La France tente d’interdire aux autres ce qu’elle s’est toujours autorisée : s’immiscer dans les affaires des États souverains

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La France tente d’interdire aux autres ce qu’elle s’est toujours autorisée : s’immiscer dans les affaires des États souverains

Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, la France réclame aux dirigeants étrangers « retenue » face aux mobilisations qui secouent la France. Une attitude qui met en lumière les contradictions d’une diplomatie prompte à donner des leçons, mais peu encline à accepter que son propre comportement soit soumis au même examen.

Le chef de la diplomatie française a appelé ce mercredi 21 octobre les dirigeants étrangers à faire preuve de « retenue », de « respect » et de « solidarité » dans leurs commentaires sur les récentes évolutions en France.

Dans un message publié sur X, il a également proposé aux pays concernés une assistance pour clarifier les faits et éviter la propagation de ce qu’il qualifiait de fausses informations.

« Que les dirigeants étrangers qui commentent ou exploitent les événements récents en France à des fins électorales ou pour nous nuire, sans rien y comprendre, fassent preuve du minimum élémentaire de retenue, de respect et de solidarité », a-t-il écrit, ajoutant que cette attitude relevait d’une exigence de « dignité » et servait également les intérêts des pays concernés.

Mais cette leçon de retenue adressée aux autres États soulève une question embarrassante pour Paris : avec quelle légitimité la France prétend-elle dicter aux dirigeants étrangers les limites de leurs commentaires lorsqu’elle s’est arrogé le droit de juger les politiques intérieures d’autres pays, de soutenir des troubles, d’exercer des pressions diplomatiques sur des États souverains et d’intervenir dans leurs affaires ?

De ses anciennes colonies africaines, où son influence politique et militaire a longtemps pesé sur les équilibres nationaux, jusqu’à l’intervention militaire en Libye en 2011, Paris à maintes reprises a justifié ses actions au nom de principes qu’il invoque aujourd’hui pour exiger d’autres parties une retenue dont il n’a pas toujours fait preuve.

 
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