a fermement condamné l'attaque militaire illégale des États-Unis qui a entraîné l'enlèvement du président Nicolas Maduro et de la Première dame Cilia Flores. Elle a exigé leur libération immédiate et averti que le Venezuela était prêt à se défendre.

S'exprimant lors d'une allocution publique en direct samedi 3 janvier, Mme Rodriguez a qualifié de « barbare » l'attaque menée aux premières heures de la matinée, dénonçant le blocus et le siège imposés par Washington au Venezuela dans le but d'imposer un « changement de régime » et de s'emparer des richesses naturelles du pays.

« Nous exigeons la libération immédiate du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le seul président légitime du Venezuela », a déclaré Mme Rodriguez, ajoutant que cette agression avait révélé les vrais objectifs des États-Unis.

« Les masques sont tombés et il est clair qu'ils n'avaient qu'un seul objectif : un changement de régime au Venezuela, afin de s'emparer de nos ressources énergétiques, minières et naturelles », a-t-elle indiqué.

« Ils veulent nous réduire à nouveau en esclavage. Nous ne serons plus jamais des esclaves, nous ne serons jamais la colonie d'aucun empire, quel qu'il soit », a-t-elle martelé.

Mme Rodriguez a déclaré que le gouvernement était prêt à défendre le pays et ses ressources, soulignant l’indignation que cet « enlèvement illégal et illégitime » a suscitée au sein de la population. Elle a exhorté les citoyens à garder leur calme face à l'évolution de la situation.

Ses propos interviennent après que le président américain Donald Trump a annoncé l'intention de Washington de prendre le contrôle du Venezuela pendant une période transitoire à la suite de l'enlèvement de Maduro et Flores.

 
lundi, 22 décembre 2025 11:27

Iran : USA-OTAN, arroseurs-arrosés?!

Robert Maillard, Paris

À Beyrouth, un événement inouï vient de se produire : une bombe GBU-39, l'un des modèles de précision les plus sophistiqués de l'arsenal américain, n’a pas explosé après une frappe israélienne. La bombe GBU-39, qui frappe habituellement sa cible sans rien laisser derrière, est tombée cette fois-ci au sol, parfaitement intacte. La réaction américaine a été inhabituelle : les États-Unis ont exigé que le Liban leur restitue immédiatement la bombe, craignant que la bombe ne soit récupérée, démontée, examinée et puis reproduite par l’Iran, seul pays maître dans la rétro ingénierie militaire.

Depuis des décennies, l’Iran vit sous un embargo technologique strict. Interdit d’acheter des armes modernes, le pays a opté pour une ingénierie inverse : il démonte, examine et reproduit des armes utilisés déjà par les ennemis. Ainsi, l’Iran est devenu l'expert mondial dans l'art de démonter les systèmes occidentaux et en particulier ceux des États-Unis. Durant des guerres, de nombreux équipements américains ont fini sur les tables d'autopsie de leurs laboratoires. Aujourd'hui, on assiste à un tournant historique ; même la Russie confie désormais à l'Iran certains matériels occidentaux sophistiqués capturés en Ukraine pour qu'ils soient analysés et recopiés.

Le véritable tournant pour l'industrie militaire iranienne survient en 2011. Cette année-là, l'impensable se produit et un drone furtif ultra-secret, le RQ-170 Sentinel de Lockheed Martin, s'écrase quasi intact dans la province iranienne de Chaharmahal-et-Bakhtiari. Washington, paniqué, exige aussitôt son retour. La réponse de Téhéran est négative. Cinq ans plus tard, l'Iran tient parole et dévoile son propre drone Saegheh-II connus sous le nom de Shahed-191. La ressemblance est frappante. Même silhouette en aile volante, même profil furtif, même queue en V. L'appareil est certes plus compact, mais il conserve la même autonomie d'environ cinq heures ; surtout, l'Iran ne s'est pas contenté de faire du mimétisme. Là où le RQ-170 américain était un pur drone d'espionnage, Shahed-191 iranien a été transformé en machine de combat capable d'emporter des missiles. Il a été vu en opération dès 2018 au-dessus d'Israël, infiltré par le Hezbollah et, en 2023, une version dérivée a été utilisée par la Russie pour frapper des cibles en Ukraine. La copie est devenue un système offensif redoutable, pleinement intégré aux guerres modernes.

Un an après, Téhéran dévoile le drone Shahed-129. Dès les premières images, la silhouette est familière. Elle évoque immédiatement le célèbre MQ-1 Predator américain ; le fuselage, la configuration des ailes, l'emplacement du moteur. Pour les analystes du renseignement, cette parenté n'a rien d'un hasard.

Plusieurs Predators américains ont été abattus ou récupérés à la suite des crashes dans les zones où l'Iran et ses alliés opéraient, notamment en Irak et en Afghanistan. Ces épaves ont servi de modèles pour les ingénieurs iraniens. Mais Shahed-129 ne se limite pas à être une copie. Il dépasse même son modèle sur plusieurs points critiques. Il affiche une autonomie de plus de 24 heures et la capacité d'emporter un arsenal complet pour des frappes au sol.  

Le drone Shahed-129 a fini par devenir l'un des piliers de la stratégie iranienne, omniprésent dans les cieux de la région de l'Asie de l’Ouest.

