تحریری

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vendredi, 19 juin 2015 13:42

Le Morale durant le Mois Ramadan

 

Les Actes A Accomplir Durant Ce Mois


Nos Infaillibles (paix sur eux) ont transmis des actes à accomplir durant ce mois.

• Eviter les actes illicites

Après que Le Saint Prophète (Paix sur lui et ses descendants) finit de prononcer Son sermon sur le mois de Ramadan, Imam Ali (Paix sur Lui) dit ; je me suis levé et j’ai demandé :

«O L’Envoyé de Dieu ! C’est quoi le meilleur acte durant ce mois ?»

Il (Paix sur lui et ses descendants) a répondu :

«O Aba-al-Hassan, le meilleur acte durant ce mois est de s’éloigner des interdis de Dieu»

•Glorifier Dieu et chanter Sa Grandeur

«Le mois de Ramadan …afin que vous complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés et afin que vous soyez reconnaissants».

Imam Jafar Al-Sadiq (Paix sur Lui) nous rapporte : «Quand c’était le mois de Ramadan, Imam Sajjad as ne parlait que pour invoquer, glorifier (faire le tasbih), demander pardon à Dieu et chanter Sa grandeur (faire le takbir)»

• Eviter les paroles inutiles et illicites

Imam Sadiq (Paix sur Lui) nous rapporte :

«Quand c’était le mois de Ramadan, Imam Sajjad (Paix sur Lui) ne parlait que pour invoquer, glorifier, demander pardon à Dieu et chanter Sa grandeur»

«Gardez votre langue» Le Saint Prophète (Paix sur lui et ses descendants).

• Passer son temps à lire Le Livre de Dieu.

Le Saint Prophète (Paix sur lui et ses descendants) dit :

«Lisez beaucoup le Coran durant ce mois»

• Jeûner la journée et prier la nuit.

Imam Sajjad (Paix sur Lui) : «O Mon Dieu ! Aide-nous à jeûner durant son jour et à prier durant sa nuit»

• Renouer les liens de parenté et se rapprocher de ses voisins.

Imam Sajjad (Paix sur Lui) : «O Mon Dieu ! Fait que nous arrivions, durant ce mois à établir le lien de parenté par le bien et le rapprochement, à prendre soin de nos voisins par bienveillance et don»

«Renouez vos liens de parenté» Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

• Faire l’aumône.

«Faites l’aumône à vos pauvres et à vos indigents» Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants)

Imam Sajjad (Paix sur Lui) :

«O Mon Dieu ! …Fait que nous arrivions (durant ce mois) à purifier nos biens des impuretés par l’aumône»

• Etre indulgent.

«Soyez affectueux envers les orphelins des autres … soyez miséricordieux envers vos jeunes… celui qui réduit, durant ce mois, les charges de ses domestiques, Dieu allégera son compte (le jour du jugement)». Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

• Invoquer Dieu et Lui demander pardon et faire de longues prosternations.

«Augmentez durant le mois de Ramadan l’invocation et la demande de pardon car l’invocation fait partir la calamité et le pardon fait disparaître vos péchés» Imam Ali (Paix sur Lui).

«Allégez-les (les péchés) par le prolongement de vos prosternations» . Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

• Prier beaucoup sur Le Saint Prophète.

«Et celui qui prie beaucoup sur Moi durant ce mois, Dieu alourdira (des bonnes actions) sa balance, le jour où les balances s’allègerons». Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

• Donner le repas de la rupture du jeûne.

«Evitez l’enfer, ne serait-ce qu’avec la moitié d’une datte (offert pour la rupture du jeûne)». Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

«Celui qui donne à un jeûneur un repas de rupture (iftar), aura la même récompense que le jeûneur». Imam Sadiq (Paix sur Lui).

• Veiller la nuit du destin.

D’autres actes sont recommandés durant ce mois, comme lire certaines invocations spécifiques. Pour plus de détails se référer au livre Mafatih-al-jinan.

Le malheureux du mois de Ramadan.

«Malheureux est celui qui est privé du pardon de Dieu durant ce mois grandiose» Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

«Celui qui n’est pas pardonné durant le mois de Ramadan, durant quel mois sera-t-il pardonné ?» Le Saint Prophète (Paix sur Lui et ses descendants).

«Celui qui n’est pas pardonné durant le mois de Ramadan, ne sera pas pardonné jusqu’au prochain mois de Ramadan sauf s’il se présente sur la place d’Arafat (à la Mecque)» Imam Sadiq (Paix sur Lui).

En effet, si durant le mois de Ramadan, nous n’avons pas réussi à utiliser les moyens mis à notre disposition pour se purifier et se rattraper, peut-on encore espérer de se rattraper durant les autres mois?

Les mois où les démons sont en liberté et sont prêt à inspirer à l’humain la voie de sa perdition. Pour cela en général, un croyant est moins en danger durant le mois de Ramadan que durant les autres mois. Car les démons sont enchaînés.

Les démons ne font que nous montrer le mauvais chemin, en nous faisant miroiter un bonheur qui est plutôt un mirage ou en nous faisant peur des difficultés. Dieu aussi nous invite vers la vraie vie qui est éternelle. «Le diable vous fait craindre la misère et vous commende des actions mauvaises. Tandis qu’Allah vous promet le pardon et grâce». Mais ni Dieu, ni les démons ne nous obligent. Nous avons le libre choix, entre la voie droite ou la perdition «Nous l’avons (l’homme) guidé (montré la voie droite), qu’ils soient reconnaissant (acceptent) ou ingrat (refusent la guidance)»

Les moyens mis à notre disposition ne servent à rien si nous avons choisis de suivre notre propre passion et si nous avons décidé de désobéir à notre Seigneur. Dans ce cas il n’y a plus d’espoir «Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion son dieu ? Est-ce à toi d’être un garant pour lui ?». Seul les vrais croyants répondent à l’appel et utilisent ce mois pour se purifier. D’où peut-être l’appel de Dieu lancé uniquement pour les croyants ; «O les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l’a prescrit à ceux d’avant vous, peut être atteindriez-vous le Taqwa(la piété)»

* Source: Réalisé par Nawsad Ali, Etudiant au Hawza Imam Khomeini à Qoum (Iran).

