تقي زاده

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Le mouvement de résistance palestinien Hamas, a condamné les menaces répétées d’Israël visant à l’éliminer, soulignant que les violations continues du cessez-le-feu à Gaza témoignent d’un mépris total des accords internationaux et des efforts diplomatiques destinés à mettre fin au génocide à Gaza.

Dans un communiqué publié mardi, le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a dénoncé les propos du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, qui a reconnu que l’objectif d’Israël demeurait la « destruction du Hamas ».

Hazem Qassem a déclaré que ces propos révèlent le mépris flagrant d’Israël pour les processus politiques et les négociations internationales, soulignant l’urgence de défendre la vie et la souveraineté des Palestiniens.

 

De fortes pluies se sont abattues mardi sur des tentes abritant des Palestiniens déplacés dans plusieurs zones de la bande de Gaza, alors que le premier système dépressionnaire majeur depuis le début du ramadan frappait le territoire, aggravant une crise humanitaire déjà catastrophique.

La Défense civile palestinienne à Gaza a indiqué que ses équipes avaient reçu, au cours de la nuit, plusieurs appels de détresse signalant l’inondation de tentes en raison des fortes pluies.

Dans un communiqué, l’agence a précisé que ses équipes avaient secouru plusieurs familles dont les tentes avaient été submergées dans la région d’al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

En France, le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales a enfin fini de patienter. Après le Sénat en novembre, l'Assemblée nationale s'empare à partir de mercredi soir du projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, vivement critiqué par la gauche qui dénonce un texte par trop focalisé selon elle sur la fraude sociale.

Les débats pour cette première lecture devraient se tenir à partir de 21H30 et jusqu'à vendredi, avec à la clé plus de 1.000 amendements à examiner, sur une grosse centaine d'articles. La France insoumise (LFI) a déposé une motion de rejet qui sera examinée à l'entame des débats, et le gouvernement devrait appeler certains articles en priorité.

Nouveaux moyens de détection des fraudes, sanctions et obligations renforcées, partage d'informations amélioré dans les administrations... le projet de loi entend « accélérer le passage de la suspicion à la détection, de la détection à la sanction et de la sanction au recouvrement », avait résumé la ministre française de la Santé Stéphanie Rist en novembre.

 

Le groupe français d’électroménager SEB a annoncé mercredi envisager la suppression de « jusqu’à 2 100 postes » dans le monde, soit moins de 7 % de ses effectifs, dont « potentiellement 500 en France » sur la base du volontariat.

Cette annonce est intervenue en marge de la présentation des résultats 2025 du groupe. La direction a présenté aux organisations syndicales un plan d’économies destiné à « retrouver » une « trajectoire de croissance rentable » et à s’adapter à une concurrence, notamment asiatique, jugée « plus rapide et plus intense ».

« Notre première priorité est de redresser la rentabilité (...), car nous avons connu un accident en 2025 », a déclaré le directeur général, Stanislas de Gramont.

 

Le ministre iranien de la Défense, le général de brigade Aziz Nassirzadeh, a réitéré ce mardi 24 février à Téhéran la ferme opposition de l’Iran à toute ingérence étrangère et son engagement indéfectible à sauvegarder la souveraineté nationale, lors d’une réunion de haut niveau avec le ministre arménien de la Défense, Suren Papikyan.

Les deux responsables ont discuté des moyens de renforcer la coopération bilatérale en matière de défense et de répondre aux préoccupations communes concernant la sécurité régionale.

Nassirzadeh a décrit les relations irano-arméniennes comme « profondes, historiques et stratégiquement importantes », tout en exprimant sa reconnaissance pour la condamnation par l’Arménie des agressions américaines et israéliennes contre la République islamique d’Iran.

Réaffirmant la doctrine de sécurité de longue date de Téhéran, le ministre de la Défense a averti que l’Iran rejette toute tentative de perturber l’équilibre géopolitique régional.

« La République islamique d’Iran s’oppose à toute perturbation de l’ordre géopolitique régional », a-t-il déclaré, soulignant qu’une stabilité durable ne peut être atteinte que par la coopération entre les États voisins.

