Super User

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Et c'est Lui qui, du ciel, a fait descendre l'eau. Puis par elle, Nous fîmes germer toute plante, de quoi Nous fîmes sortir une verdure, d'où Nous produisîmes des grains, superposés les uns sur les autres;[6:99]

lundi, 13 mai 2013 07:30

Son Excellence Khadîja (as)

Khadîja (as) est la première épouse du Prophète (s) et la première femme qui embrasse l’islam. Elle est la mère de Fâtima Zahrâ (as). Elle compte parmi les commerçantes arabes réputées dans le Hejâz. Son père est Khuwaylid ibn Asad et sa mère Fâtima (fille de Zâ’ida ibn Asam ibn…), dont la lignée porte le même étendard que le noble Prophète (s) et les autres Hashémites. Khadîja (as) est par son père la cousine de l’Envoyé de Dieu (s), leurs deux lignées remontant à Qassî ibn Kalâb. Elle fait partie de l’aristocratie mecquoise. Elle nait à Makka (1) quelques années avant « l’année de l’éléphant » (2) . Son Excellence Khadîja (as) se marie deux fois avant d’épouser l’Envoyé de Dieu (s). Ses deux maris successifs quittent ce monde. Elle a un fils du second époux (Abû Hâla ibn … Tamîmî), il se nomme Hind, et c’est pourquoi on lui donne le surnom de Omm Hind. Une partie des grands oulémas pense que Khadîja (as) ne s’est pas mariée avant d’épouser le Prophète (s) et que les enfants qui lui sont attribués proviennent en réalité de sa sœur.

Une riche dame hejâzî et son commerce

A l’époque où les Mecquois subsistent par le commerce, Khadîja (as) fait également de l’import-export. Elle fait partie des Mecquois fortunés, elle a des activités commerciales et les chameaux qui sont entre les mains de ses caravaniers vont et viennent dans les pays voisins comme la Syrie, l’Egypte et l’Abyssinie. Lorsque lui parvient la réputation d’honnêteté, de probité et de courtoisie de l’Envoyé de Dieu (s) et qu’elle voit à quel point il mérite son surnom de « Mohammad Amîn » (3) , à la suite d’une entrevue avec Abû Tâleb, l’oncle du Prophète (as), elle choisit « Mohammad Amîn » pour diriger les affaires commerciales au sein de sa caravane. Dès lors, le noble Prophète de l’islam (s), passe sa jeunesse à accumuler des profits lors des voyages commerciaux qu’il accomplit pour le compte de Khadîja (as). Au cours d’un voyage commercial conduisant le Prophète (s) en Syrie (4) , son Excellence Khadîja (as) le fait accompagner par son serviteur Maysara, lui ordonnant d’être partout auprès de lui et de le surveiller. A Basra (5) , non loin de la Syrie, ils rencontrent un moine nommé « Nestûrâ » (6) . Ce dernier informe le serviteur à propos de la destinée prophétique de l’Envoyé de Dieu (s). D’autre part, ce voyage occasionne beaucoup de profits, aucun voyage précédent n’avait atteint ce niveau. Après être rentré de Syrie, Maysara fait à Khadîja (as) le récit du voyage, rapporte les propos du moine ainsi que son propre témoignage au sujet de la grandeur et de la spiritualité de Mohammad (s). Dès lors, elle manifesta le profond désir de se marier à « Mohammad Amîn ».

Le mariage de Khadîja (as) et de l’Envoyé de Dieu (s)

Malgré le fait que de riches Qoraychites tels Abû Jahl ibn Hishâm et ‘Uqba ibn Abî Mo‛ayt l’aient demandée en mariage, Khadîja (as) s’offre elle-même à Mohammad (s) : elle est éprise de sa rectitude, de sa probité et de ses bonnes mœurs. Faisant fi des conventions traditionnelles ayant trait au mariage parmi les Arabes ignorants (7) de cette époque, elle fait ainsi don à Mohammad (s) de biens conséquents et d’une grande fortune. Aussi, Mohammad Amîn (s) accepte la proposition et la cérémonie du mariage a lieu en présence des oncles du prophète (s) et des proches de Khadîja (as), dont le plus connu est le fils de son oncle paternel, Waraqa ibn Nawfal. L’allocution du mariage incombe à Abû Tâlib, qui est le grand parmi les Banî Hâshem, il est aussi l’oncle et le garant du Prophète (as). Selon ce que l’on peut lire dans certains livres d’histoire, le douaire de son Excellence (as) se monte à vingt chameaux et selon certains autres, à douze ouqiya (8) et demi, ce qui correspond à cinq cents dirhams. A la suite de ce mariage, les femmes de Makka coupent leurs relations avec Khadîja (as) et la laissent seule. Son Excellence l’Envoyé (s) a alors vingt-cinq ans et Khadîja (as), selon les différents avis, de vingt-huit à quarante ans (afin d’en savoir davantage, il est conseiller de se référer aux livres traitant la question). Khadîja (as) est la première femme du Prophète (s), et tant qu’elle est en vie, il ne choisit aucune autre femme. Les fruits de ce mariage sont d’abord deux fils nommés Qâsem et ‘Abdallâh - mais les deux enfants quittent ce monde avant même la mission du Prophète (s) – et quatre filles nommées Zaynab, Omm Kolthûm, Roqayya et Fâtima Zahrâ (as). Fâtima Zahrâ (as) vient au monde après la mission.

Abrégé des vertus de son Excellence Khadîja (as)

Elle est la première femme à jouir d’un respect et d’un amour particulier émanant du Prophète (s).

1- Un célèbre hadith, tant célèbre parmi les chiites que parmi les sunnites, fait dire au Prophète (s) : « Un grand nombre d’hommes ont atteint à la perfection, mais parmi les femmes, seules quatre ont atteint ce degré : Âsia (as) fille de Mozâhem (l’épouse de Pharaon), Maryam (as) fille de ‘Emrân, Khadîja (as) fille de Khuwaylid et Fâtima (as) fille de Mohammad (s). »

2- Il a également dit: « Les meilleures femmes du paradis sont au nombre de quatre : Maryam (as) fille de ‘Emrân, Khadîja (as) fille de Khuwaylid, Fâtima (as) fille de Mohammad (s) et Âsia (as) fille de Mozâhem. »

3- Dans le Tafsîr ‘Ayâshî, on rapporte de l’Imâm al-Bâqer (as) qui le rapporte de l’Envoyé de Dieu (s) : « La nuit du mi‛râj (9) , lorsque que je suis revenu, j’ai demandé à Jabra’îl s’il avait un souhait. Il m’a dit : ‘Salue Khadîja de la part de Dieu et de ma part.’ »

4- Khadîja (as) est une épouse dévouée et douée d’une grande abnégation. Elle est le meilleur soutien de l’Envoyé de Dieu (s) lors des difficultés qui se succèdent, lors des exils et des sièges qu’il doit endurer. Elle est le plus fort de ses protecteurs et de ceux qui l’accompagnent. Elle offre ses biens en vue de la réalisation des desseins divins de son époux, s’agissant d’étendre et de renforcer l’islam. Grâce à sa grande fortune, elle contribue fortement à la stabilisation et à l’avancement de l’islam.

5- Elle est une femme douée de perfection, de personnalité et de vertu, c’est pourquoi elle est distinguée parmi les autres femmes. Le Prophète de Dieu (s) l’aime beaucoup.

Quelques événements survenus à l’époque de la vie commune de son Excellence Khadîja (as) et du noble Envoyé de l’islam (s)

1- La rénovation de la Ka‛ba et l’arbitrage de l’Envoyé de Dieu (s) qui ont cours alors que l’Envoyé de Dieu (as) a trente-cinq ans (se référer aux livres sur le sujet).

2- La lutte contre l’idolâtrie et le désaccord entre idolâtres, qui sont le fait des hommes et des chefs de la société d’alors.

3- La mission et la prophétie du noble Envoyé (s).

4- Les batailles menées par le Prophète (s).

Décès et enterrement

Son Excellence Khadîja (as) passe vingt-cinq ans dans la maison du Prophète de l’islam (s). Elle quitte ce monde dans la dixième année de la mission prophétique, lors de la première dizaine du mois de Ramadhân, peu de temps après le décès d’Abû Tâleb, l’oncle et le protecteur du Prophète (s). Cette année-là est appelée « année des chagrins ». Sa sépulture se trouve dans le Hajjûn de Makka, dans le cimetière d’Abû Tâleb, auprès des tombes de ‘Abd al-Mottaleb, Abû Tâleb et ‘Abd Manâf.