 

 

 


O vous qui croyez: Le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés1'.Peut-être craindrez-vous Dieu-

Jeûnez durant des jours comptés. Celui d'entre vous qui est malade ou qui voyage jeûnera ensuite un nombre égal de jours.

Ceux qui pourraient jeûner et qui s'en dispensent, devront, en compensation, nourrir un pauvre.

Celui qui, volontairement, fera davantage y trouvera son propre bien.

Jeûner est un bien pour vous. Peut-être le comprendrez-vous.

Le Coran a été révélé durant le mois de Ramadan C'est une Direction pour les hommes une manifestation claire de la Direction et de la Loi.

Quiconque d'entre vous, verra la nouvelle lune jeûnera le mois entier (...).

Dieu veut la facilité pour vous, Il ne veut pas pour vous la contrainte.

Achevez cette période de jeûne; exaltez la grandeur de Dieu qui vous a dirigés. Peut-être serez-vous reconnaissants
﴿ Sourate Houd [11: 183-185].


Le jeûne de Ramadan est l'un des piliers de l'Islam. C'est une obligation cultuelle que tout musulman et toute musulmane remplissant les conditions requises2 doivent accomplir durant le neuvième mois lunaire hégirien, le mois de Ramadan. De ce fait, cette obligation individuelle devient un phénomène collectif qui affecte le visage de toute une société. Il suffit de se promener dans une cité musulmane pendant le mois de Ramadan pour comprendre combien est importante la place que le jeûne occupe dans la religion musulmane, et pour réaliser qu'il constitue un trait saillant de l'Islam.

Pourtant, comme le laisse entendre le Coran, le jeûne n'est pas une nouveauté religieuse révélée par l'Islam; il a déjà été prescrit aux nations et aux Prophètes3 antérieurs à l'avènement du dernier Messager de Dieu, le Prophète Mohammad (Que la Bénédiction d'Allah soit sur lui et sur sa Sainte Famille), et pratiqué depuis les temps les plus reculés. Selon l'Imam Ali, cité par AI-Zamakh-charî4, le premier homme à avoir jeûné fut Adam, et selon Abbas, cité par Al-Qummi5, le Prophète David jeûnait un jour sur deux, son fils Salomon (Sulaymân), trois jours au début de chaque mois, trois jours au milieu du mois et trois jours à la fin du mois; Jésus-Christ jeûnait tout le temps, et sa mère Marie, deux jours sur trois.

Par ailleurs, il n'y a pas que le Coran et les sources musulmanes qui signalent la pratique du jeûne dans trois religions. Ainsi, les Evangiles et la Thora en font diverses mentions; et l'histoire nous fait savoir par exemple que les Sabéens de Harrât6 observaient un jeûne de trente jours et que les Mecquois du pré-Islam observaient eux aussi le jeûne.

Enfin, même de nos jours, le jeûne demeure une pratique religieuse observée par les adeptes de nombreuses religions. En effet, les Juifs jeûnent un jour par an, et les plus pratiquants d'entre eux jeûnent les lundis et les jeudis en souvenir de Moïse7; certains Chrétiens continuent d'observer le Carême, lequel consiste en une période de quarante-six jours d'abstinence et de privations entre le Mardi Gras et le jour de Pâques, pendant laquelle, à l'exception des dimanches, on jeûne. Même dans l'Hindouisme, certains adeptes de cette religion jeûnent en diverses occasions religieuses; et dans le Bouddhisme, les moines observent parfois une certaine forme de jeûne.

La constance de la pratique du jeûne dans les différentes religions et à travers les différentes phases de l'histoire de l'humanité montre que cette forme d'abstinence est du moins très bénéfique, sinon un bien nécessaire pour l'homme. Il est naturel donc que l'Islam, la dernière religion révélée et le message final de Dieu pour la créature, redonne à cette prescription divine, un peu oubliée et souvent déformée, sa place réelle et complète, et précise les règles de son accomplissement, généralise sa pratique, et souligne ses effets bénéfiques.

En Islam, le jeûne n'est pas un simple acte individuel de piété, accompli occasionnellement, par quelques fidèles pieux comme c'est le cas dans d'autres religions, mais une obligation prescrite à toute la communauté, à quelques exceptions près. Le jeûne n'y consiste pas non plus en une simple privation alimentaire, mais en l'observation d'un ensemble cohérent de prescriptions d'ordre alimentaire, physique, spirituel et moral qui affecte le comportement de

l'individu et transforme les habitudes de la société.

* AL-BOSTANI, Abbas, Le Jeûne de Ramadhân ses effets et ses statuts, Sa signification, La Cité du Savoir,Montréal, Québec, H3B 3K3,Canada.

1. C'est-à-dire: les Prophètes et leurs peuples respectifs depuis `آd jusqu'à votre époque. Voir: "Al-Tafsîr al-Mubîn", Mohammad Jawâd Mughniyah.
2. Voir plus loin: Les statuts du Jeûne.
3. cf. Les versets coraniques précités, note (1)
4. Cité dans Tafsîr al-Kach-châf, Tome I, p.225.
5. Voir: «Safinat al-Behâr», Chapitre.:al-اawm.
6. Voir: ««Pourquoi Jeûner» M. Hamidullah, p.7.
7. Id.Ibid.

 



"L'attente du Mahdi attendu (s) est pour les croyants, en premier lieu, la recherche de l'instauration de la justice."

"L'Imam Mahdi (s) est le secret de la justice et l'incarnation de la justice divine sur la terre."

"La croyance en l'Imam Mahdi (que Dieu hâte son retour) n'appartient pas uniquement aux chiites, ni même aux musulmans. C'est l'attente de toutes les nations du monde, un espoir du genre humain qui permettra à l'Humanité de connaître le bonheur."

"Le gouvernement de l'Imam Mahdi (s) sera le gouvernement du peuple."


Les leçons de la croyance en l'Imam Mahdi (s):

1-La destruction totale des bases de l'injustice est incontestable.