« Les puissances extérieures, dont les interventions sont motivées par leurs propres intérêts, constituent une menace directe pour la stabilité régionale », a-t-il ajouté.

 

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht‑Ravanchi, a mis en garde Washington contre tout aventurisme militaire, qualifiant toute éventuelle frappe de « véritable pari risqué », et a averti que personne ne serait en mesure d’empêcher la guerre qui s’ensuivrait.

« Comment peut-on prétendre de mettre fin à la guerre après une seule frappe ? À notre avis, c’est un pari risqué. Nous espérons que ce ne sera pas le cas », a-t-il déclaré à la radio NPR dans une interview publiée mardi 24 février.

Ces avertissements interviennent à quelques jours du prochain tour des pourparlers indirects entre Téhéran et Washington, prévu le 26 février. Entre-temps, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, déployant des porte-avions, accompagnés de milliers de soldats, d’avions de chasse et de destroyers lance-missiles.

Les États-Unis ne cessent de menacer de frapper l’Iran en l’absence d’un accord remplaçant l’accord nucléaire de 2015. Or, les États-Unis sous le premier mandat de Trump s’en sont unilatéralement retirés en 2018.

 

Près d’un millier de balles ont été tirées par les soldats israéliens lors d’un massacre « de style exécution » qui a tué quinze travailleurs humanitaires palestiniens le 23 mars 2025 à Tel al-Sultan, dans la bande de Gaza, certains ayant été tués à bout portant, selon un rapport récemment publié.

Les groupes de recherche indépendants Earshot et Forensic Architecture ont publié un rapport détaillé, basé sur des témoignages oculaires et des analyses audio et visuelles, indiquant que plusieurs travailleurs humanitaires ont été exécutés et qu’au moins l’un d’entre eux a été abattu à un mètre de distance.

Décrit par le Croissant-Rouge palestinien comme « l’un des moments les plus sombres » de la guerre, ce massacre a coûté la vie à huit de ses travailleurs humanitaires, six autres victimes étaient membres de la Défense civile palestinienne et une autre était employé d’une agence de secours des Nations unies.

Ce rapport, qui a suscité une vague de condamnations internationales, a reconstitué minute par minute le déroulement du massacre.

À partir d’enregistrements vidéo et audio de l’incident, d’images et de vidéos en accès libre, d’images satellites, de publications sur les réseaux sociaux et d’autres documents, ainsi que d’entretiens approfondis avec deux survivants de l’attaque, les groupes ont pu reconstituer numériquement la scène et les événements entourant le massacre.

 

Moscou a dénoncé un projet franco-britannique visant à équiper l’Ukraine d’armes nucléaires comme une « violation flagrante » du droit international, affirmant que cette mesure menaçait le régime de non‑prolifération des armes nucléaires. La Russie a promis de soulever la question lors de futures négociations.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a vivement condamné mardi 24 février les intentions de la France et du Royaume-Uni de fournir des armes nucléaires à l’Ukraine, qualifiant un tel projet de « violation flagrante des normes et principes du droit international ».

S’exprimant lors d’une conférence de presse rapportée par l’agence TASS, Peskov a souligné que cette mesure était « très importante du point de vue de la menace qui pèse sur le régime de non-prolifération des armes nucléaires ». Il a indiqué que « la question de la fourniture d’armes nucléaires à l’Ukraine sera soulevée lors d’éventuelles négociations à l’avenir ».

Ces déclarations font suite à un rapport des services de renseignement extérieurs russes (SVR), rendu public lundi, affirmant que Londres et Paris préparaient activement le transfert d’armes nucléaires à Kiev. Selon ce rapport, les deux capitales européennes estimeraient que l’Ukraine devrait être équipée d’au moins une bombe atomique pour renforcer sa position dans d’éventuelles négociations.