La vie du Prophète (s) après Khadîja (as)

Le Prophète (s) demeure seul des années après la mort de Khadîja (as), exprimant ainsi sa fidélité envers elle. Maintes fois il pleure en pensant à elle. Selon ‘Â’isha, le Prophète (s) dit à chaque fois qu’il sacrifie un mouton : « Faites-en parvenir les morceaux aux amis de Khadîja (as). » ‘Â’isha en est jalouse et dit que le Prophète (s) la mentionne trop souvent. Dans un autre hadith célèbre, il est dit que lorsque l’on apporte un cadeau au Prophète (s), il dit parfois : « Apportez-le à telle dame, qui compte parmi les amies de Khadîja (as). » L’Envoyé de Dieu (s) dit à propos de Khadîja : « Dieu ne m’a rien donné de mieux qu’elle. Elle a eu foi en moi alors que les gens étaient mécréants. Elle a attesté à propos de ma prophétie alors que les autres la démentaient. Elle a mis ses biens à ma disposition alors que les autres me privaient des leurs. Et Dieu le Très-Elevé m’a fait don d’un enfant d’elle. » Lors de la prise de Makka, le Prophète (s) organise son itinéraire de manière à passer auprès de la tombe de Khadîja (as).

back to 1La Mecque.

back to 2On appelle « année de l’éléphant » l’année où des Abyssiniens attaquèrent Makka avec un éléphant en première ligne. Il est dit que lorsque l’animal arriva en vue de la Ka‛ba, il se prosterna au lieu de charger ! Cette année sert de point de repère par rapport à la naissance du Prophète (s).

back to 3Celui qui garde et rend le dépôt qui lui a été confié, qu’il s’agisse d’un bien, d’une somme d’argent, ou d’un secret.

back to 4Le pays de Shâm dont on parle à l’époque du Prophète (s) ne comporte pas les frontières actuelles de la Syrie, dessinées en 1916 par Churchill et ses alliés, se partageant le gâteau suite à la défaite des Turcs et des Allemands dans la région. On parle plutôt à l’époque de villes importantes : Damas, Alep, Homs… et de leurs zones d’influence.

back to 5Bassora.

back to 6Il s’agit certainement d’un moine nestorien.

back to 7Il est souvent question de l’ignorance des Arabes de l’époque préislamique, époque d’ailleurs appelée « période de l’ignorance » : il va sans dire que cette ignorance est ainsi définie relativement à la révélation mohammadienne qui vient réformer des traditions, une mentalité, un mode de vie, et que cela ne désigne pas une ignorance particulière des Arabes, au sein de l’orient préislamique par exemple, ce qui serait proprement absurde…

back to 8Once d’or ou d’argent.

back to 9L’ascension nocturne du Prophète (s).

Références :

Sobhânî, Ja‛far, Forûgh-e Abadiyat (Splendeur de l’éternité) ; Dâ’irat-ol-ma‛aref-e tashayyo‛ (Encyclopédie du chiisme) ; Ja‛faryân, Rasûl, Zendegi-e Payambar-e Akram (La vie du noble Prophète (s)).

Félicitations à l'anniversaire de la Naissance de l'Imam Muhammad al-Baqir (p)

Imam Mohamed Baquir (p)

Notre 5ème Imam (p)

Nom : Mohamed

Titre : Al Baquir

Nom de père : Imam Zayn al-'Âbidîn (p)

Nom de la mère : Janabe Fatima binté Hassan (p)

Date et lieu de naissance : 1er Rajab de l'an 57 de l'Hégire à Médine

Date et lieu de décès : 7 Zilhajj de l'an 114 de l'Hégire -MédineLe cinquième Imam est Muhammad Al-Baquir (p). Son père est l'Imam Zayn al-'Âbidîn (p) et sa mère est Fâtima, fille de l'Imam Hassan.

 

Il est né le lundi 1er Rajab de l'an 57 de l'Hégire. Son père et sa mère étaient respectivement le petit-fils et la petite-fille de l'Imam Ali fils d'Abou Tâlib (p). Ainsi, il était le premier à être le descendant de l'Imam Ali fils d'Abou Tâlib (p) des deux côtés.

 

Le Prophète lui donna comme titre « Al Bâqir » qui signifie « le pourfendeur de la Science ». Il fut un homme de beaucoup de qualités de grandeur, de révérence et de piété. Il était la quintessence du savoir, de la courtoisie et des dispositions au bien. Il fut pieux, humble et généreux. D'après la citation d'un grand compagnon nommé Djabir fils d'Abdallah, le prophète (que le salut de Dieu soit sur lui) aurait dit en désignant l'Imam Al-Hussayn : "De celui-ci naîtra Ali qui sera appelé l'ornement des adorateurs (Zayn Al-Abidin) et de lui naîtra alors un garçon qui pourfendra la Science « Baqir » ! Djabir, Tu le rencontreras donc passe lui mon Salut. "Sur les dire du prophète (que le salut de Dieu soit sur lui) Djabir rencontra l'Imâm-Al- Baqir et lui transmit le Salut du Prophète. "

Agé de quatre ans, il fut présent à l'événement de Karbala. Après son père, par Ordre divin, il devint Imam. Pendant l'Imâmat du cinquième Imam (as) et en conséquence des injustices perpétrées par les Omeyyades, des révoltes et des guerres éclataient chaque jour dans le monde Islamique. De plus, des querelles à l'intérieur de la famille Omeyyade laissaient un peu de liberté aux membres de la famille du Prophète. Par ailleurs, le quatrième Imam (as) qui attirait beaucoup de Musulmans vers l'Islam était le symbole vivant de la tragédie de Karbala. Donc les chi’ites allèrent en grand nombre à Médine et rejoignaient notre cinquième Imam (as). Un grand nombre de savants de chi’ite sont formés par l’Imam (as) dans les différentes sciences Islamiques. Ces noms sont enregistrés dans les biographies des hommes célèbres de l'Islam.

lundi, 13 mai 2013 06:57

Les Mérites du Mois de Rajab

Le mois de Rajab avec les mois de Sha‘abân et Ramadan constituent les mois les plus honorés en Islam.

En effet le Prophète (P) dit : «Le mois de Rajab est le mois béni d’Allah. Aucun mois ne l’égale quant à ses mérites est à son caractère sacré.

Sachez que le mois de Rajab est le mois d’Allah, tout comme le mois de Sha‘abân est mon mois et celui de Ramadan est le mois de ma Umma. Celui qui jeûne un jour de Rajab aura assurément l’agrément d’Allah, la colère d’Allah lui sera épargnée, et l’une des portes de l’Enfer lui sera fermée. Selon l’Imam Mûsâ Ibn Ja‘far (que le salut soit sur lui) : «Quiconque jeûne un jour du mois de Rajab, l’Enfer s’éloignera de lui de la distance d’un an et celui qui en jeûne trois jours, l’entrée du Paradis lui sera garantie».

Il dit aussi : «Rajab est l’un des fleuves du Paradis. C’est un fleuve plus blanc que le lait et plus doux que le miel. Quiconque jeûne un jour du mois de Rajab, Allah (Puissant et Sublime) l’abreuvera de ce fleuve».

Selon l’Imam Ja‘far al-Sâdiq (as), le Prophète (P) a dit : «Rajab est le mois de l’imploration du Pardon à Allah pour ma communauté. Multipliez-y donc l’istighfâr, car Allah est celui qui Pardonne et Il est Très Miséricordieux.

Le mois de Rajab est appelé Rajab al-açab (le verseur ou le déverseur), parce que la Miséricorde y est déversée sur la communauté à flot. Multipliez-y donc la récitation de la formule : « Astagh-fir-Allâha wa atûbu ilayhi» (J’implore le pardon d’Allah et je reviens vers Lui»

Sâlim, un compagnon de l’Imam Jafar al-Sâdiq témoigne : «Un jour je suis allé chez l’Imam al-Sâdiq (As), alors qu’il ne restait que quelques jours du mois de Rajab. L’Imam (as) m’a regardé et m’a dit : « O Sâlim ! As-tu jeûné quelques jours de ce mois ? » «Non, par Allah, o fils du Messager d’Allah », lui ai-je répondu. «Tu as donc manqué une telle récompense spirituelle que Seul Allah – Le Puissant et le Sublime – en connaît la valeur ! Car c’est un mois qu’Allah a valorisé et dont Il a amplifié le caractère sacré. Il a rendu obligatoire l’obtention de Sa Grâce pour ceux qui y jeûnent» m’a-t-il dit. «Je lui ai demandé alors : «O fils du Messager d’Allah ! Et si je jeûne les jours restants, obtiendrais-je la récompense décernée à ceux qui y jeûnent ? » L’Imam (p) dit : «O Salim ! Sache que celui qui jeûne un jour de la fin de ce mois, sera à l’abri des tourments de l’agonie et des tortures de la tombe. Celui qui jeûne deux jours de la fin de ce mois, il obtiendra un laisser passer sur (le Sirat) la Voie qui mène au Paradis. Celui qui jeûne trois jours de la fin de ce mois sera à l’abri des terribles épreuves du Jour de la Grande Terreur et obtiendra un relevé d’innocence de l’Enfer. »

Le jeûne pendant ce mois a beaucoup d’autres récompenses spirituelles. Celui qui ne peut pour une raison ou une autre jeûner pendant ce mois, qu’il récite chaque jour 100 fois le tasbîh (Glorification d’Allah) suivant pour obtenir l’équivalent de la récompense décernée au jeûne :


سُبْحانَ الاِْلهِ الْجَليلِ،

Gloire à Allah, le Majestueux !

Sub…æna-Allah al-Jalñli !