2-La croyance au Mahdavisme et à l'existence de Mahdi, le Promis (s), fait renaître l'espoir dans les cœurs.

3-Le meilleur acte des croyants est l'attente du Sauveur.

4-C'est cet esprit d'attente qui encourage à combattre dans la voie de la bonté et de la paix.


-http://french.khamenei.ir//index.php?option=com_content&task=view&id=473&Itemid=56

 

La voie de l’Amour
Poèmes spirituels de l’Imam Khomeiny


Yahya Christian Bonaud

En 1988 (1367 après l’Hégire selon le calendrier solaire iranien), les éditions de la Radio et Télévision de la République Islamique d’Iran publièrent, sous le titre de Bâdeh-ye ‘eshq (La Coupe d’Amour), les six pages manuscrites d’une lettre de conseils spirituels écrite quelque deux ans auparavant par l’Imam Khomeiny à Fâtima Tabâtabâ’i, l’épouse de son fils Ahmad, accompagnée de quelques poèmes qu’il lui avait confiés. D’autres poèmes, dont la confidente était toujours Fâtima Tabâtabâ’i, furent publiés l’année suivant sa mort, survenue le 4 juin 1989 (14 Khordâd 1368), par la Fondation pour l’édition et la Publication des œuvres de l’Imam Khomeiny sous les titres de Mahram-e râz (Le Confident des secrets) et Noqteh-ye ‘atf (Le Point critique) — chaque fois accompagnés de lettres de conseils spirituels adressées à son fils Ahmad.

La même fondation réunit par la suite dans un Divân de l’Imam (publié en 1993/1372) tout ce qui put être retrouvé de ses poèmes écrits depuis sa venue à Qom à l’âge de 20 ans (1922/1340) jusqu’à quelque trois mois avant sa mort. C’est un luxueux ouvrage dans lequel les 276 pages de poèmes sont complétées par un lexique, un index et un sommaire analyse des spécificités de chaque texte. Un Farhang-e Divân d’environ cinq cents pages l’accompagnait, comprenant des explications sur l’art poétique iranien et ses figures de style et une encyclopédie du lexique de la poésie mystique persane.

Certains de ces poèmes furent par ailleurs mis en musique et chantés par Hosâm ad-Din Serâdj dans une cassette intitulée Yâd-e yâr (Souvenir de l’Aimé), dont un vers connaîtra un étrange destin, d’aucuns y voyant une allusion à une rencontre avec l’Imam occulté des shiites duodécimains, d’autres pensant qu’il évoquait le Prophète lui-même, Dieu le bénisse lui et les siens :

Épris je fus, ma mie, de la mouche à tes lèvres
Je vis ton œil languide et en fus alangui

Quel rapport, pourra-t-on penser, peut-il bien y avoir entre un grain de beauté aux lèvres de l’aimée et des personnalités vénérées d’une histoire sainte comme le Prophète ou un Imam, qu’on imagine plus volontiers en vénérables patriarches ou héros valeureux ?

Savoir que certaines descriptions traditionnelles du douzième Imam lui attribuent un tel grain de beauté ou qu’un portrait d’un jeune éphèbe à la joue piquée d’une semblable mouche est parfois considéré représenter le Prophète dans sa prime jeunesse [1] apportera certes un élément de réponse. Savoir aussi que le persan ne connaît pas de genre, ni masculin ni féminin, en livrera un autre. Mais cela n’élucidera pas la question de fond, celle du lien entre langueur amoureuse et piété religieuse, entre amours humaines et sentiments sacrés, entre « raisons du cœur que la raison ignore » et « sagesse divine, folie aux yeux des hommes » ou, plus largement encore, entre ivresses et états irrationnels d’une part, extases spirituelles et états transcendant la raison d’autre part.

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L’Imam Khomeiny

Sans faire de théorie, remarquons simplement que l’expression des plus hautes expériences spirituelles en langage amoureux et/ou bachique n’est de loin pas inconnue de la culture occidentale, où elle trouve ses plus anciennes références dans le Cantique des cantiques de la Bible et des échos chez des mystiques telles que Sainte Thérèse d’Avila, par exemple, mais elle n’a pas pris une forme consacrée imprégnant toute la culture poétique. En Iran, au contraire, de grands poètes comme Hâfez — nom de plume signifiant « connaisseur du Coran par cœur » — ont fourni une matrice culturelle prégnante qui intègre si indissociablement sens propre et métaphorique qu’on est souvent bien incapable, en l’absence de données biographiques certaines, de décider par des arguments autres qu’intuitifs lequel des deux sens est le « vrai » pour tel ou tel poète. D’autant que le réel et le métaphorique n’y sont pas considérés dans le rapport qu’on aurait pu attendre : l’amour « réel » (haqiqi) est le mystique et c’est l’amour humain, et même charnel, qui est irréel et « métaphorique » (madjâzi).

Si donc ce n’est que l’année précédant celle de sa mort, survenue le 4 juin 1989 (14 Khordâd 1368), que les Iraniens découvrirent les talents poétiques du Guide de la Révolution islamique, ce ne fut pas pour eux une surprise de voir ce vénérable docteur de la Loi n’évoquer dans ses poèmes que jeu de l’amour et de la séduction, amant fuyant le pharisaïsme de la mosquée et de son prédicateur par trop tartuffe pour la société sans fard des drilles de la taverne et de leur échanson, clercs délaissant les arguties d’école et brûlant froc et tapis de prière pour se consumer dans l’aimée et l’ivresse, souffrant les affres de la séparation et jouissant de l’union, noyant les uns dans le vin et levant sa coupe à la gloire de l’autre…