 

Des parlementaires membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) ont annoncé, le 23 février, le dépôt d’une déclaration de soutien à la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Francesca Albanese, après l’appel à sa démission formulé par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

À l’initiative de la députée La France insoumise Nouveau Front populaire (LFI-NFP) Gabrielle Cathala, élue du Val-d’Oise, et de ses collègues membres de l’APCE, le texte exprime un « soutien à l’exercice indépendant et rigoureux de son mandat ». Les signataires estiment qu’Albanese « a alerté la communauté internationale » et « a documenté des violations graves du droit international en Palestine », évoquant notamment un « génocide en cours à Gaza », et considèrent que ses analyses « s’inscrivent dans le cadre strict découlant du droit international ».

La déclaration dénonce par ailleurs les positions de la France, de l’Allemagne et de l’Italie, qui ont appelé à la démission de la rapporteuse. Selon ses auteurs, une telle demande « fragilise l’indépendance des mécanismes onusiens » et constitue un signal préoccupant pour la protection des experts internationaux. Ils rappellent que les titulaires de mandat au titre des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, mécanisme indépendant chargé d’enquêter et de rendre compte des violations des droits humains, exercent leurs fonctions à titre personnel, sans rémunération de l’ONU, et doivent pouvoir agir sans ingérence des États.

Parmi les signataires figurent des parlementaires de plusieurs pays européens, dont la France, la Belgique, Chypre, la Turquie, le Pays-Bas, L’Espagne, l’Italie, l’Irlande, l’Allemagne, la Norvège, la Moldavie, ainsi que plusieurs élus français dont Anne Stambach-Terrenoir et Sandra Regol.

Cette initiative intervient après une prise de position du bureau de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), autorité administrative indépendante française chargée de conseiller le gouvernement et le Parlement sur les droits humains. Dans une lettre adressée à Jean-Noël Barrot, la CNCDH fait part de sa « vive préoccupation » à la suite des déclarations du ministre mettant en cause l’expertise et l’indépendance de Francesca Albanese.

La controverse trouve son origine dans une intervention de la rapporteuse spéciale, le 7 février, lors d’un forum organisé par Al Jazeera à Doha. Francesca Albanese y avait évoqué un « ennemi commun de l’humanité » pour dénoncer, selon ses termes, un système international permettant la poursuite de violations graves du droit international. La formulation « Israël est l’ennemi commun de l’humanité » lui a ensuite été attribuée, ce qu’elle a contesté publiquement.

Le 11 février, Jean-Noël Barrot avait déclaré que Albanese « n’est ni experte ni indépendante » et l’avait qualifiée de « militante politique », appelant à sa démission. Dans son courrier, la CNCDH affirme que les accusations reposent sur « une déformation manifeste » des propos de la rapporteuse et estime que contester la légitimité d’un titulaire de mandat pour l’exercice de ses fonctions « constitue une attaque directe contre le système onusien de protection des droits de l’homme ».

La commission souligne que les rapporteurs spéciaux sont nommés par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies selon une procédure destinée à garantir leur indépendance et que leur rôle est de documenter les violations des droits humains et du droit international humanitaire, y compris lorsque leurs constats sont contestés par les États concernés. Francesca Albanese, nommée en 2022, a été reconduite dans son mandat en avril 2025 pour trois ans.

La CNCDH appelle le gouvernement français à renoncer à sa demande de démission et à corriger publiquement les propos qu’elle juge inexacts, réaffirmant l’importance du respect des mécanismes multilatéraux de protection des droits humains.

Par Ivan Kesic

Alors que les tensions s’intensifient dans le golfe Persique, sur fond de renforcement militaire américain, la République islamique d’Iran a méthodiquement constitué un arsenal diversifié et sophistiqué destiné à contrer le symbole le plus puissant de la puissance navale américaine : le porte-avions.

Ces dernières semaines, les États-Unis ont dépêché deux de leurs navires de guerre les plus redoutables, l’USS Abraham Lincoln et l’USS Gerald R. Ford, dans les eaux entourant le golfe Persique.

Alors que le président américain Donald Trump a averti que la diplomatie devait aboutir à un accord, faute de quoi une action militaire s’ensuivrait, la rhétorique de Washington a suscité une réponse calculée et déterminée de la part de Téhéran.