سُبْحانَ مَنْ لا يَنْبَغي التَّسْبيحُ إِلاّ لَهُ،

Gloire à Celui en dehors Duquel personne n’a le droit à la glorification !

Sub…æna man læ yanbaõi at-tasbñ…u illæ lahu !

سُبْحانَ الاَْعَزِّ الاَْكْرَمِ

Gloire à Allah le Plus Puissant, le Plus Noble !

Sub…æna-l-‘azñzi al-akram !

سُبْحانَ مَنْ لَبِسَ الْعِزَّ وَهُوَ لَهُ اَهْلٌ

Gloire à Celui Qui se revêt de la Puissance dont Il est tout à fait Digne !

Sub…æn man labi‡a al-‘izza wa Huwa lahu ahlun.

«Le premier pas vers la Religion, c'est la Connaissance d'Allah ;

la perfection de cette Connaissance, c'est croire en Son Unicité ; et la perfection de la croyance en Son Unicité, c'est Lui être fidèle.»(226)

«Allah n'accepte pas un acte que l'on accomplit sans le connaître, ni un savoir sans action. Car celui qui connaît, sa connaissance le conduit à l'action ; celui qui n'a pas d'action n'a donc pas de connaissance. La Foi est faite de parties complémentaires.»(227)

L'Unicité (Tawhîd) est le fondement de la compréhension et de la pensée en Islam. Elle est l'axe du Savoir et de l'Action. En un mot, elle est le point de départ et la base de la Législation, des Valeurs, de la Morale et du mode de pensée.

Le concept de "l'Unicité" fait partie du Fondement de la Civilisation islamique, qui se distingue par sa couleur "unicitaire" :

«L'Onction d'Allah ! Et qui peut donner meilleure onction qu'Allah ? C'est Lui Que nous adorons.» (Sourate al-Baqarah, 2 : 138)

C'est l'onction "unicitaire" qui distingue la Civilisation islamique des civilisations obscurantistes, et qui lui confère ses qualités missionnaires spécifiques. Et c'est cette onction "unicitaire" qui assigne à la conduite et à la pensée du Musulman un caractère distinctif.

Le Noble Coran et la Sunnah sont la source de la pensée et du mode de pensée doctrinal. Ils nous ont expliqué clairement la Doctrine de l'Unicité, montré l'Existence d'Allah, défini Ses Qualités de Perfection et démontré Sa Sainteté absolue. Dès lors, les fondements et les racines de cette Doctrine se sont parachevés, et les premiers Musulmans y ont cru après l'avoir apprise du Saint Prophète et du Coran.

L'Islam s'est répandu, les conquêtes musulmanes se sont multipliées, des peuples et des nations de civilisations et de philosophies obscurantistes, appartenant à la Perse, à l'Inde, à la Chine, etc. ont embrassé l'Islam.

De même, des adeptes du christianisme et du judaïsme déviés, et des gens ayant subi l'influence de la philosophie et de la théologie chrétiennes et juives sont entrés en Islam. En outre, des idées et des conceptions philosophiques grecques et autres ont été transposées en Islam. Il s'en est suivi que des controverses et des doutes se sont manifestés, et que des superstitions et des notions occidentales ont frayé un chemin dans la Doctrine islamique à travers cette infiltration civilisationnelle destructrice. La Doctrine "unicitaire" s'est trouvée ainsi troublée au sein de la catégorie des spécialistes de la Doctrine et des différentes questions qui y ont trait, ainsi que de la philosophie et de ses différentes branches, tels le problème de la fatalité et du libre arbitre dans la conduite humaine, le problème de l'extrémisme et de l'incarnation, de l'interprétation de "l'Ascension" et du "Voyage Nocturne". Tout ceci a provoqué des brouilles dans les idées et a conduit à la naissance de groupuscules et de courants doctrinaux égarés et déviés de la Doctrine "unicitaire". Les Imams d'Ahl-ul-Bayt, les uléma et les penseurs islamiques ont eu ainsi à s'engager dans une lutte de civilisation et de pensée très acharnée dont nous subissons encore de nos jours les traces évidentes -malgré la disparition de certains de ces groupuscules et courants égarés-, lutte qui a laissé des effets à la fois positifs et négatifs sur la pensée doctrinale, sur l'orientation de la pensée et du tafsîr des questions de la Doctrine. Dans cette lutte, les Imams d'Ahl-ul-Bayt -en raison de la pureté de leur Entendement, de la perfection de leur Connaissance des Sciences de la Chari'ah, de leur Savoir concernant Allah, et de leur assimilation intégrale du Livre d'Allah et de la Sunnah de Son Prophète- ont joué un rôle prépondérant dans la réfutation des soupçons, le rejet des équivoques, la dénonciation des courants égarés et déviés, et la défense du concept pur et originel de "l'Unicité".

Nous avons encore de nos jours, entre nos mains, les transcriptions des débats des Imams d'Ahl-ul-Bayt, leurs hadith et leur tafsîr de Versets qui traitent de "l'Unicité", s'évertuent à dissiper les équivoques de la pensée, à indiquer la Bonne Voie vers une compréhension adéquate de l'Islam authentique, à déjouer les tentatives de s'écarter de la signification réelle des Versets et d'en interpréter les apparences au gré des caprices personnels et des préjugés de la pensée égarée et déviée, ou selon une compréhension incertaine et hésitante. Leur méthode de compréhension du Livre d'Allah et leur Connaissance d'Allah ont permis la cristallisation de l'unité intellectuelle cohérente de la Doctrine de l'Unicité.

Quiconque étudie les Sciences de la Doctrine de "l'Unicité" et approfondit sa compréhension de l'unité de la structure doctrinale, ses branches et ses problèmes, conformément à la méthode de l'Ecole d'Ahl-ul-Bayt et à sa vision, constatera que la structure doctrinale et civilisationnelle gravite, dans sa totalité, autour de la Doctrine de "l'Unicité", et que celle-ci repose sur "la démonstration de la Perfection Absolue d'Allah, de Son dépouillement de tout manque et de la négation de tout associé, de tout semblable, de tout équivalent et de tout opposé à Lui."

L'Imam 'Alî a fixé les fondements de ce courant "unicitaire" lorsqu'il a déclaré :

«L'Unicité [Tawhîd] consiste à ne pas confondre quelqu'un avec Allah, et la Justice à ne pas L'accuser.»(228)

Dans un grand nombre de hadith, de débats et de déclarations, les Imams d'Ahl-ul-Bayt se sont appliqués à établir le bien-fondé de la Doctrine "unicitaire" et à réfuter les contestations et les doutes soulevés par les Mubtilîn(229) et les Zanâdiqah(230), tels qu'al-Dîdhânî, Ibn Abî al'Awjâ', Ibn al-Muqaffa', ainsi que par les athées, les Ghulât(231), les Mujassemah(232), les Mufawwadhah(233), les Jabarites(234)

, etc.

Nous allons maintenant passer en revue une partie de ces Principes "unicitaires", qui traduisent la Doctrine du Saint Coran et dessinent les fondements de la Science et de la Pensée "unicitaires" dans toute leur pureté et toute leur originalité.

Selon l'Imam Jafar al-Çâdiq, l'Imam 'Alî ibn Abî Tâlib a dit : «Connaissez Allah par Allah Lui-Même, le Messager par le Message, les Tuteurs(235)par la Commanderie du Bien, la Justice et la Bienfaisance...»(236)

Al-Fath ibn Yazid rapporte ce que l'Imam 'Alî ibn Mûsâ al-Redhâ lui a dit à propos de la Connaissance d'Allah :

«Lorsque je lui ai demandé ce qu'est la moindre connaissance [qu'il faut avoir], il m'a répondu : "Reconnaître qu'il n'y a de Dieu que Lui, qu'Il n'a ni semblable ni pareil, qu'Il a toujours existé, qu'Il est Immuable, Existant, Nécessaire et sans égal.''.»(237)

Lorsque Nafî' ibn al-Azraq a demandé à l'Imam Muhammad al-Bâqir : «Dis-moi quand Allah a été ?», l'Imam lui a répondu : «Mais quand n'était-Il pas pour que je t'informe de quand il était ? Gloire à Celui Qui a toujours existé, et qui existe toujours. Il est Unique et Impénétrable. Il n'a ni compagne ni enfant.»(238)

Selon l'Imam al-Çâdiq, un docteur a demandé à l'Imam 'Alî : «O Commandeur des Croyants ! Quand ton Seigneur a-t-il existé ?». L'Imam 'Alî lui a répondu : «Malheur à toi ! On demande : "Quand a-t-il existé" à propos de quelqu'un qui n'a pas toujours existé. Mais quand il s'agit de Quelqu'Un Qui existe depuis toujours, on ne demande pas "quand a-t-il existé", car Il existait avant "l'avant" sans avant, et après "l'après" sans après. Il n'a pas non plus une destination finale pour que Son But soit terminé.» «Es-tu donc un Prophète ?» demanda le docteur. Il a dit : «Malheur à toi ! Je ne suis qu'un des serviteurs du Messager d'Allah !»(239)

L'Imam Muhammad al-Bâqir a dit :

«Evitez absolument de vous interroger sur Allah ! Mais si vous voulez connaître Sa Grandeur, regardez la grandeur de Sa Création.»(240)