L’Imam s’inscrivait en effet dans la longue tradition des lettrés iraniens, clercs ou laïcs, pratiquant ce genre majeur de la poésie persane. Parmi les clercs de haut rang, ce serait presque plutôt le silence poétique qui paraît étonnant, surtout pour ceux qui pratiquent les « mécréances » (kofrayât) de la philosophie avicennienne ou, pire encore, sadrienne et s’adonnent aux ivresses de la gnose (‘irfân). [2] Or, les Iraniens savaient depuis les premiers jours de la République islamique que l’Imam était loin de n’être qu’un vertueux juriste ou un inflexible politique : en décembre 79 et janvier 80 (âdhar - Dey 1358), il avait en effet consacré une série d’interventions télévisées hebdomadaires à des lectures philosophiques et gnostiques de la première sourate du Coran. [3] Si tout le monde ne pouvait en comprendre tous les développements, ils y « goûtaient » néanmoins, car l’Imam ne s’y enfermait pas dans un savoir abstrait et une terminologie absconse, mais ramenait au contraire sans cesse à l’essentiel de la spiritualité :

"« Le plus juré de tes ennemis est ton “moi” qui se trouve entre tes flancs » [dit un hadith…]. Il est pire que tous les ennemis, plus grand que toutes les idoles : […] « La mère des idoles est celle de votre “moi” » [dit un vers de Rûmî]. De toutes les idoles, c’est celle-ci que l’homme sert le plus […] et tant qu’il ne l’a pas détruite, il ne peut devenir divin. Il ne peut y avoir en même tant l’idole et Dieu, il ne peut y avoir en même temps égoïsme et divinité. Tant que nous ne nous sommes pas […] détournés de cette idole et tournés vers Dieu, […] nous sommes en réalité idolâtres, même si en apparence nous adorons Dieu. En parole nous disons « Dieu » et ce qui est dans notre cœur c’est nous-mêmes. Nous voulons Dieu aussi pour nous-mêmes ! (p.30)

Sans cet amour de soi et cet égoïsme, l’homme ne dénigrerait pas les défauts des autres. Ces dénigrements que nous faisons les uns envers les autres sont tous parce que nous sommes à nos yeux très bons et justes et qu’en raison de cet amour de soi que nous avons, nous nous considérons nous-mêmes comme un homme parfait et tous les autres comme défectueux, et nous critiquons leurs défauts. Dans une poésie que je ne veux pas citer, un monsieur fait des reproches à une femme d’un certain genre et elle lui répond : « Je suis tout ce que tu dis, mais toi, es-tu tel que tu parais ? » (p.50-51)

Tous les actes de service divin sont un moyen, toutes les prières sont un moyen, tout cela est un moyen pour que se révèle en l’homme le meilleur de lui-même, pour que ce qui est en puissance et qui est l’essentiel en l’homme s’actualise et qu’il devienne humain, pour que l’homme en puissance devienne un homme en acte, pour que l’homme naturel devienne un homme divin, de sorte que tout en lui devienne divin et qu’en tout ce qu’il voit, il voie la Réalité divine. Les Prophètes aussi sont venus pour cela, eux aussi sont des moyens. Les Prophètes ne sont pas venus pour constituer un gouvernement : que voudraient-ils bien en faire ? […] Ils instaurent aussi un gouvernement, qui est gouvernement juste, mais là n’est pas l’objectif : tout cela, ce sont des moyens pour que l’homme arrive à un autre niveau, et c’est pour cela que les Prophètes sont venus. (p.74-75). [4]

Indépendamment donc de leur appréciation sur la personne et le talent poétique de l’Imam. [5], les Iraniens ne sont en rien surpris par sa poésie, qui va pour eux quasiment « de soi ». Mais que comprendrait de traductions de ses poèmes quelqu’un dont ce genre n’appartient pas à l’univers culturel ? Que se penserait-il de ce religieux qui écrivit, en 1987 :

L’Amie n’a pas passé la porte et ma vie touche à sa fin,
C’est le bout de mon histoire et ce chagrin n’a pas pris fin ;
La coupe de la mort en main, je n’ai point vu celle de vin,
Après tant d’années passées, de l’Aimée nulle bonté ne vint.

(Divân, p.97, Radjab 1407)

Surtout quand il entendra ce vieux clerc s’écrier, après un silence de deux ans, quelque trois mois avant sa mort :

Un nœud s’est défait de la tresse emmêlée de l’Aimée,
Tout comme un jeune amant, le vieil ascète est à Ses pieds.
Au calice de Ta grâce, j’ai bu une goutte de vin,
Alors mon âme s’est noyée dans la vague de Ton chagrin. […]
Aux drilles de la taverne est venue l’annonce de l’union,
Aussitôt ce fut le tumulte, danse et joie à l’unisson.

(Divân, p.88, Radjab 1409)

D’aucuns, s’ils ne savaient qui était leur auteur, iraient s’imaginer que le « vieil ascète » de ces vers a finalement pu obtenir les faveurs de celle dont l’amour lui avait fait oublier piété et vocation, à l’instar d’un certain shaykh de San‘ân immortalisé par la poésie persane. Tant mieux pour lui, se diraient-ils, mais tout de même, plutôt qu’attendre d’avoir « la coupe de la mort en main », n’aurait-il pu goûter « celle de vin » plus tôt ? Et encore n’a-t-on de loin pas retenu ici des vers prêtant le plus à méprise…

Comment faire entendre ce langage à qui n’y est initié ? On pourrait commencer par faire remarquer que l’amour dont il est question est ce même amour divin incompatible avec l’idole du « moi » qu’évoquent les quelques paragraphes que l’on vient de citer et qui trouvent leur écho dans ces vers :


C’est dans la voie d’Amour qu’il faut chercher à jouir
Et l’engagement pris, il te faut le tenir !
Tant que tu es toi-même, point d’union à l’aimée !
Moi-même doit s’éteindre dans la voie de l’aimée.