Les forces armées iraniennes, dirigées par le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), ont mené d’importants exercices navals dans le détroit d’Ormuz, suivis de manœuvres conjointes avec la Russie.

Au cœur de cette équation se trouve une question stratégique qui préoccupe les planificateurs militaires depuis des décennies : une puissance navale relativement plus petite peut-elle dissuader, voire endommager, un porte-avions à propulsion nucléaire ?

Pour l’Iran, la réponse ne réside pas dans une arme miracle unique, mais dans une stratégie globale d’anti-accès, multidimensionnelle et en constante évolution.

Cette approche, fondée sur des décennies de développement national et de réflexion asymétrique, vise à transformer les eaux étroites du détroit d’Ormuz et la vaste étendue de la mer d’Arabie en un environnement à haut risque pour tout adversaire. Elle cherche à démontrer que l’ère de l’invulnérabilité perçue du porte-avions à proximité des côtes iraniennes est désormais révolue.

Avertissement du Leader : Des mots forgés dans l’acier

La confrontation stratégique entre l'Iran et les États-Unis s'est cristallisée dans les récentes déclarations du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei.

Répondant directement au déploiement des forces navales américaines et aux menaces émanant de Washington, il a présenté le conflit non pas comme un affrontement de navires contre navires, mais comme une lutte de volontés et de la détermination politique contre des moyens matériels.

L’Ayatollah Khamenei a reconnu le danger intrinsèque que représente un porte-avions américain, le qualifiant d’engin dangereux.

Cependant, il a immédiatement abordé le cœur de la doctrine défensive iranienne, affirmant que les armes capables de faire couler les porte-avions américains seraient « plus dangereuses » que les navires de guerre eux-mêmes.

Cette déclaration constituait une prise de position stratégique. Il a cité l'échec des États-Unis à soumettre la République islamique pendant 47 ans comme preuve que la seule supériorité militaire ne garantit pas la victoire.

S’adressant directement au président américain, il a affirmé que l’avenir découle du passé et que la nation iranienne, forte de ses valeurs culturelles et religieuses, ne prêtera jamais allégeance à la volonté des « puissances arrogantes ».

Ces propos constituent le socle philosophique de la posture militaire iranienne : le défi n’est pas envisagé comme un simple duel naval conventionnel, mais comme une confrontation enracinée dans une conviction idéologique, où l’arsenal militaire iranien apparaît comme le prolongement de la détermination nationale à résister à toute forme de domination.

Arsenal de l'asymétrie : Bien plus qu'une simple flèche

La capacité de l'Iran à menacer un porte-avions américain ne repose pas sur une solution miracle unique, mais sur un arsenal diversifié et complexe de systèmes d'armes, chacun conçu pour compliquer les calculs liés à la puissance défensive d’un groupe aéronaval.

L'épine dorsale de cette capacité de frappe navale demeure sa famille de missiles de croisière antinavires. Des systèmes avancés tels que le Noor et ses variantes améliorées, le Qader et le Ghadir, ont été développés au fil des années, augmentant leur portée de 120 kilomètres à près de 300 kilomètres.

Ces missiles sont conçus pour voler au ras de l’eau, évoluant à seulement quelques mètres au-dessus des vagues afin de retarder la détection radar et de réduire le temps de réaction des systèmes de défense rapprochée.

Ils constituent la couche côtière à haute densité du bouclier maritime iranien. S’appuyant sur cette base, l’Iran a repoussé les limites technologiques en développant des systèmes à plus longue portée.

Le missile de croisière Abu Mahdi, dont la portée annoncée dépasse 1 000 kilomètres, représente un saut qualitatif. Équipé d’une intelligence artificielle et d’un autodirecteur bimode, il peut être lancé depuis le territoire iranien et est conçu pour résister au brouillage lors de frappes contre des navires en mouvement.

De même, le Qader-380 étend encore cette portée. Les commandants iraniens le présentent comme une arme capable de poser des défis insurmontables aux navires ennemis bien au-delà des côtes iraniennes.