L'Imam Ja`afar al-Çâdiq a fait un jour la recommandation suivante à l'un de ses Compagnons, Muhammad al-Çâdiq :

«O Muhammad ! Les gens persistent à vouloir une explication rationnelle à tout, même lorsqu'ils parlent d'Allah . Lorsque vous entendez parler ainsi, dites : "Il n'y a de Dieu qu'Allah l'Unique, Qui n'a pas de semblable."»(241)

L'Imam Muhammad al-Bâqir disait :

«Parlez de tout sauf de l'Essence Divine.»(242)

Lorsqu'on demanda à l'Imam 'Alî : «Où Allah était-Il avant de créer le ciel et la terre ?» il répondit : «"Où" est un adverbe interrogatif de lieu. Or Allah a toujours existé, sans avoir besoin de lieu.»(243)

On a également demandé à l'Imam 'Alî :

«O Commandeur des Croyants ! As-tu vu ton Seigneur lorsque tu t'es mis à l'adorer ?» «Malheur à toi ! Je n'aurais pas adoré un Seigneur si je ne l'avais pas vu !» rétorqua l'Imam 'Alî. «Comment l'as-tu vu ?» insista son interlocuteur. «Les yeux ne peuvent l'atteindre par la vue, mais les coeurs le voient à travers les vérités de la Foi.»(244)

Muhammad ibn Hakîm raconte :

«Abû-l-Hassan Mûsâ ibn Ja'far a écrit à mon père : "Allah est trop Transcendant, trop Sublime et trop Grand pour qu'on puisse atteindre Sa Substance. Qualifiez-Le donc par les Attributs qu'Il s'est donné, et abstenez-vous du reste."»(245)

Al-Mufal-Dhal raconte :

«Lorsque j'ai demandé à Abâ-l-Hassan de m'expliquer l'Attribut [d'Allah], il m'a dit : "Ne dépassez pas ce qui est écrit dans le Coran."»(246)

'Abdur-Rahmân ibn 'Atik al-Qaçîr raconte :

«Lorsque j'ai écrit, sous la dictée de 'Abdul Malik ibn A'yan, à Imam Jafar al-Çâdiq : "Il y a en Iraq un groupe de gens qui décrivent Allah par l'image et la forme. Pourrais-tu donc -qu'Allah te protège - m'exposer la Doctrine juste de l'Unicité [Tawhîd] ?", il m'a répondu: "Tu as -qu'Allah te couvre de Sa Miséricorde- posé une question sur l'Unicité [Tawhîd] et ce qu'en ont dit ceux qui t'avaient précédé.

Allah - Qui n'a pas de semblable- Le Très-Haut, Celui Qui entend et Qui voit tout, est au-dessus de toutes les descriptions qu'en font les descripteurs et les anthropomorphistes qui dénigrent Allah. Sache donc -que la Miséricorde d'Allah soit sur toi- que la Doctrine correcte de l'Unicité [Tawhîd] consiste en les Attributs d'Allah -Le Très-Haut, Le Puissant- qui figurent dans le Coran. Renie donc toute fausseté attribuée à Allah - Il est Très-Haut - et tout anthropomorphisme. Allah, L'Immuable, est au-dessus des descriptions(247). N'allez pas au-delà de ce qui figure dans le Coran. Autrement vous vous égareriez après avoir été éclairés."»(248)

Concernant l'Unicité de l'Essence Divine et la négation de tout anthropomorphisme, Hamzah ibn Muhammad a écrit :

«Lorsque j'ai demandé à Imam Mussa al-Kâdhim de me parler du "corps" et de l'"image" [d'Allah], il m'a répondu : "Gloire à Celui auquel rien n'est semblable, et Qui n'a ni corps ni image."»(249)

Ainsi, ce qui précède nous montre que l'Unicité selon l'Ecole des Ahl-ul-Bayt reflète avec exactitude l'esprit et la lettre du Saint Coran concernant ce concept. Tout ce que les Ahl-ul-Bayt disent à propos de l'Unicité est une paraphrase des Versets coraniques. Ils ont ainsi sauvegardé l'intégrité de la Doctrine de l'Unicité, et réfuté les faussetés, les équivoques et les erreurs dont souffrait la pensée islamique à cette phase de la vie de la Ummah. De même, leurs déclarations et mises au point ont constitué une réplique tranchante aux Ghulât(250), aux Mufawwadhah, aux Mujassemah, et à ceux qui affirmaient qu'Allah est dissous dans une partie de Sa Création ou qu'Il est fusionné avec Sa Création. Elles devront également suffire à clarifier la pensée de tous ceux qui sont tombés dans les brouillards en confondant la Doctrine pure des Ahl-ul-Bayt avec les bêtises des Ghulât etc. qui se sont injustement réclamés des Ahl-ul-Bayt et que ceux-ci ont justement combattus.

Ceci dit, une mise au point s'impose à ce propos : les diviseurs des rangs de la Ummah, et ceux qui pêchent dans les eaux troubles, exploitent souvent la simplicité des Musulmans non avertis pour les induire en erreur en les laissant croire perfidement que l'Ecole d'Ahl-ul-Bayt -dont le trait le plus saillant est l'attachement aux Enseignements purs du Saint Coran et de la Sunnah - se confond avec les groupes et les groupuscules égarés (Ghulât, Mufawwadhah, etc.) qui se sont réclamés indûment des Ahl-ul-Bayt, lesquels les ont rejetés et ont rejeté leurs idées sans ménagements.

Sachez qu'Allah redonne la vie à la terre une fois morte. Certes, Nous vous avons exposé les preuves clairement afin que vous raisonniez. [57:17]

jeudi, 21 février 2013 19:17

Comment faire connaissance avec le Coran

Un jour, un ami et moi sommes montés dans un taxi. J'ai remarqué que le chauffeur avait déposé sur le devant de la voiture un Coran ouvert, comme le font beaucoup de conducteurs, pour se protéger contre les risques d'accidents. Mon ami fit alors une remarque pertinente et demanda au chauffeur:

- Apparemment, tu aimes le Coran et tu le vénères, autrement tu ne l'aurais pas déposé dans ta voiture

- Oui, je l'aime et je le sanctifie, mais je le mets ici surtout pour rechercher la bénédiction et pour me protéger contre les dangers, dit le chauffeur.

- Mais est-ce que tu le lis? lui demande mon ami.

- Non, répond-il.

- Si tu avais un pot de miel pur sur une étagère de ta cuisine, l'aurais-tu laissé comme un décor sans le savourer, en sachant surtout qu'à part sa douceur, le miel est un remède pour toutes sortes de maladies?

- Certainement pas, je l'aurais dévoré, autrement je ne l'aurais pas acheté, dit le chauffeur.

- Il en va de même pour le Coran. C'est un miel pur... pourtant tu l'as laissé sur le bord de la voiture, tout comme quelqu'un qui délaisse le pot de miel. Pourquoi n'essaies-tu pas de le goûter?

Le chauffeur ayant saisi l'allusion, sourit et dit: «Je le ferai Inchâ'Allah».

Pendant que ma pensée plongeait dans les propos de mon ami, je contemplais l'omniprésence de la verdure exubérante du printemps et je me demandais comment des gens pouvaient abandonner les coupes cristallines du miel coranique sur les étagères de leurs bibliothèques, de leurs maisons et les bords de leurs voitures sans tenter d'en tester la saveur. Car je suis certain que, s'ils y goûtaient, ils ne s'en détourneraient jamais au profit de quelque chose d'autre. C'est un miel qui n'est pas comme les autres miels dont la saveur disparaît dès qu'ils quittent la langue. En effet, la douceur du miel coranique ne quitte jamais la langue de l'intellect, la langue du coeur et la langue de l'âme.

C'est un appel qui s'adresse à vous, jeune Musulman et jeune Musulmane, pour que vous débouchiez avec moi les coupes de ce miel afin d'y goûter ou d'apprendre comment le savourer.

Il est vrai que de prime abord, ce plaisir tant vanté par les connaisseurs et amoureux du Coran n'est pas si évident pour un débutant, lequel pourrait n'y rien voir d'extraordinaire, de captivant ou d'attachant. Mais le secret du Coran réside dans le fait que plus nous le lisons, plus nous nous y plongeons, et plus nous y découvrons des délices qui nous attachent indissociablement à sa lecture.

Pour pouvoir, nous aussi, ressentir et comprendre un jour cet état sublime, essayons de répondre à quelques questions vitales qu'il est nécessaire que les fils du Coran, dont vous faites partie, connaissent:

1- Comment le Coran s'est-il décrit lui-même?Et que pourrions-nous tirer de cette description?

2- Le Prophète (P) et les Imams issus de sa famille (p) ont accordé au noble Coran l'attention et le soin qu'il mérite. Comment l'ont-ils donc décrit?Et quel était leur rapport à lui?

3- Le Coran nous a appris lui-même les manières dont nous devrions traiter avec lui. Quelles sont donc ces manières?

4- Beaucoup de Musulmans négligent ce Livre sacré et faillent à leur devoir envers lui. Comment le Coran critique-t-il ceux-ci? Et nous, en faisons-nous partie?