Ces vers proviennent d’une lettre de l’Imam à sa bru, Fâtima Tabâtabâ’i. [6] Absorbé depuis la Révolution par une vie politique qu’il considérait comme un devoir, non sans laisser échapper de sa plume quelques plaintes d’ailleurs [7], plutôt entouré d’hommes qui avaient plus d’affinités avec la chose politique qu’avec celles de l’esprit, c’est à cette femme que l’Imam confiait l’intimité spirituelle qu’il livrait dans ses poèmes. La lettre en question était une réponse à une demande insistante de guidance spirituelle, à laquelle l’Imam répondit en disant d’emblée :

En me demandant une lettre gnostique, Fâti
Exige le trône de Salomon d’une fourmi
A croire qu’elle ne l’a pas entendu
Dire “certes nous ne T’avons point connu”
L’homme de qui l’ange Gabriel, envieux,
Mendiait le Souffle du Miséricordieux

Ce prélude poétique entend suggérer combien la Réalité spirituelle transcende la connaissance humaine pour que le Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens — dont la réalité essentielle est l’intermédiaire par qui toute la création, y compris les êtres les plus immatériels, reçoit le Souffle existentiateur et sustentateur — ne pouvait lui-même que dire : « Nous ne T’avons pas connu. » La quête de la connaissance consiste à se défaire des voiles de l’ignorance, qui ont de multiples formes, y compris lumineuses, comme le voile du pseudo-savoir, le plus grand de ces voiles étant, sans surprise, le « moi » égotique de l’homme :

"Mais tant que l’homme est voilé par son ego et préoccupé par lui-même, […] sa nature essentielle reste voilée. Pour passer cette étape, il faut, en sus du combat intérieur [contre soi-même], être guidé par la Réalité sublime. […]

O mon Dieu ! accorde-moi de totalement me consacrer à Toi et illumine les regards de nos cœurs par la clarté d’un regard vers Toi, afin que les regards des cœurs traversent les voiles de lumière, parviennent à la source de l’Immensité et que nos esprits soient rattachés à la toute-puissance de Ta sainteté ! O mon Dieu ! Fais de moi quelqu’un que Tu appelles et qui réponde à Ton appel, quelqu’un que Tu regardes et qui tombe foudroyé par Ta majesté, quelqu’un avec qui Tu t’entretiens dans l’intimité…”.

Cette consécration totale consiste à sortir de l’étape de l’ego et de ce qui s’y rapporte. […] C’est là un don divin à Ses proches amis dévoués qui intervient après qu’ils soient tombés foudroyés par la Majesté divine, dès lors qu’Il a porté sur eux un coin de Son regard […] L’entretien intime de la Réalité divine avec Ses serviteurs d’élite ne prend forme qu’après qu’ils aient été foudroyés et que la montagne de leur propre existence ait été pulvérisée […]

Ma fille, l’infatuation et la suffisance viennent d’une ignorance extrême de sa propre nullité et de l’immensité du Créateur. Si l’on réfléchit un tant soit peu sur l’immensité de la création, dans la mesure où l’humanité est parvenue jusqu’à présent, avec tous les progrès de la science, à en connaître une infime partie, on prendra conscience de sa propre nullité et de celle des systèmes solaires et de toutes les galaxies ; on saisira quelque peu l’immensité de leur Créateur ; on aura honte de son infatuation, de son égoïsme et de sa suffisance ; et l’on se sentira bien ignorant."

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L’Imam Khomeiny

L’état évoqué par l’Imam devant la considération de l’immensité cosmique est celui de l’esprit saisi devant la majesté : il se sent écrasé et anéanti. Lorsque la beauté prend le pas sur la majesté, au contraire, l’esprit se sent au contraire « comblé » d’aise et de bonheur. Cette « contraction » (qabd) et cette « dilatation » (bast) sont des états de l’âme et de l’esprit qui ont leur source ultime dans la Beauté (djamâl) et la Majesté (djalâl) divines, suivant que l’un ou l’autre aspect domine.

Les mêmes états d’oppression et d’exaltation se retrouvent face à un être aimé, le cœur se réjouissant lorsqu’il nous sourit et s’attristant lorsqu’il nous délaisse. C’est que l’être aimé est investi, dans la mesure de cet amour, de beauté et de majesté, reflets humains de la suprême Beauté et Majesté. Quand cet amour est fort, l’attitude de l’être aimé détermine toute votre vie : un clin d’œil fait bondir votre cœur, un sourire un peu plus, défaire sa tresse encore plus… Mais au moindre froncement de sourcil, le cœur se montre inquiet ; un regard, un mot dur, le cœur cesse de battre ; et qu’il tourne le dos, sorte de votre champ de vision et le cœur se déchire…

Mais un amour si fort n’est pas raisonnable : tout le monde le dira, et même votre raison, ce prêcheur intérieur qui ne comprend jamais rien aux émois de nos cœurs. Les seuls qui comprennent l’amoureux sont ceux qui partagent le même amour enivrant qui donne le sentiment de vivre pleinement et non pas platement, une vie « vraie », remplie à chaque instant de peines ou de joies, mais vécue véritablement… Et pourtant elle n’est que folie et ivresse passagère pour tous ceux qui ne comprennent pas cet amour, le jugent et le condamnent… Alors autant fuir ces gens et se retrouver en compagnie de ceux qui partagent la même ivresse et la même idole : l’adoration est par l’ivresse dans la religion d’amour.

On voit comment les états d’âme et d’esprit liés aux émotions de l’amour ou esthétiques ou aux changements d’états de conscience causés par l’alcool ou d’autres sont analogues les uns aux autres et comment ils peuvent fort bien symboliser des états d’âme et d’esprit liés à l’expérience mystique du sacré dans tous ses aspects. Non pas au travers d’images et d’allégories qui seraient comme une sorte de message codé : chaque fois qu’on dit « un clin d’œil », il faudrait entendre « un Attribut divin » et lorsqu’on dit « le grain de beauté », il faudrait entendre « l’Essence divine », parce que le grain de beauté est caché sous le voile, tandis qu’il laisse passer le regard… Le symbolisme n’a pas l’arbitraire d’un code, mais découle d’analogies réelles reliant entre elles des réalités causes d’effets semblables ou au contraire effets de causes similaires. Le lien est existentiel et non pas conventionnel.

D’autant que tous ces liens s’expliquent au fond par le fait que les réalités fondamentales qui sont au principe même de l’existence, comme les attributs de Beauté et de Majesté divine, se manifestent naturellement à tous les niveaux de l’existence, chacune de ces manifestations étant un écho ou un reflet de son principe en tel domaine et à tel niveau. C’est ce principe d’analogie ontologique des états de l’existence et des manifestations de l’Existence qui est au cœur de toute la tradition de poésie persane dans laquelle s’inscrit l’Imam Khomeiny.