Au-delà de son arsenal de missiles de croisière, l’Iran a investi massivement dans le domaine plus complexe des missiles balistiques antinavires. Cette catégorie d’armes, dont le Khalij Fars est un exemple emblématique, modifie fondamentalement la dynamique des engagements.

Missile de croisière antinavire Ghadir.

Contrairement aux missiles de croisière volant à basse altitude, les missiles balistiques se déplacent à des vitesses supersoniques, voire hypersoniques. Ils suivent une trajectoire ascendante élevée dans l’atmosphère avant de redescendre selon des angles abrupts, presque verticaux, ce qui les rend particulièrement difficiles à intercepter par les systèmes de défense antiaérienne classiques.

Le Khalij Fars (« Golfe Persique »), d’une portée d’environ 300 kilomètres, est équipé d’un système de guidage terminal optique qui lui permet de se diriger vers une signature thermique importante, telle que la superstructure d’un porte-avions.

Vient ensuite la famille de missiles Hormuz, dont certaines variantes sont conçues comme des armes antiradar. Elles sont spécifiquement programmées pour cibler les puissantes émissions radar des navires de guerre équipés du système de combat Aegis, neutralisant ainsi le principal capteur adverse avant une éventuelle frappe de plus grande envergure.

Le Zolfaghar Basir étend cette zone de menace à 700 kilomètres, repoussant la zone d'engagement potentielle bien au-delà du golfe d'Oman et dans le nord de la mer d'Arabie, des zones autrefois considérées comme relativement sûres pour la projection de puissance américaine dans la région.

Au sommet de cette pyramide technologique se trouvent les missiles hypersoniques iraniens, les Fattah-1 et Fattah-2. Bien que l'étendue de leur déploiement opérationnel demeure entourée d'une certaine ambiguïté stratégique, leurs capacités déclarées — des vitesses atteignant Mach 15 et une manœuvrabilité extrême — sont conçues pour surpasser même les systèmes de défense antimissile les plus avancés.

L’existence même de telles armes oblige les planificateurs de la marine américaine à intégrer dans leurs scénarios une menace capable de modifier sa trajectoire de manière imprévisible, à des vitesses ne laissant pratiquement aucune marge d’erreur ni de réaction.

Missiles balistiques antinavires Khalij Fars (golfe Persique)

Sous la surface et au-delà du radar

Le potentiel balistique ne constitue toutefois qu’un aspect de la stratégie multidimensionnelle élaborée par l’Iran. Sous les eaux du golfe Persique et du détroit d’Ormuz, une autre menace se dessine.

L'Iran dispose d'une force sous-marine mixte, comprenant des sous-marins de classe Kilo de construction russe ainsi qu'une gamme de petits sous-marins de poche fabriqués localement, tels que les classes Ghadir et Nahang.

Ces navires sont optimisés pour les eaux peu profondes et acoustiquement complexes de la région. Leur mission principale en cas de guerre ne serait pas de mener des opérations navales en haute mer, mais de tendre des embuscades et, surtout, de poser des mines sous-marines.

L'Iran posséderait l'un des plus importants stocks de mines de la région, se chiffrant en milliers, comprenant des mines à influence sophistiquées pouvant être déclenchées par le champ magnétique ou la signature acoustique d'un navire.

Le simple soupçon de la présence d'un champ de mines au point de passage stratégique du détroit d'Ormuz aurait un effet catastrophique sur le trafic énergétique mondial et obligerait la marine américaine à s'engager dans une campagne de déminage lente, dangereuse et gourmande en ressources, le tout mené sous la menace des missiles côtiers iraniens.

À cela s'ajoute la torpille Hoot, une arme supercavitante d'une vitesse extraordinaire de 360 km/h qui, une fois lancée, est presque impossible à distancer ou à esquiver pour une cible.

Dans les airs, le programme de drones iranien représente un atout majeur en matière de renseignement et de frappes. Des développements récents ont mis en lumière la capacité de Téhéran à assurer une surveillance étroite des forces navales américaines dans la région.