5- Le Coran est le livre de la Vie, dans toutes ses dimensions. Que faire donc pour qu'il coule dans ta vie? Quels sont les meilleurs moyens de traiter avec ce Livre pour vous, les jeunes?

6- De même que chaque chose a un droit sur nous, notre premier Livre a des droits sur nous. Comment pourrions-nous donc nous acquitter de notre devoir envers lui?

7- Le Coran est une école. Comment pourrais-je en tant que jeune homme ou jeune fille entrer dans cette école pour y construire ma personnalité?

Le Coran se décrit ainsi:

Comment le Coran s'est-il décrit et de quelle façon pouvons-nous déduire des données de cette description?

Il s'est présenté à nous et nous a fait connaître son rôle dans notre vie sous une variété d'expressions et de noms. Ces expressions et noms qui le désignent ne sont pas que de synonymes divers pour désigner une seule et même chose. Non, loin de là ce sont des descriptifs dont chacun indique une signification différente et décèle une dimension particulière. En d'autres termes, chacun des noms du Coran recèle une vérité spécifique.

Ainsi, le Coran est une «Lumière»qui dissipe les ténèbres qui voilent le cœur, et illumine ses sentiments. C'est une Lumière qui dissipe les noirceurs accumulées autour de l'intellect et libère ainsi ses idées. C'est une Lumière qui chasse les obscurités enveloppant l'âme et ravive ainsi ses désirs. C'est une Lumière qui dissipe les ténèbres qui planent sur la vie, nous permettant de découvrir ainsi la voie de notre mouvement:

«Une Lumière et un Livre clair vous sont venus d'Allah».

Le Coran est une source de «Clairvoyance». Or la clairvoyance est la conscience ou l'oeil intérieur par lequel nous voyons la Vérité et le Bien - et nous les suivons -, ainsi que le Faux et le Mal - et nous les évitons. Elle est comme l'oeil extérieur qui requiert une lumière pour pouvoir voir, et c'est le Coran qui est sa lumière:

«Ceci (Le Coran) constitue pour les hommes une source de clarté, un guide et une miséricorde pour les gens qui croient avec certitude».

Le Coran est aussi une «Guidance (un Guide)»vers le Droit Chemin après l'égarement et la déviation. Or, aucun d'entre nous ne saurait retrouver quoi que ce soit dans l'obscurité. Avez-vous essayé de voir un objet après une panne d'électricité et l'extinction de la lumière?:

«Voilà le Livre, Il est sans aucun doute une guidance pour les Gens pieux».

Le Coran est «Guérison», et qui, sinon le malade a besoin de cette guérison? Le Coran est aussi un remède contre la haine, la rancune, l'envie, la détestation, l'esprit de vengeance, l'esprit du corps et l'agressivité qui s'agitent dans les poitrines, et contre la duperie, le vol, l'adultère, l'usure, l'agression, et tous les autres maux que nous rencontrons dans notre vie. Ainsi le Coran assure notre bonne santé et notre sécurité individuelles et sociales:

«O vous les hommes Une exhortation de votre Seigneur, une guérison pour les coeurs malades, une Direction et une Miséricorde vous sont déjà parvenues (sous forme de Coran) à l'adresse des croyants».

Le Coran est une «Miséricorde». C'est une grande porte qui nous est ouverte lorsque toutes les autres se referment devant nous. C'est un coin d'ombre protecteur dans lequel nous nous réfugions lorsque la chaleur torride nous brûle. C'est une tendresse qui nous couve lorsque nous sommes rejetés et honnis.

Ainsi, la Miséricorde est constituée de grâces manifestes et cachées et de bienfaits externes et internes:

«Voilà que vous sont venus, de votre Seigneur, preuve évidente, guidance et miséricorde».

Le Coran est aussi «Raffermissement»de la foi, de notre personnalité et de notre volonté, car les durs défis, les nombreuses difficultés, les impitoyables calamités, l'oppression cruelle et les secousses sociales, politiques, économiques et psychologiques auxquels nous sommes exposés nécessitent une structure solide et constamment renforcée:

«Nous l'avons (le Coran) révélé ainsi pour raffermir ton coeur, et Nous l'avons récité avec soin».

Le Coran est aussi un «Rappel». Et le rappel est l'opposé de l'inattention, laquelle est distraction, insouciance, négligence et éloignement des sources de la Lumière, de la Miséricorde et de la Guidance (qu'est le Coran), alors que le rappel c'est comme une voiture qui retourne sur la chaussée après s'en être écartée, car si le chauffeur néglige de la ramener immédiatement sur la voie, il encourrait des dangers qui pourraient lui coûter la vie.

Ainsi, le rappel est l'éveil de l'esprit, le réveil du coeur et la vigilance de l'âme. En d'autres termes, le Coran nous rappelle toujours qu'il y a un Seigneur qui veille sur nous, qui nous entoure de Sa Miséricorde, qui regarde tout, qui attire notre attention, qui raffermit nos pas, qui punit nos mauvaises actions et qui nous guide vers les voies de la paix, du bien et du bonheur:

«Ceci (le Coran) est un Rappel adressé aux mondes».

Le Coran est également un «Rappel» pris dans son sens opposé à «oubli». Or nous oublions où plutôt Satan nous fait oublier souvent notre Seigneur, notre Religion, notre responsabilité, le but de notre existence dans ce monde et les enseignements de notre Constitution divine. Et ce sont les versets coraniques qui viennent nous rappeler à l'ordre:

«Une Guidance et un Rappel aux hommes doués d'intelligence».

Mais le Coran est aussi et surtout un Rappel de la connaissance d'Allah et de Ses Signes qu'Il a déposés dans les coeurs des hommes, c'est dire que la lecture du Coran permet à l'homme de recouvrer sa croyance innée en Allah et en Ses Signes.

Si tu cesses les contacts avec un cher ami en omettant de lui téléphoner ou de lui écrire des lettres pour renouveler les souvenirs communs, il sortira peu à peu de ta mémoire et même de ta vie. Il en va de même pour le Coran: il est un rappel pour ceux qui veulent se rappeler, autrement, il se séparera de leur vie et ils se sépareront de lui.

Le Coran est aussi une «Exhortation», ou plutôt c'est la meilleure de toutes les exhortations, car quiconque recherche des exhortations éloquentes, ne trouve guère meilleure exhortation que lui (le Coran): ses exhortations portent sur les anciennes nations, sur la mort qui nous attend tous sans exception, sur la vie ici-bas, laquelle n'est que jouissance précaire et demeure de divertissement et de vanité:

«Voici une explication claire destinée aux hommes une Direction (Guidance) et une exhortation pour ceux qui craignent Allah».

Le Coran est aussi un «Éclaircissement de toute chose», c'est-à-dire qu'il englobe tout et ne laisse chez le lecteur aucun besoin de recherche dans une autre source. Car il est la source vers laquelle se dirigent tous les assoiffés de la Science, de l'Éthique et du Savoir. Il contient les questions essentielles et les grands principes fondamentaux de l'humanité et de l'univers:

«Nous avons fait descendre le Livre sur toi, comme un éclaircissement de toute chose, une Direction, une Miséricorde et une bonne nouvelle pour ceux qui se sont soumis (à Allah)».

Le Coran est aussi un «Déploiement d'exemples». Un exemple est un cas semblable à d'autres on le cite pour en tirer une leçon ou un enseignement concret. Le Coran cite fréquemment les exemples des nations passées ou anciennes. De même que les peuples qui nous ont précédés avaient vécu leurs expériences en accomplissant ce qu'Allah leur demandait, et en s'abstenant de ce que leur Créateur leur interdisait, de même nous devons suivre leur exemple pour être en phase avec le but de notre existence que notre Créateur a fixé. C'est pourquoi le Coran nous raconte souvent les histoires des peuples anciens et nous invite à méditer leurs traces et les sorts qu'ils avaient subis:

«Oui, Nous avons adressé aux hommes toutes sortes d'exemples dans ce Coran».

Le Coran est aussi, un «Discernement», c'est-à-dire un critère qui nous permet de distinguer le Vrai du Faux, le Bien du Mal, la Justice de l'Injustice, la Misère du Bonheur, la Science de l'Ignorance, la Force de la Faiblesse, la Véracité du Mensonge, le Salut de l'Anéantissement:

«Béni soit Celui Qui a révélé la Loi à Son serviteur afin qu'il devienne un avertisseur pour le monde».

Si le Coran ne distinguait pas la Lumière de l'Obscurité, nous aurions été dans la confusion totale, nous aurions peut-être pris la lumière pour de l'obscurité, et l'obscurité pour de la lumière, comme cela arrive pour beaucoup de gens.

Ce sont quelques traits caractéristiques du Coran tels qu'ils sont présentés par le Noble Livre lui-même. Que pouvons-nous en tirer?

1- Chaque trait caractéristique du Noble Livre est un facteur d'attirance, d'attraction et d'incitation à l'entrée dans son monde (du Coran), ou plutôt ses nombreux mondes lumineux, pour découvrir ce qu'ils renferment.

2- La diversité et la multitude des attributs et des noms du Coran indiquent que ses esthétiques et ses perfections sont multiples: il n'est pas seulement guérison, ni seulement miséricorde, mais cumulent tous les qualificatifs qu'il se donne, ce qui nous appelle à saisir et à exploiter tous ses avantages.

3- Le long rapport des Musulmans à leur premier Livre a montré que chacun de ces attributs du Coran est avéré et étayé par des millions d'expériences individuelles et sociales. Or lorsqu'une chose est démontrée et confirmée par l'expérience, sa véracité ne saurait souffrir le moindre doute. Il nous suffit de l'expérimenter nous-mêmes en nouant une relation intime avec lui. Essayons donc de le lire et relire, de le méditer et d'approfondir chacun de ses mots, de ses récits, de ses enseignements.

Le Coran tel qu'il est décrit par le Prophète (P)

Personne ne saurait mieux décrire une chose que celui qui l'a expérimentée, l'a goûtée et a vécu avec elle en symbiose de tout son être: dans son esprit, son âme, son coeur et sa conduite, jusqu'à ce qu'il s'y identifie complètement. Or, c'est le cas du Prophète (P) et des Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) dans leur relation avec le Coran. De ce fait ils sont devenus le Coran parlant, incarnant tous ses enseignements, son éthique et ses statuts silencieux. Ce sont eux, et eux seuls qui se trouvent à même d'expliquer chaque lettre, chaque point et chaque signe de ce Noble Livre. Que disent-ils donc du Coran?

Le Prophète (P) dit: «Le Coran est une Richesse illimitée qui comble tous les manques et besoins», c'est dire qu'il vous fait vous passer de toute autre source et qu'avec lui vous n'aurez besoin de rien d'autre, car sa richesse est intrinsèque et qu'il ne la tire que du Riche Absolu, Allah.

Or, la richesse, comme on le sait, n'est pas quelque chose de matériel seulement. Le Coran assure la richesse de l'esprit en le nourrissant de toutes sortes de savoir, de science et d'expérience. Il enrichit le coeur en le dotant d'une bonne hygiène psychologique. Il enrichit également l'âme en lui offrant toutes les occasions de transcendance, de sublimation et de perfectionnement. Le Coran c'est enfin la richesse de la vie, car il permet à celle-ci de rechercher à travers lui les solutions aux problèmes qu'elle rencontre, et de développer grâce à lui ses ressources potentielles.

Le Prophète (P) qualifie le Coran de «remède», c'est-à-dire une pharmacie qui a un médicament pour chaque maladie, qu'elle soit individuelle ou sociale. Or, lorsqu'il y a un médicament qui a fait ses preuves, le malade se rassure que sa maladie, quelle que soit sa gravité, est traitable et guérissable.

Le Messager d'Allah (P) décrit le Coran comme renfermant des «merveilles infinies», c'est dire qu'il ne contient pas seulement une ou quelques merveilles, mais que chaque mot et chaque verset qui le composent, est une merveille, des merveilles éternelles qui demeurent tant que le Coran demeurera. Ceci nous incite évidemment à aller y rechercher ses merveilles avec enthousiasme, tout comme nous accourons vers une île avec curiosité et grand zèle, lorsqu'on nous dit qu'elle renferme des merveilles, des trésors et des choses mystérieuses pour essayer de les découvrir. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs, la bibliothèque coranique, bien qu'elle soit riche en ouvrages de commentaires (tafsîr) et de toutes sortes de sciences coraniques, ses étagères sont et seront toujours prêtes à en accueillir des nouveaux. Car de par sa nature, il offre des possibilités de recherches inépuisables et infinies.

Le Prophète (P) a considéré l'apprentissage et l'enseignement du Coran comme l'un des critères de distinction entre les Musulmans: «Les meilleurs d'entre vous sont ceux qui ont appris le Coran et l'ont enseigné».

De même il a jugé que les plus nobles de la Communauté musulmane sont les mémorisateurs du Coran: «Les nobles de ma Communauté sont les porteurs du Coran et ceux qui veillent la nuit en accomplissant des actes d'adoration».

Or, mémoriser ou porter le Noble Livre signifie dans l'optique du Prophète (P) appliquer ses enseignements. Autrement, le porter sans mettre en pratique ses préceptes, équivaudrait à l'attitude des Banî Isrâ'îl qui ne se conformaient pas aux stipulations de leur Livre:

«Ceux qui ont été chargés de la Thora mais qui ne l'ont pas appliquée sont pareils à l'âne qui porte des livres. Quel mauvais exemple que celui de ceux qui traitent de mensonges les versets d'Allah et Allah ne guident pas les gens injustes».

Il ne suffit donc pas de lire le Coran, comme le font beaucoup de Musulmans, sans essayer de comprendre et de méditer ses significations, ni de le mémoriser sans appliquer ses prescriptions. A quoi bon avoir une bibliothèque riche en ouvrages précieux et très instructifs, si on ne daigne jamais en ouvrir un?

Sans doute, le hadith le plus important du Prophète (P) à cet égard est-il celui dans lequel il trace la voie que sa Communauté doit emprunter après sa disparition:

«Je vous laisse les deux Poids auxquels tant que vous vous accrocherez, vous ne vous égarerez jamais: ce sont le Livre d'Allah et ma progéniture, les Gens de ma Maison (les Ahl-ul-Bayt)».

Car être à l'abri de l'égarement, de la déviation de la ligne islamique après le Prophète (P) passe par deux soupapes de sûreté: s'attacher au Livre d'une part, et à ceux qui en possèdent la science, d'autre part.

Les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) qui tiennent leurs Hadiths du Prophète (P) nous disent que le Coran est une guérison de la mécréance, de l'hypocrisie, de l'égarement et de la déviation, et qu'il dérouille les coeurs et les rend comme un fer dérouillé qu'il paraît nouveau à toutes les époques, qu'il est le meilleur compagnon lors de la solitude, que personne ne le fréquente sans partir chaque fois avec un plus ou un moins : un plus de guidance et un moins d'aveuglement.

Reste à savoir comment le Prophète (P) et les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) ont traité avec le Coran et comment nous demandent-ils de traiter avec lui? On peut résumer la réponse dans les points suivants:

1- Traduire dans la pratiquetout ce qui figure dans le Coran, ou se mettre au diapason de ce Livre sacré: lorsqu'on a demandé à l'une des épouses du Prophète (P). «Comment était le caractère du Messager d'Allah?», elle répondit: «Dois-je abréger ou détailler?» On lui demanda alors d'abréger. Elle dit: «Le Coran était son caractère».

Par quoi Allah a ennobli le caractère du Prophète (P) en lui disant: «Tu es certes, d'une moralité éminente»? Comment doit être dans ce cas notre conduite islamique?

2- La Lecture:«L'École coranique parlante» (le Prophète (P) et les Ahl-ul-Bayt (p)), nous apprend aussi comment lire le Coran silencieux:

a)- La récitation du Coran pendant la prière vaut mieux que sa récitation en dehors d'elle. En effet, selon le Messager d'Allah (P): «La lecture du Coran pendant la prière est préférable à sa récitation hors prière, mais la lecture du Coran en dehors de la prière est préférable à d'autres formes d'invocation d'Allah». Sans doute la préférence donnée à la lecture du Coran dans la prière tient-elle au fait qu'il est la parole d'Allah adressée à l'homme, alors que la prière est la parole de l'homme adressée à Allah. Par conséquent la lecture du Coran dans la prière transforme en dialogue notre monologue avec notre Créateur.

b)- Lire le Coran (en ouvrant le Livre) est préférable à sa récitation par coeur, selon le Prophète (P). La raison en est peut-être le fait que l'oeil est la fenêtre de l'intellect et du coeur, et c'est à travers le courrier visuel que les messages de la guidance coranique sont acheminés vers les centres de notre conscience.

Il arrive que vous vous représentiez un visage agréable que vous aviez connu un jour et que cette représentation mentale vous fasse plaisir, mais si ce visage se trouve face à vous et que vous le regardiez et méditiez ses beaux traits de près, le plaisir ressenti serait nettement plus grand.

Mais s'il est difficile de connaître tous les secrets de cette recommandation, comme d'ailleurs tous les autres préceptes prophétiques ou divins, il est permis toutefois de penser que le fait de recommander la lecture de la Parole d'Allah dans le Coran, même lorsqu'on connaît le texte par coeur, c'est pour éviter tous risques de déformation et de modification dans cette Parole d'Allah éternelle.

En effet, on sait maintenant que l'une des principales causes de la non-maîtrise de l'orthographe, de plus en plus criante chez les élèves en particulier, est la prépondérance de l'audio-visuel de nos jours, au détriment de la lecture. On peut donner un exemple très significatif de cette vérité: si vous demandez à des gens même cultivés, ou qui ont un niveau d'études ou de culture moyen de vous écrire le mot «pèlerin», ils l'écriraient «pélerin» en étant sûrs que c'est l'orthographe correcte de ce mot. La raison en est que la prononciation de ce mot a subi une modification dans la langue parlée, et il n'est pas exclu qu'un jour les grammairiens et les puristes admettent devant le fait accompli la nouvelle orthographe de ce mot. Ce n'est qu'un exemple parmi bien d'autres qu'on pourrait citer. Et on sait que toutes les langues du monde ont connu une évolution certaine à travers les siècles, au point que la forme ancienne de ces langues n'est plus compréhensible pour les contemporains.