On comprend alors qu’entre les quelque soixante-dix poèmes pathétiques dominés par les plaintes de la séparation (hejrân) et l’angoisse de mourir avant de pouvoir rencontrer l’Aimée et goûter au Vin de la Connaissance (datés des quatre mois précédant le Ramadân 1407/1987) et le chant d’allégresse et la célébration de l’union qui s’élève des vingt-trois poèmes des trois mois précédant le Ramadân 1409/1989, il s’est passé pour l’Imam Khomeiny bien autre chose et de bien plus grande importance qu’un banal succès amoureux. Il l’évoque d’ailleurs lui-même d’une manière qui, à la lumière des textes et explications qui précèdent, devrait être compris sans plus d’explications :

L’échanson, coupe à la main, a éveillé mon âme :
A la taverne des amants, je suis devenu serviteur,
Cet amant ivre a fait de moi, de cette cour, le serviteur.

(Divân, p.116, Sha‘bân 1409/1989)

Le rossignol du Paradis, vers l’Amie n’avait pas de voie,
Ma chance fut cet égayeur qui m’a orienté sur la voie.
Le soufi comme le gnostique sont bien loin de cet endroit :
De l’égayeur prends le calice et, vers la pureté, va droit.

(Divân, p.39, Sha‘bân 1409/1989)

L’identité de cet échanson égayeur (sâqi, motreb) qui lui donna enfin l’ivresse restera sans doute inconnue de l’histoire, et pourtant c’est bien à lui — en rappelant que le persan ne connaît pas de genre — que l’Imam doit d’avoir atteint ce qu’il y avait pour lui de plus cher :

Au seuil de ce maître mage, désormais je reste attaché,
Qui d’une seule gorgée de vin, des deux mondes m’a rassasié ;

Ce fut bien mon bonheur que le maître tavernier, de sa main,
M’a subjugué, qu’il m’a anéanti, et puis qu’il m’a éteint ;
Je suis le serviteur de mon maître qui, de par sa bonté,
M’a rendu absent de moi-même, et tout entier bouleversé.

(Divân, p.83, Sha‘bân 1409/1989)

Notes

[1Bien que ce portrait mette en œuvre des techniques, dont la perspective, qui n’avaient de loin pas cours à l’époque, la légende qui l’entoure l’attribue à un moine syrien qui aurait reconnu en ce jeune éphèbe le Prophète attendu. Quant à l’original du portrait, il ferait partie du fabuleux « trésor caché du Vatican », sans qu’on sache par quelles voies mystérieuses une copie aurait pu en sortir pour parvenir aux mains de certain saint clerc de Nadjaf, de qui l’Imam Khomeiny l’aurait tenue — ou en aurait fait faire copie ? —, ni comment elle échappa à cette transmission ésotérique pour envahir les bazars sous des formes de plus en plus grossièrement défalquées et colorées. Toujours est-il que l’image connut une large diffusion, et avec elle le vers, à moins que ce ne soit l’inverse…

[2Pour ne citer qu’un seul autre cas contemporain, évoquons ce célèbre hémistiche du poème Kish-e Mehr (La religion d’amour) de Allâmeh Mohammad Hoseyn Tabâtabâ’i — qui anima le renouveau de l’enseignement de la philosophie (et de la gnose dans des cercles plus restreints) à Qom après l’exil de l’Imam —, mis en musique et chanté par Shahrâm Nâzeri : L’adoration est par l’ivresse dans la religion d’amour.

[3Il fut d’ailleurs malheureusement amené à les interrompre devant l’hostilité de clercs littéralistes semblables à ceux dont il rapporte dans sa Lettre ouverte au clergé qu’au séminaire de Qom, ils purifiaient par sept fois le verre dans lequel avait bu son fils, souillé du simple fait que « son père enseigne la philosophie » ! (Manshûr-e rûhâniyyat, rédigé en 1988/1367 et publié en 1990/1369).

[4Tafsîr sûreh-ye Hamd, Qom, Daftar-e enteshârât-e eslâmi, 1363hs/1984.

[5L’une n’étant généralement pas sans influence sur l’autre, on se gardera d’évoquer une opinion « objective » sur ce talent, pour autant

[6Publiée après sa mort sous le titre La Voie d’Amour.

[7Voir en particulier la fin de Risâlat at-Talab wa al-Irâda.

http://www.teheran.ir/spip.php?article1200#gsc.tab=0

 


Les recommandations sur les Gens de la Demeure prophétique (Ahlulbayt)

L'honorable Prophète de l'Islam (P) tentait toujours au cours de sa mission d'attirer l'attention des musulmans aux Gens de la Demeure prophétique (p) en utilisant des mots tels que : bonté , amour , amitié, etc. Un exemple:

Ibn ‘Abbas a dit : «Quand le verset : ‘Dis : Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté.’, a été révélé, certains compagnons du Prophète (P) lui ont demandé: ‘Ô Envoyé de Dieu! Qui sont les personnes que le Dieu Tout-Puissant a ordonné de les aimer?’ Le Prophète (P ) a répondu : ‘'Ali et Fatima et leur progéniture’.»[103]

Ibn ‘Abbas a également rapporté l'Envoyé de Dieu (P) qui a dit : «Le serviteur de Dieu ne se déplace pas au moment de la Résurrection sauf qu’on lui demande quatre questions:  ‘Comment il a passé sa vie, utilisé son corps, gagné et utilisé ses biens, et à propos de l'affection des Gens de la Demeure prophétique (p).’»[104]

Ibn ‘Abbas a rapporté le Prophète (P) qui a dit: «L'exemple de mon Ahlulbayt est comme l’arche de Noé, celui qui y monte sera sauvé et celui qui s’y accroche arrivera au salut et celui qui s’en éloigne sera noyé. »[105]

Par ces hadiths, le Prophète (P) n’entendait pas simplement l’expression de l’amitié apparente et verbale voire un intérêt dans le cœur envers les Gens de la Demeure : Ce n'est pas la rémunération pour la mission prophétique, mais plutôt, il voulait encourager les musulmans à suivre ces Gens et à apprendre des enseignements religieux, comme il est explicitement indiqué dans le hadith al-Safînah ( l’Arche de Noé).