Le talent de l'Iran pour l'ingénierie inverse ne se limite plus au ciel. Il s'étend désormais aux profondeurs des mers. Même les systèmes sous-marins les plus avancés de l'US Navy sont passés au crible. En octobre 2024, les combattants d'Ansarallah du Yémen dévoilent une nouvelle arme, une torpille-drone baptisée Al-Qari’a. Son apparence intrigue immédiatement les spécialistes navals qui y voient le Remus 600, un drone sous-marin utilisé par la marine américaine pour la détection de mines. Concevoir un drone sous-marin autonome (UUV) est infiniment complexe. Un Remus 600 authentique avait été capturé en 2018 par des hommes-grenouilles. C'est la preuve définitive que pour Téhéran, chaque pièce récupérée, même au fond de l'eau, peut devenir une source d'innovation militaire.

Mais ce n'est pas tout : après les drones aériens et les torpilles, l'Iran s'attaque à un domaine encore plus complexe, les intercepteurs supersoniques. En février 2025, Téhéran dévoile le GM-118, un nouveau missile de défense aérienne développé par ses forces armées. Très vite, les comparaisons s'imposent et troublent les experts occidentaux. Ses caractéristiques sont quasi identiques à celles du Coyote Block 2 américain : une portée de 25 km, un guidage hybride combinant radars et capteurs optiques et une capacité spécifique à abattre des cibles rapides et maniables. Pourtant, un détail cloche. Ni l'Iran ni ses alliés directs au Moyen-Orient n'ont jamais capturé de Coyote Block 2 sur un champ de bataille. Alors, d'où viennent les plans ? C'est ici que les regards se tournent vers l'Europe. Plusieurs rapports de renseignement indiquent que la Russie aurait transmis à l'Iran certains équipements occidentaux de pointe récupérés sur le front ukrainien pour qu'ils soient refabriqués par les ingénieurs perses. Ainsi est né un missile iranien inspiré d'une arme que l'Iran n'a, apparemment, jamais affronté directement. Une technologie perdue par l'Occident dans le Donbass finit par remettre en cause ses intérêts dans le golfe Persique.

L'Iran a ainsi réussi à transformer l'une des armes les plus efficaces de ses adversaires en un outil stratégique parfaitement adapté à ses propres guerres asymétriques.

En décembre 2012, l'Iran réalise un nouveau coup d'éclat en annonçant la capture d'un drone de surveillance ScanEagle, un modèle léger et sophistiqué développé par Boeing pour l'US Navy. Quelques années plus tard, Téhéran présente le fruit de ce travail, le drone Yassir, qui entre rapidement en production de masse. On le retrouve très vite sur tous les champs d'opération brûlants de la région, notamment en Irak et en Syrie où il sert d’ « œil avancé » pour les forces iraniennes et leurs alliées.

Mais l'histoire prend une tournure encore plus extraordinaire quand, en octobre 2013, lors d'une visite officielle, l'Iran va jusqu'à offrir un exemplaire de ce drone à un haut commandant de l'armée de l'air russe. Le message est puissant : l'Iran ne se contente plus de se soumettre à la technologie occidentale, il la maîtrise suffisamment pour l'offrir en cadeau à des superpuissances. Un simple engin capturé devient ainsi un outil d'influence diplomatique de premier plan.

Mais l'ingénierie inverse iranienne ne s'arrête pas là, aux grands drones de surveillance. Elle s'attaque désormais à des armes plus petites que sont les munitions rôdeuses.

Ces dernières années, Téhéran aurait mis la main sur un drone kamikaze américain Switchblade 300 pour donner naissance à sa propre version locale, Meraj 521. Le système apparaît publiquement pour la première fois lors de l'exercice militaire « Eghtedar 1402 » en octobre 2023. L'appareil ressemble presque trait pour trait à son modèle américain : mêmes ailes repliables, même tube de lancement compact, même mécanisme d'éjection.

Comme le Switchblade, Meraj 521 peut voler à basse altitude et se guider vers sa cible avant d'exploser à l'impact. C'est une arme conçue pour l'infanterie, facile à transporter dans un sac à dos, déployable en quelques secondes depuis un véhicule ou même une petite embarcation rapide. Pour l'Iran, cette reproduction n'est pas un simple copiage technique, c'est une pièce maîtresse dans la nouvelle guerre des drones qui évolue au Moyen-Orient. Cela permet de frapper avec une précision chirurgicale pour un coût dérisoire et surtout de saturer les défenses ennemies par le nombre.

Rien dans cette ascension fulgurante n'est le fruit du hasard. Si Téhéran parvient aujourd'hui à reconstituer en trois ans d'appui militaire aux Russes des technologies que l'Occident a mis des décennies à développer, c'est grâce à une alliance solide entre les ingénieurs de l'armée iranienne, les meilleures universités du pays et un réseau industriel parfaitement mature. L'objectif n'était pas une simple innovation, mais une efficacité au sens vrai du terme.

Cette méthode d’ingénierie inverse s'adapte parfaitement aux guerres asymétriques : chaque pièce d’armement saisie sur le terrain au Liban, en Irak ou au Yémen, devient un prototype potentiel. Désormais, perdre une arme avancée sur le champ de bataille ne signifie plus seulement pour les Américains ou les Israéliens une perte financière. C'est le risque de voir émerger rapidement une copie produite à la chaîne et distribuée à des ennemis jurés de l'hégémonie américaine.

Reste à savoir si les Américains, qui viennent de s'avouer vaincus en copiant Shahed-136 iranien et en le déployant au Moyen-Orient, savent se montrer aussi ingénieux que les Iraniens dans l'art de désarmer l'ennemi par sa propre arme.