Or le Coran est la Parole d'Allah, et sa valeur réside justement dans cette qualité. Toute modification dans ses mots équivaudrait à la déformation de la Parole d'Allah. Par conséquent, la recommandation faite par le Prophète (P) il y a 15 siècles et dont nous découvrons de nos jours la portée et l'actualité scientifique montre combien les vérités coraniques sont des vérités éternelles, et doit nous inciter à ne pas tarder à ouvrir ce Livre prodigieux et à prospecter ses richesses et découvrir une partie des secrets infinis qu'il renferme.

c)- La récitation soigneuse et l'embellissement de la voix: car la récitation du Coran produit un effet différent que la simple lecture, laquelle ne pourrait pas traduire toutes les significations des énoncés coraniques. En effet le Prophète (P) dit: «Embellissez le Coran par vos voix».

Certes, le Coran est en soi beau et abstraction faite de la qualité de notre voix, mais ce sur quoi la recommandation du Prophète (P) entend attirer notre attention, c'est que la belle voix incite à mieux écouter et méditer le contenu de la récitation. Il arrive sûrement à chacun de vous d'entendre l'azan, l'hymne, les chants, la récitation du du'â', d'une voix douce et mélancolique qui touche directement votre coeur et attire votre pensée consciemment ou inconsciemment sur les mots qui les composent.

d)- Réciter autant qu'on peut du Coran. Selon l'Imam al-Sâdiq (p): «Le Coran est le pacte d'Allah avec Sa créature. Il convient donc que le Musulman regarde ce pacte et en lise chaque jour cinquante versets». Évidemment ceci en moyenne, car c'est une recommandation et non pas une obligation. L'essentiel est qu'on lise chaque jour ce que l'on peut du Coran et que l'on ne néglige pas cette pratique bénéfique et hautement recommandée. Il est possible que l'on n'ait pas le temps de lire plus d'une page par jour et il vaudrait mieux qu'on se contente d'en lire une page par jour que de procéder à la lecture complète du Coran pendant un mois, et d'abandonner toute lecture pendant les onze mois restant de l'année.

Un lecteur du Coran avait l'habitude d'en réciter quelques versets chaque jour avant de dormir et quand il se réveillait. On lui a demandé pourquoi faisait-il cela, il a répondu: «Je le lis avant de dormir pour que la lecture du Coran soit mon dernier pacte de la journée, et je le fais à mon réveil pour que cette lecture constitue mon premier acte de la journée. En un mot je commence ma journée par le Coran et je l'achève par le Coran».

3- Interroger le Coran:c'est-à-dire le laisser couler dans la réalité de votre vie, résoudre vos problèmes, apaiser votre angoisse et enrichir votre culture. L'Imam Ali (p) dit à ce propos: «Voilà le Coran. Interrogez-le. Il ne parle pas, mais je vous dis ce qu'il peut vous apporter: il renferme la science de l'avenir, un discours sur le passé, le remède de vos maux, l'arrangement de ce qui se passe entre vous». C'est donc le livre du passé, du présent et de l'avenir.

Le passé, parce qu'il relate les histoires des anciennes nations, lesquelles histoires sont riches en leçons, en expériences, en maximes, axiomes et sentences.

Le présent, parce qu'il juge entre nous nos litiges et nous appelle à ce qui est de notre intérêt.

L'avenir, parce qu'il attire notre attention sur ce qui nous sera utile dans le futur et nous informe de ce qui attendra les peuples et les nations dans l'avenir et dans leur vie future et après leur mort.

L'Imam Ali (p) affirme que lorsqu'il avait entendu le Prophète (P) dire un jour, en parlant de l'avenir: «Il y aura des troubles», je lui demandai: «Et comment s'en sortir?», il me répondit: «Faites appel au Livre d'Allah, lequel vous relate les récits de ceux qui vous ont précédés, vous prédit ce qui adviendra à ceux qui vous succéderont, et arbitre entre vous, car le Coran est une parole décisive (qui tranche entre le vrai et le faux) et non une plaisanterie frivole».

L'interrogation du Coran, c'est-à-dire son application dans la réalité conduit à la découverte d'innombrables théories importantes, de concepts nouveaux et de méthodes de travail adéquates.

L'interrogation du Coran pourrait consister aussi à nous poser des questions et à y rechercher les réponses dans le Saint Livre, ou bien à méditer longuement et profondément ses versets, à sonder leurs contenus latents, déduire leurs suggestions implicites, et à nous inspirer de la pléthore d'idées judicieuses qu'ils renferment pour les appliquer dans les différents domaines de notre vie. Tout ceci est exprimé dans cette parole succincte des Imams d'Ahl-ul-Bayt (p): «Les versets du Coran sont des trésors: chaque fois que tu ouvres ces trésors, tu dois les regarder longuement». Un tel regard scrutateur et méditatif que les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) nous demandent de réserver aux versets coraniques requiert:

a)- Une lecture posée, attentive et réfléchie, et non une lecture en diagonale qui consiste à parcourir le texte très rapidement

b)- La scrutation et la profonde méditation des significations et des contenus des versets

c)- Le déploiement d'un effort particulier en vue de capter les différents horizons que projettent les versets coraniques car le Coran n'est pas un simple livre d'histoire, mais un livre d'histoire et d'actualité, et même l'histoire y est utilisée au service de la réalité.

4- Un discours universel:Le Coran ne s'adresse pas seulement au peuple parmi lequel il a été révélé, mais à toute l'humanité, à tous les hommes de toutes les époques, et même au dernier homme qui existera sur terre. De même qu'il s'adressait à l'Arabe de l'époque de la révélation, de même il s'adresse à vous et à moi, ainsi qu'à nos futurs arrière-petits-enfants et à leurs descendants. De là, les versets coraniques, même révélés à une occasion spécifique et concernant un individu ou un groupe particulier, regarde également tout le monde y compris nous-mêmes. Ainsi cette parole du Coran: «Nous vous nourrissons pour plaire à Dieu seul nous n'attendons de vous ni récompenses, ni gratitude»,bien qu'elle fût révélée dans une intention particulière, à savoir mettre en évidence les mérites de l'Imam Ali (p) et de Fatima al-Zahrâ' (p), qui se sont passés pendant trois jours consécutifs de leurs repas de rupture de jeûne pour les céder successivement à un indigène, un orphelin et un captif, elle s'adresse en réalité à tout un chacun et aux Musulmans de toutes époques pour les inciter à nourrir les nécessiteux pour la Face d'Allah, pour faire le bien par amour d'Allah et pour offrir l'aumône pour l'amour d'Allah. Elle nous demande à nous tous de nous adonner aux actes de bienfaisance uniquement pour l'agrément d'Allah et non celui des hommes, et sans aucun calcul d'intérêt personnel.

5- Le Coran est un critère: une échelle de mesure, un miroir et une balance qui sert à préciser la valeur des hadiths, des avis et des concepts. En d'autres termes, nous devons confronter chaque hadith de la Sunna au texte coranique afin de juger de son authenticité: s'il s'accorde avec le Livre d'Allah, nous l'adoptons, mais s'il s'y oppose, nous le rejetons. En effet, selon le Hadith: «Tout hadith qui ne concorde pas avec le Livre d'Allah est faux ornement».

6- Le Coran est un programme éducatifen vue de réformer les moeurs corrompues et promouvoir une noble morale. En effet, selon un hadith: «Allah - le Très-Haut, le Sublime - n'a fait à personne une exhortation égalable au Coran, lequel est la Corde solide qui relie à Allah (...). On y trouve le printemps du coeur et les sources de la Science. Le coeur n'a d'autre brillance que le Coran, lors même que ceux qui se rappellent sont partis et ceux qui restent sont les oublieux et les faux oublieux (qui font semblant d'oublier)».

Les expressions «printemps du coeur» et «la brillance du coeur» dénotent que la rouillure et la stérilité de l'âme dont souffrent certains d'entre nous requièrent un printemps pour transformer la stérilité ou la disette en une verdure mûre, et la rouillure en une face polie et brillante. Or, il n'y a que le Coran qui possède ce pouvoir. Selon un hadith: «Fais revivre ton coeur par les exhortations», car l'exhortation est une vie, et étant donné que le Coran est la meilleure et la plus efficace des exhortations, raviver nos coeurs stériles, rouillés et apathiques se fait par la visite du thérapeutique coranique. Quelqu'un qui souffre d'angoisse, d'insomnie et de troubles psychologiques ou psychiques ne recourt-il pas à un cabinet de traitement psychologique, psychanalytique ou psychiatrique? Essayez donc de vous diriger vers le centre thérapeutique coranique, et vous y verrez des merveilles

7- Les différents types de lecteurs du Coran: Certains hadiths ont classifié les lecteurs du Coran en différentes catégories. Ainsi, selon l'Imam Muhammad al-Bâqer (p), il y a trois sortes de lecteurs du Coran:

a)- Un homme qui en lisant le Coran en fait une marchandise lui permettant de se remplir les poches auprès des gouvernants et de se vanter devant les gens.

b)- Un homme qui en lisant le Coran mémorise ses feuilles, mais perd de vue ses stipulations.

c)- Un homme qui en lisant le Coran en utilise et en applique le médicament sur sa maladie.

La question qui se pose est: de quelle catégorie faisons-nous partie lorsque nous lisons le Coran? Il est évident que chacun de nous doit souhaiter être classé dans la troisième catégorie.

8- Notre Référence doctrinale:Certains hadiths nous indiquent que la connaissance de nos doctrines et croyances ne peut être acquise d'une façon juste qu'à travers le Coran, lequel a fixé les repères de la voie à emprunter de telle sorte qu'il n'y ait pas moyenne de s'égarer.

Selon un hadith: «Demandez votre voie vers votre Seigneur au Coran». Or, si ce Livre Sacré est notre guide vers notre Seigneur, il va de soi qu'il est aussi notre guide vers la Prophétie de notre Prophète (P), vers notre résurrection le Jour du Jugement et vers les fondements et les branches de notre Religion.

Comment le Coran nous demande-t-il de traiter avec lui?

Par Sa Grâce et Sa Miséricorde, Allah, le Très-Haut, a appris aux Musulmans comment traiter avec leur Livre Premier. En effet, plusieurs versets coraniques nous le font savoir:

1- La méditation: «Ne méditent-ils pas le Coran? Ou y a-t-il des cadenas sur leurs coeurs?»

Cela signifie qu'il faut déployer tous les efforts possibles pour réfléchir à chaque mot, à chaque stipulation, à chaque parabole du Coran, afin d'essayer d'atteindre tout ce qui est accessible de leur portée, et ne pas se contenter de lire ce Livre riche en enseignements de toutes sortes comme une juxtaposition de signifiants (mots) et de belles phrases rhétoriques. Autrement, on risque d'être semblable à ceux dont les coeurs sont verrouillés, imperméables à la lumière du Coran et à ses innombrables bienfaits. Or un coeur privé de l'éclairage du Coran et fermé aux brises du Livre céleste est un coeur à l'air vicié et plongé dans l'obscurité, comme une ruine ou une maison abandonnée. La lumière coranique ne pénètre que dans une oreille attentive à la Parole d'Allah, dans un coeur qui le médite et une âme réceptive à ses pluies irrigatrices.

2- La compréhension:Car Allah dit: «Oui, Nous avons facilité la compréhension du Coran en vue du Rappel. Y a-t-il quelqu'un pour s'en souvenir?».

Le Coran est clair, explicite et facile à comprendredans les différentes composantes de son tissu: ses récits, ses leçons à tirer, ses concepts et ses préceptes. Tout ce qu'il renferme constitue des directives et des prescriptions divines visant à nous sortir du cercle de l'oubli et de l'insouciance vers les mondes de la conscience, du rappel et du réveil.

Beaucoup de facteurs nous aident à lire le Coran avec réflexion et méditation, dont:

a)- Lire ce que nous pouvons du Coran, c'est-à-dire ce que nos circonstances nous permettent d'en lire. Lorsque Allah nous dit: «Récitez donc ce qui vous est possible du Coran», cela signifie que nous ne sommes pas tenus à lire un nombre déterminé de versets coraniques chaque jour ou à chaque lecture, mais que nous avons la liberté d'en lire ce que nous pouvons. Car ce qui importe avant tout ce n'est pas le nombre de versets ou de Sourates qu'on lit, mais la qualité de la lecture, une lecture marquée par la réflexion et la méditation sur chaque mot et chaque verset que nous récitons.

b)- Lire lentement: Allah dit «Un Coran que Nous avons fragmenté, pour que tu le lises lentement aux gens», afin que les Musulmans apprennent ce Livre divin peu à peu, fragment par fragment. Il est dit d'après la Tradition que le Prophète (P) apprenait aux Musulmans chaque fois dix versets. Il ne passait aux dix versets suivants qu'une fois qu'ils avaient assimilé les dix précédents. Il va de soi que l'apprentissage ne se limitait pas à la mémorisation des mots et à la compréhension des sens, mais comprenait également l'application des principes et enseignements que sous-tendaient les versets appris.

3-L'Isti'âthahavant la lecture: Allah dit: «Lorsque tu lis le Coran, demande la protection d'Allah contre le Diable banni», car le propre du Diable est de nous distraire de tout acte de bienfaisance et de toute bonne action par lesquels nous recherchons la proximité d'Allah, puisqu'il a promis et juré: «Je les guetterai sur Ton Droit Chemin (pour les en éloigner)».Donc pour entrer dans l'univers du Coran sans obstruction, nous nous devons de solliciter la protection d'Allah contre le Diable banni qui fait tout pour nous distraire et nous empêcher de tirer du Livre céleste tout ce qu'il peut nous apporter. En effet, le meilleur protecteur, le meilleur défenseur et le meilleur conjurateur contre les menées subversives du Diable est Allah: «Je cherche la protection du Seigneur des hommes, Roi des hommes, Dieu des hommes, contre le mal du tentateur qui se dérobe furtivement, contre celui qui souffle le mal dans les coeurs des hommes, qu'il soit au nombre des djinns ou des hommes».Autrement nous risquerions de nous contenter de prononcer des mots abstraits ou des signes graphiques machinalement sans chercher à méditer leurs profondes significations, et de terminer ainsi la lecture de la sourate coranique sans en laisser des traces sur notre conscience . Or une telle lectureirréfléchieou mécanique équivaut à un bavardage, c'est-à-dire inutile.

4- L'Écoute et le silence:Conformément à cette stipulation divine: «Et lorsqu'on récite le Coran écoutez-le attentivement et observez le silence, afin que vous obteniez la Miséricorde (d'Allah)».Car celui qui entend le Coran dans des moments où il a l'esprit tranquille et qu'il l'écoute attentivement, ne le percevrait pas de la même manière dont il le perçoit lorsqu'il est distrait. Combien de fois ne nous est-il pas arrivé de lire des versets coraniques sans qu'ils laissent en nous des effets particuliers, alors qu'en les écoutant réciter lentement par une voix mélancolique et affligée qui inspire le recueillement, nous ressentons fortement l'incarnation de ce qu'ils dénotent, comme si nous vivions de visu les spectacles terrifiants de l'Enfer ou euphorique du Paradis. De même, il arrive que l'écoute attentive de la récitation lente et mélancolique de certains versets coraniques, que nous avions lus sans qu'ils nous aient laissés indifférents, éveille en nous le désir de l'accomplissement des bonnes actions et la répugnance de la malveillance et de la méchanceté.

N'est-il pas dit qu'un groupe de Djinns souscrit au Coran après l'avoir écouté N'est-il pas dit aussi qu'un groupe parmi les polythéistes de Quraych adoptèrent le Coran après l'avoir écouté N'est-il pas dit qu'un groupe de non-musulmans s'attachèrent au Coran après l'avoir écouté Qui sait Un verset coranique eût pu (et peut) changer le cours d'une vie d'un homme ou même d'un peuple

5- La Récitation lente et soignée (tartîl): permet d'embellir la voix qui récite le Coran, et de laisser un plus grand effet sur l'auditeur: «Et récite le Coran lentement et avec soin».Le Prophète (P) nous dit à ce propos: «Toute chose possède une parure, celle du Coran est la belle voix».

6- Se référer aux gens du Rappel: lesquels sont les connaisseurs avérés et désignés du Coran, à qui nous devons nous référer pour connaître les significations et les sens des versets coraniques, puisque Allah nous dit: «Interrogez les gens du rappel, si vous ne le savez pas»et «Ne connaît son interprétation qu'Allah et ceux qui sont enracinés dans la Science».Mais qui sont ces connaisseurs du Coran à qui Allah nous renvoie pour mieux comprendre Son Livre? Les avis des mufassirs(interprète ou exégètes du Coran) divergent à ce sujet, mais il est très probable et vraisemblable que les gens désignés par ce terme sont les Imams d'Ahl-ul-Bayt (p) qui tiennent la Science du Livre du Prophète (P) lui-même. Or, qui mieux que lui, à qui le Coran a été révélé pourrait connaître les tenants et les aboutissants du Livre céleste? On pourrait évidemment se référer de nos jours et en l'absence des Imams, aux Ulémasde la Umma, qui ont appris la science coranique par des méthodes adéquates et dont les interprétations sont dépouillées d'extrémisme partisan, d'impropriété, et d'idées extravagantes.

Et c'est Lui qui vous a assigné les étoiles, pour que, par elles, vous vous guidiez dans les ténèbres de la terre et de la mer. Certes, Nous exposons les preuves pour ceux qui savent! [6:97]

Fendeur de l'aube, Il a fait de la nuit une phase de repos; le soleil et la lune pour mesurer le temps. Voilà l'ordre conçu par le Puissant, l'Omniscient. [6:96]

C'est Allah qui fait fendre la graine et le noyau: du mort il fait sortir le vivant, et du vivant, il fait sortir le mort. Tel est Allah. Comment donc vous laissez-vous détourner?[6:95]