L’amitié envers les Gens de la Demeure prophétique (p)

L’amitié signifie aimer. Les mots « amour » et « affection » utilisés dans les hadiths ont le même sens. L’amitié envers les Gens de la Demeure prophétique (p) est si importante dans l'Islam que le Coran la présente comme la rémunération du plus noble Prophète (P) pour sa mission prophétique.

Le Coran cite l'Envoyé de Dieu (P) où Dieu lui a demandé de dire aux croyants : « Dis : «Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté».[106]

Le plus noble Prophète (P) a enjoint les musulmans dans une dizaine de hadiths d’aimer les Gens de la Demeure prophétique y compris ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), les considérant le meilleur moyen de salut. Quelques hadiths à titre d’exemple :

L'Envoyé de Dieu (P) a dit : « Quiconque veut s’accrocher à l’anse la plus solide (urwatul wusqâ), qu’il s’accroche à l’amitié de ‘Ali et des Gens de la Demeure. »[107]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: «La première chose qui est demandée dans l'Au-delà, c’est l’amitié envers les Gens de la Demeure prophétique. »[108]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: «La première chose qui est demandée dans l'Au-delà est relative à l’amitié envers mon Ahlulbayt.»[109]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: «Celui qui aime mon Ahlulbayt sera ressuscité avec moi dans l'Au-delà. »[110]

En tenant la main de l’Imam ‘Ali (p), l'Envoyé de Dieu (P) a dit : «Est menteur celui qui pense m’aimer alors qu’il n'aime pas ‘Ali. »[111]

L’Emir des Croyants, ‘Ali (p), a cité le Prophète (P) qui a dit : «J’intercèderai pour quatre groupes le Jour de la Résurrection : les amateurs de mon Ahlulbayt ; ceux qui ont accepté la tutelle de mon Ahlulbayt et détestent leurs ennemis, ; ceux qui remplissent les demandes de mon Ahlulbayt , et ceux qui aident mon Ahlulbayt dans la vie de tous les jours. »[112]

Comme on l'observe, l’affection (pour les proches parents du Prophète) a été fortement accentuée dans le Coran et dans des hadiths, laquelle s’est considérée comme un moyen d'atteindre le salut. Maintenant, nous devons voir qui sont les proches parents ou l’Ahlulbayt du Prophète (P). Sont-ils tous ses proches parents ou certains d’entre eux? Nous devons nous référer à certains hadiths pour clarifier cette question :

Ismâ'il ibn ‘Abdul Khâliq a dit : « L’Imam Sâdiq  (p) m’a demandé: ‘Qu'est-ce que les gens disent à propos du verset coranique: Dis : «Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté. » ? J’ai répondu : « Que je sois sacrifié pour vous! Ils disent que ce verset est sur ​​les proches parents du Prophète (P). » L’Imam Sâdiq  (p) a dit: «Ils mentent. Le verset a été révélé à propos de nous les Gens de la Demeure prophétique : ‘Ali, Fatima, Hassan et Hussayn et les Gens du Manteau (açhâb ul-kiçâ). »[113]

‘Abdullah ibn 'Ajlan a rapporté de l'Imam Baqir (p) qui a dit à propos de l'exégèse du verset mentionné : ‘Dis : «Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté’», que « zil qurbâ» (les proches parents) sont les Imams (p).»[114]

Ces hadiths et beaucoup d'autres rapportés sur la cause de la révélation du verset de la Purification implique que l’expression « zil qurbâ » a été employée dans ce verset à propos de ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), Fatima Zahra (b), l'Imam Hassan (p), l'Imam Hussayn (p),  et d'autres Imams infaillibles (p) de la descendance de l'Imam Hussayn (p).

Ces nobles Imams (p) se présentaient toujours comme « zil qurbâ», « Ahlulbayt », et la mine des sciences prophétiques et n'ont jamais été refusés par quiconque. Etant donné le verset en question, tous les musulmans se doivent de lier d’amitié avec les Gens de la Demeure prophétique, montrant cette affection et amitié en disant des poèmes, célébrant leur éloge,  et visitant leurs sanctuaires et leurs tombes.

Maintenant, nous devons voir ce que signifie cette amitié, comment se fait-elle, et quelles sont ses conséquences.

Amitié, affection ou amour signifient aimer. C'est un état d’âme dans lequel l'amant est attiré par le bien-aimé, un état qui est perceptible mais pas descriptible. L’affection a de différents niveaux, le plus haut desquels est appelé l'amour. Elle peut avoir comme objet une personne ou une chose, mais elle a certainement un critère. Ce critère peut être la beauté du bien-aimé, son élégance, son beau comportement, ses actes dignes ou son utilité pour l’amant.

L'un d’important résultats de l'affection, c'est que l’amant essaie toujours de protéger et de satisfaire le bien-aimé, et de se sacrifier parfois pour lui, ce qui est un signe de véritable affection. Une affection exprimée de façon purement verbale ne sera qu’un mensonge et une tromperie.

Le noble Coran, des traditions, des hadiths et des invocations mentionnent aussi l'affection de Dieu envers Ses serviteurs, qui est relative au moins à l’une de leurs vertus. Par exemple : « Dieu aime les pieux», «Dieu aime ceux qui se purifient »: “Dieu aime les bienfaisants »: “Dieu aime ceux qui se repentent »: “Dieu aime ceux qui Lui font confiance », « Dieu aime les patients»: “Dieu aime les justes »… Dieu le Très-Haut, qui a créé Ses serviteurs et les a bénis de toutes bénédictions, veut qu’ils Lui obéissent quand Il ordonne le convenable, et interdit le blâmable, pour que leur salut dans ce monde et dans l’Autre soit assuré.

Cependant, l’affection de Dieu envers Ses serviteurs n'est pas un jeu de passions, car Il est en essence à l’abri de tels phénomènes. Son affection signifie plutôt l’effusion de la perfection.