Le survol d’un drone non identifié, désigné SEP2501, le long des côtes de la mer d’Oman, à proximité du groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln, a constitué une démonstration concrète de cette réalité, effrayant l’ennemi.

Torpille ultra-rapide Hoot (360 km/h)

Des drones tels que le Shahed-139 ou le Homa, capables de décollage et d’atterrissage verticaux, peuvent être déployés depuis des plateformes non conventionnelles, y compris des navires civils. Ils recueillent des renseignements électroniques, des signatures radar et des données de communication.

Ces informations sont essentielles à la réussite de toute attaque de missiles, car elles permettent d'établir en temps réel la situation nécessaire pour cibler un porte-missiles en mouvement.

Dans un scénario d’attaque par saturation, des essaims de drones d’attaque unidirectionnels, peu coûteux et aisément remplaçables, pourraient être engagés dès la première vague. Leur objectif ne serait pas nécessairement de frapper le porte-avions lui-même, mais de saturer les défenses du groupe aéronaval et d’épuiser ses stocks de missiles intercepteurs, beaucoup plus onéreux. Une telle séquence viserait à créer une fenêtre d’opportunité pour des missiles de croisière ou balistiques plus sophistiqués lancés dans un second temps.

Les vedettes rapides de la marine du CGRI ajouteraient une dimension supplémentaire à cette pression. Capables d’attaques en essaim depuis le littoral iranien, elles forceraient les bâtiments américains de plus grande taille à adopter des postures défensives permanentes, fragmentant leur attention tactique et complexifiant davantage le champ de bataille maritime.

Géographie de la défense

L’importance stratégique de l’armement iranien est amplifiée par la géographie singulière de la région. Le golfe Persique constitue une étendue d’eau étroite et peu profonde, tandis que le détroit d’Ormuz — par lequel transite une part importante du pétrole mondial — ne dépasse guère une trentaine de kilomètres de large à son point le plus resserré.

Dans un tel environnement, la marge de manœuvre d’un grand groupe aéronaval est extrêmement limitée, et sa proximité des côtes iraniennes le place directement à la portée de la quasi-totalité des systèmes de l’arsenal iranien.

Cette configuration géographique constitue un atout central de la stratégie iranienne de déni d’accès. Elle implique qu’un porte-avions ne peut opérer impunément dans le golfe Persique : il doit évoluer à l’intérieur d’une zone d’engagement de missiles que l’Iran a mis des décennies à bâtir.

Des vedettes rapides iraniennes lancent des missiles.

Dans un conflit potentiel entre Washington et Téhéran, l’objectif iranien ne serait pas nécessairement de couler un porte-avions américain dans les premières heures des hostilités. Une telle prouesse, aussi spectaculaire soit-elle, n’est pas le cœur de la stratégie.

En instaurant une menace crédible, multidimensionnelle et permanente, l’Iran cherche à élever le coût d’une intervention à un niveau susceptible de tester la volonté politique américaine.

Ce dispositif relève d’une logique bien identifiée par les stratèges : la dissuasion par le déni. Il ne s’agit pas de promettre une punition dévastatrice en représailles, mais de convaincre l’adversaire que son action serait inefficace, coûteuse ou incertaine.

La question stratégique n’est donc plus de savoir si l’Iran dispose d’une arme unique capable de détruire un porte-avions américain.

Elle est plus subtile : l’Iran peut-il rendre son emploi suffisamment risqué et politiquement coûteux pour influencer la décision d’engagement ?

Des avertissements sans équivoque du Leader de la Révolution islamique à la patrouille silencieuse d'un drone de surveillance au-dessus d'un groupe aéronaval, le message de Téhéran est clair :

Les eaux du golfe Persique ne sont plus un sanctuaire pour les flottes étrangères hostiles, et toute nation envisageant une agression doit se préparer à affronter un adversaire qui a transformé la guerre asymétrique en une défense nationale sophistiquée et crédible.

Dans le golfe Persique, l’épée qui menace le porte-avions n’est peut-être pas visible depuis le pont. Mais son ombre, elle, pèse déjà sur les calculs des états-majors.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV