بسم الله الرّحمن الرّحیم
اِنّا فَتَحْنا لَکَ فَتْحاً مُبیناً لِیَغْفِرَ لَکَ اللهُ ما تَقَدَّمَ مِن ذَنبِکَ وَ ما تَأَخَّرَ وَ یُتِمَّ نِعْمَتَهُ عَلَیْکَ وَ یَهْدِیَکَ صِراطاً مُستقیماً وَ یَنصُرَکَ اللهُ نَصْراً عَزیزاً.
Traduction du verset :
« En vérité, Nous t’avons accordé une victoire éclatante, afin qu’Allah te pardonne tes péchés, passés et futurs, qu’Il parachève sur toi Son bienfait et te guide sur une voie droite ; et qu’Allah te donne un puissant secours. »
Il y a quarante jours, l’une des pires atrocités commises par les ennemis de l’Islam et de l’Iran – et l’un des deuils les plus douloureux jamais infligés à cette nation – s’est produite : le martyre douloureux de l’éminent Guide de la Révolution islamique, le père de la nation iranienne, le chef de la communauté musulmane, le porte‑étendard des chercheurs de justice en ce temps présent, le maître des martyrs de l’Iran et de l’Axe de la Résistance, le grand Khamenei – que Dieu sanctifie son âme pure.
Il y a quarante jours, l’âme élevée de notre Guide martyr est devenue l’hôte de la proximité divine, parmi les saints, les véridiques et les martyrs. Dans le même temps, ou à la suite de ce drame, une multitude de compagnons, commandants et combattants de l’Islam, ainsi que nos concitoyens opprimés – depuis les nouveau‑nés de quelques jours jusqu’aux personnes âgées – ont eux aussi atteint cette immense grâce.
Depuis quarante nuits et quarante jours, Dieu Très‑Haut a convoqué à Sa rencontre le guide de cette communauté. Mais, contrairement à ce qui advint à l’époque de Kalīm Allāh (Moïse), cette fois‑ci les compagnons du Guide martyr et sa communauté se sont levés pour défendre la vérité et combattre le faux. Tel des montagnes inébranlables, ils ont résisté face au Samaritain et à son veau d’or ; tels des coulées de lave incandescente, ils se sont abattus sur les agresseurs et les pharaons.
Depuis quarante jours et nuits, les arrogant puissants du monde ont ôté leurs masques trompeurs et menteurs, dévoilant leur hideux visage satanique de meurtre, d’oppression, d’agression, de mensonge, de tyrannie, d’infanticide, de despotisme et de corruption.
Mais en contrepoint, depuis quarante jours et nuits, les fils et filles fiers du grand Khomeyni et du cher Khamenei martyr, les disciples de l’Islam authentique de Muhammad (que la prière d’Allah soit sur lui et sur sa famille), sont présents sur les champs de bataille, dans les rues et dans les tranchées, avec un dévouement et un courage exemplaires. En dépit des coups et des pertes causés par l’assaut barbare de l’ennemi, ils ont transformé cette troisième guerre imposée en une épopée comparable à la Sainte Défense (la guerre Iran‑Irak). Le peuple conscient et vigilant d’Iran, bien qu’éprouvé par la grande douleur du départ de son guide martyr, a su, à l’exemple des héritiers directs de l’Ashura de Husayn (que la paix soit sur lui), faire d’un deuil une épopée et d’une lamentation un chant de guerre. Tout cela a jeté l’ennemi – pourtant armé jusqu’aux dents – dans la stupeur et le désarroi, et a suscité l’admiration des peuples libres du monde. Cette fois, l’ignorance et l’aveuglement des arrogants ont fait du mois d’Isfand 1404 le point de départ d’un nouveau chapitre de puissance et de rayonnement pour le nom de l’Iran et de la Révolution islamique. L’étendard de l’Iran islamique ne flotte pas seulement sur la géographie terrestre de notre pays, mais aussi au plus profond des cœurs assoiffés de justice dans le monde.
Cette occasion est propice pour présenter brièvement l’éminent Guide. Il s’agit d’un homme qui, malgré sa célébrité, n’a pas été connu à sa juste valeur. Tout le monde sait que notre Guide martyr était un grand jurisconscient (faqīh) lucide et clairvoyant de son temps, un combattant infatigable, solide et inébranlable comme une montagne, un savant agissant et spirituel (rabbānī), adonné à l’invocation, aux prières nocturnes et à l’humilité devant son Seigneur, en communion avec les âmes pures des Infaillibles (que la paix d’Allah soit sur eux tous), et croyant du plus profond de son cœur aux promesses divines. Parmi ses autres traits, il aimait profondément l’Iran et s’efforçait constamment de renforcer son indépendance, tout en insistant sur l’union et la cohésion nationale. Il a consacré sa vie à édifier le système islamique, à l’affermir et à le pérenniser. Pour lui, la République islamique sans le peuple était dénuée de sens. Tout en étant ferme et puissant, il possédait une grande finesse de pensée et de vision dans l’appréhension des affaires. Il portait une attention particulière aux capacités du pays, en particulier aux jeunes. Il valorisait la science, la technologie et le progrès qu’elle permet. Il accordait une grande estime aux familles des martyrs, aux anciens combattants et à tous ceux qui ont fait preuve de sacrifice. Il disposait d’une expérience précieuse et dense dans divers domaines, parfois accumulée sur plusieurs décennies, et de nombreuses autres qualités qu’il serait trop long d’énumérer.
Ces jours‑ci, certains médias ne cessent d’évoquer son art, sa sensibilité artistique et sa capacité à former des artistes. Si cette dimension – à elle seule – suffirait à conférer une immense valeur à une personne, et qu’elle existait assurément chez notre cher Guide au plus haut degré et dans le sens le plus vrai du terme, elle paraît pourtant modeste au regard de l’ensemble des autres qualités et mérites qui étaient les siens. Personnellement, je connais de nombreux arts chez lui :
– L’un de ses grands arts, trop souvent négligé, fut l’art d’éduquer et de former la société en façonnant les pensées, les états d’âme et les sentiments de larges foules et de groupes sociaux.
– Un autre art fut la création méthodique d’institutions, en particulier durant les premières années de son mandat de Guide, en anticipant des horizons lointains.
– Un autre art encore fut sa mise en œuvre pour renforcer la structure militaire du pays – dont la nation iranienne a pu constater et bénéficier des effets positifs lors des deux dernières guerres imposées. Sa capacité d’innovation et d’initiative dans divers domaines – scientifique, stratégique, politique – est également un de ses arts, dont on trouve un reflet dans la formulation des politiques générales du système. Il possédait aussi le don de créer des significations par la construction opportune de mots et de combinaisons originales, chacune portant une multitude de sens et générant un discours public. Parmi ces dons, celui qui résultait de l’affinement de son âme élevée au travers des épreuves, des tribulations et des afflictions, ainsi que de sa patience et de sa constance sur le chemin de la vérité : le don de pressentir les événements lointains, car « le croyant voit avec la lumière d’Allah ». Et d’autres talents encore qu’il n’est pas possible de recenser ici.
Tous ces arts et ces avantages n’avaient d’autre source que les faveurs particulières de Dieu et l’attention spéciale de notre Maître (l’Imam caché) et de ses nobles ancêtres (que la paix d’Allah soit sur eux tous). On peut peut‑être résumer la cause qui a attiré ces grâces et ces attentions vers cette grande personnalité par son effort et son combat ininterrompus et sincères pour élever la Parole de Vérité. Mais, au‑delà des difficultés de la lutte contre le régime traître du Shah, il a aussi largement bénéficié d’une autre opportunité unique dans l’accomplissement de son devoir, dont le grand public ignore généralement l’existence. Le destin avait voulu que ce jeune Sayyid, assoiffé de science et avide d’action, au moment où son vénérable père risquait de perdre la vue, après des années passées à s’incliner devant les maîtres éminents, abandonne tous les horizons prometteurs de la progression scientifique à Qom et, confiant dans la grâce divine, se consacre à son père. La faveur divine, en retour de ce sacrifice, se manifesta ainsi : soudain, avant l’âge de trente ans, Sayyid Ali Khamenei jaillit du Khorasan comme un soleil, devint rapidement l’une des figures intellectuelles et militantes les plus influentes, tout en réalisant des progrès considérables dans les sciences reconnues de son temps, au point que dans les années 1970, la SAVAK (police politique du Shah) le surnommait « le Khomeyni du Khorasan ». Je dois souligner que ce processus d’élévation intérieure et extérieure s’est poursuivi par la suite. Dans l’apprentissage des comportements des grands, et particulièrement d’une telle personnalité, il est très judicieux de faire nôtre cette bienveillance sincère envers autrui et cette entraide – ce trait, conjugué à la foi en la miséricorde infinie de Dieu, constitue une différence essentielle entre ceux qui se tiennent sous l’étendard de la Vérité et ceux qui s’agrègent autour du faux. Suivre cette voie ouvre assurément les portes du ciel, attire toutes sortes de secours divins et invisibles – depuis la pluie de la miséricorde jusqu’à la victoire sur l’ennemi, en passant par les progrès scientifiques et technologiques.
Ces jours‑ci, on entend souvent divers groupes de notre cher peuple évoquer, à juste titre et avec regret, cet homme unique de son époque, et peu à peu, d’autres facettes encore du joyau rayonnant de sa noble personne se révèlent. Par ailleurs, le fait de s’inspirer de certains de ses gestes se répand progressivement ; ainsi, notre cher peuple a tiré des leçons du poing fermé du Guide au moment de son martyre, et ce poing fermé est devenu pour beaucoup une sorte de symbole commun de la foi. Une fois de plus, il est prouvé que l’influence du martyr est plus grande que celle de la personne vivante, que sa voix invitante vers l’unicité, la justice et la lutte contre l’oppression et la corruption résonne plus fort, et que son message pénètre plus profondément qu’au cours de sa vie. Et ainsi, l’aspiration profonde de ce grand martyr – le bien‑être de cette nation et des autres nations musulmanes – se rapproche de la réalité.
Frères et sœurs compatriotes ! Aujourd’hui, à ce stade de l’épopée de la troisième Sainte Défense, je peux affirmer avec certitude que vous, la nation héroïque d’Iran, êtes les vainqueurs certains de ce champ de bataille.
Aujourd’hui, l’aube de l’émergence de la République islamique comme une grande puissance, et le basculement de l’arrogance dans une pente déclinante, sont devenus évidents aux yeux de tous. C’est là un bienfait divin offert à la nation iranienne grâce au sang de notre Guide martyr et des autres martyrs au linceul parfumé, de nos concitoyens opprimés et des fleurs fanées de l’école Shajareh Tayyibeh de Minab, grâce aux invocations et aux humiliations de la nation devant son Seigneur, à sa présence combattante sur les places, dans les quartiers et dans les mosquées, et grâce aux sacrifices désintéressés, sincères et infinis des combattants à la vie généreuse de l’Islam, au sein du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, de l’armée, de la police, des soldats anonymes et des gardes‑frontières. Ce bienfait, comme tout autre, doit être reconnu (shukr) pour perdurer et croître : « Si vous êtes reconnaissants, Je vous accorderai davantage. » La reconnaissance pratique envers ce bienfait, c’est l’effort ininterrompu pour parvenir à un Iran puissant.
Ce qui, dans l’immédiat, est indispensable pour atteindre cet objectif stratégique du Guide martyr – « l’Iran fort » –, c’est la continuation de la présence de notre cher peuple, comme durant ces quarante jours écoulés. Cette présence est un pilier essentiel de la dignité dans laquelle se trouve désormais l’Iran puissant.
Ainsi, il ne faudrait pas croire, parce que l’on annoncerait l’ouverture de négociations avec l’ennemi, que la présence dans les rues n’est plus nécessaire. Bien au contraire, si, par hypothèse, le moment d’une pause nécessaire sur le champ de bataille devait venir, le devoir des citoyens qui peuvent se rendre sur les places, dans les quartiers et dans les mosquées deviendrait encore plus lourd qu’auparavant. Vos cris dans les rues pèseront assurément sur le cours des négociations, tout comme le nombre, toujours plus élevé et ahurissant, de participants à la campagne « Don de soi pour l’Iran ». Par la volonté de Dieu – béni soit-Il –, grâce à ces rôles actifs et à leur continuation, l’horizon qui s’ouvre devant la nation iranienne lui promet l’avènement d’une époque glorieuse, éclatante, pleine de dignité, de fierté et de prospérité. Quand notre Guide martyr a pris en charge la guidance, le système de la République islamique ressemblait à un jeune arbre qui avait subi de nombreuses blessures infligées par les ennemis de l’Islam et de l’Iran – toutes surmontées vaillamment. Mais lorsqu’il a quitté la fonction de guide de la communauté, près de 37 ans plus tard, il a laissé derrière lui un arbre béni dont les racines sont solides et dont les branches jettent leur ombre sur des parties importantes de la région et du monde.
L’approche visant à atteindre un « Iran toujours plus fort » passe par l’unité entre les différentes couches de la société, sur laquelle il n’a cessé d’insister. Une part notable de cette unité s’est réalisée ces quarante jours : les cœurs se sont rapprochés, les glaces entre différentes catégories de population aux orientations variées ont commencé à fondre, tous se sont rassemblés sous la bannière de la patrie, et leur nombre et leur qualité ne cessent de croître. Nombre de ceux qui ne se sont pas encore joints à cette présence soutiennent cordialement les rassemblements dans les rues.
Ces jours‑ci, beaucoup font l’expérience d’un regard civilisationnel, tourné vers des horizons lointains, et se forgent une image non pas illusoire, mais fondée sur les réalités présentes et futures. C’était là une caractéristique que, jusqu’à il y a peu, l’on ne trouvait que chez un petit nombre, dont le Guide martyr était le premier. Ainsi, tout observateur perçoit la croissance rapide et miraculeuse de cette nation ; et ce n’est pas sans raison que, ces jours‑ci, lorsque le sage renommé de notre temps et le grand jurisconscient (le nouveau Guide) s’adresse à vous à ce sujet, sa voix se brise à plusieurs reprises, étranglée par l’émotion.
Dans ce même propos, je dis aux voisins méridionaux de l’Iran : vous êtes en train d’assister à un miracle. Regardez donc avec justesse, comprenez correctement, prenez position au bon endroit, et méfiez‑vous des promesses mensongères des démons. Nous attendons toujours de vous une réaction appropriée, afin de vous montrer notre fraternité et notre bienveillance. Cela ne se produira que si vous vous détournez des arrogants, qui ne laissent passer aucune occasion de vous humilier et de vous exploiter. Tous doivent savoir que, par la volonté de Dieu, nous n’abandonnerons pas les criminels agresseurs qui ont attaqué notre pays. Nous exigerons la réparation de chaque dommage subi, le prix du sang pour chaque martyr et l’indemnité pour chaque blessé de cette guerre. Nous ferons entrer la gestion du détroit d’Ormuz dans une nouvelle phase. Nous n’avons pas été, et ne sommes pas, demandeurs de guerre, mais nous ne renoncerons en aucun cas à nos droits légitimes, en considérant l’ensemble de l’Axe de la Résistance comme un tout solidaire.
À ce stade, jusqu’à l’obtention de ce qui nous revient :
1. Que tous les citoyens prennent soin les uns des autres, afin que les privations – conséquence naturelle de toute guerre – pèsent moins sur les différentes couches de la population. Ces privations, qui existent d’ailleurs en plus grande mesure chez l’ennemi, ont été largement gérées grâce aux efforts de vos frères et sœurs au sein du gouvernement et d’autres institutions.
2. Il est impératif de protéger nos oreilles – fenêtres du cerveau et du cœur – contre les médias soutenus par l’ennemi ou qui lui sont alignés. Ces médias ne veulent assurément pas le bien du pays et de la nation iranienne, cela a été prouvé maintes fois. Soit nous renonçons fondamentalement à les fréquenter, soit nous faisons preuve d’une grande méfiance envers tout ce qu’ils présentent.
3. Bien que la période officielle de deuil pour le Guide martyr touche à sa fin, la nation conserve vivace dans son âme et son cœur la ferme détermination à venger son sang pur et celui de tous les martyrs des deuxième et troisième guerres imposées, et elle sera toujours en attente de l’accomplissement de cette vengeance.
En conclusion, je m’adresse à notre Maître – que Dieu hâte sa noble venue – en ces termes : croyants en Dieu Très‑Haut, recourant aux Infaillibles (que la paix et le salut d’Allah soient sur eux), prenant exemple sur notre Guide martyr, nous nous tenons debout sous votre étendard, face au camp de la mécréance et de l’arrogance. Sur cette voie, nous avons offert de précieux martyrs issus de toutes les couches sociales pour l’honneur et l’indépendance du pays, pour l’élévation de l’Islam et de la Révolution islamique, et nous avons subi d’autres pertes. Aujourd’hui, nous plaçons toute notre espérance dans votre prière particulière (du‛ā’) pour que nous remportions une victoire décisive sur l’ennemi, que ce soit sur le terrain des négociations ou sur celui de la bataille. Nous espérons qu’il vous plaira, bientôt, de nous faire constater son effet miraculeux – ainsi qu’à nos ennemis –, si Dieu le veut.
Wa-s-salāmu ‘alaykum wa raḥmatu Llāhi wa barakātuh
Seyyed Mojtabā Hosseini Khamenei
9 Avril 2025 (20 Farvardin 1404)
Translated by AI



