Parfois, l’affection des serviteurs envers Dieu est aussi mentionnée dans le saint Coran.

Le Coran dit :

يا أَيُّها الَّذِينَ آمَنُوا مَنْ يَرْتَدَّ مِنْكُمْ عَنْ دِينِهِ فَسَوْفَ يَأْتِى‌ اللَّهُ بِقَوْمٍ يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَهُ أَذِلَّةٍ عَلَى‌ المُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى‌ الكافِرِينَ يُجاهِدُونَ فِى‌ سَبِيلِ اللَّهِ وَلا يَخافُونَ لَوْمَةَ لائِمٍ ذ لِكَ فَضْلُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَنْ يَشاءُ وَاللَّهُ واسِعٌ عَلِيمٌ

« Ô les croyants! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. »[115]

Dans ce verset, Dieu Très-Haut propose aux croyants une affection bilatérale et présente la lutte (djihâd) dans Sa voie comme l’un des signes de l’affection réelle.

L’obéissance aux commandements du Prophète (P) a été aussi présentée dans le Coran comme l’un des signes de l’affection réelle. Le Coran dit :

قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِى‌ يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ

« Dis: ‘Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux’. »[116]

Par conséquent, les croyants qui prétendent aimer Dieu, mais ne pratiquent pas les devoirs religieux et ne suivent pas les commandes du Prophète (P), l’affection qu’ils expriment n’est rien d’autre qu’un mensonge sans qu’ils en profitent.

L’affection pour les proches parents du Prophète (zil qurbâ) et les Gens de sa Demeure (Ahlulbayt) a aussi le même sens. Etant donné que les proches parents du Prophète (zil qurbâ ou bien les Imams infaillibles) étaient les gardiens de la Charia et les promoteurs et continuateurs de la mission du Prophète (P), les musulmans ont été invités à accepter leur tutelle et de suivre leur exemple dans la pratique. Notre affection pour les Imams infaillibles (p) n’est vraie que lorsque nous les prenons comme directeurs spirituels et suivons leur parole et leur comportement, sinon, cette affection ne sera qu’une expression verbale et un concept mental. Les personnes qui prétendent verbalement être les amateurs des Imams, mais ne remplissent pas leurs commandes, elles trompent elles-mêmes et une telle affection superficielle ne les sauvera pas. Les Imams infaillibles (p) eux-mêmes ont maintes fois insisté sur ces points dont certains seront bientôt mentionnés.

http://www.ibrahimamini.com/fr/node/3738

 

Dans le livre I, son Éminence Mohammad Bâqer al-Sadr, s'est soucié de répondre aux dogmatiques du scientisme et à tous ceux qui, entichés de "rationnel" et de "réalité scientifique", se montrent sceptiques relativement à l'occultation et à la parousie de l'Imam al-Mahdî. Maintenant, il nous semble opportun de changer complètement de registre et d'amener le lecteur vers un autre chercheur dont le souci principal est d'étudier la croyance à al-Mahdî comme un fait purement religieux et spirituel, en dehors de toute considération historique non immanente à ce fait.

En effet, Henri Corbin, après avoir disséqué, pendant 20 ans, tous les Hadîths et Récits hagiographiques sur les Douze Imams d'Ahl-ul-Bayt en général, et sur l'Imam al-Mahdî en particulier, et après avoir recueilli et examiné, en tant que chercheur objectif, les témoignages de tous ceux qui affirment avoir rencontré l'Imam Caché, en songe ou en état d'éveil, a écrit un monument de quatre volumes sur ce sujet1, en s'appliquant tout au long de sa recherche, à replacer la question d'al-Mahdî dans son contexte spirituel, et en s'employant à étudier et à expliquer cette question phénoménologiquement, ou en d'autres termes en s'efforçant de "rencontrer le fait religieux en laissant montrer l'objet religieux tel qu'il se montre à ceux à qui il se montre" (c'est-à-dire à ceux qui croient fermement à al-Mahdî).
"Cet oeil de l'âme qui jamais ne sommeille"

«L' "histoire" du XIIe Imâm, écrit Henri Corbin, est une hagiographie dont nous essayerons d'indiquer ici les principaux événements. Mais prévenons d'emblée qu'une fois franchi le seuil de l'hagiographie du XIIe Imâm, il apparaîtra au lecteur que ce que l'on appelle communément critique historique, a perdu la quasi-totalité de ses droits. En revanche, si nous acceptons de déposer devant ce seuil les revendications de cette critique en faveur d'une perception des choses véritable-ment phénoménologique, nous nous rendrons disponibles pour percevoir et comprendre, avec l'organe approprié, la signification des événements qui adviennent «entre les temps» et l'ordre de réalité supérieure que ces événements annoncent, parce qu'ils appartiennent à cet ordre supérieur ».

Toute hagiographie a des témoins à produire, souvent en grand nombre, comme dans le cas du XIIe Imâm. Elle ne peut pour autant produire des certificats, attestations et documents du genre de ceux qu'exige notre obsession de l'historicité matérielle exotérique, laquelle a fini par ne plus se représenter qu'un seul plan de réalité admissible pour qu'il y ait "événement".

« Pour exiger de l'hagiographie qu'elle produise ses documents critiques, il faut commencer par dégrader l'ordre de réalité qui est propre aux événements que rapporte l'hagiographie. Il y a longtemps, sans doute, que le travail de dégradation se poursuit. Moins l'on est apte à percevoir qu'il y a des «événements dans le Ciel», plus l'on exigera des preuves d'historicité matérielle. Plus on perd le sens des événements dont la réalité est essentiellement mysterium liturgicum, plus on effacera de fêtes du calendrier. Ce que l'on appelle aujourd'hui «matérialisme historique» a de lointains précurseurs, jusque dans la théologie. Il est donc possible que tout ce que nous rapporterons ici concernant l'hagiographie du XIIe Imâm, apparaisse à l'historien comme reposant sur des documents sans valeur objective. Et pourtant les événements sont arrivés! Mais les documents qui gardent la seule trace que puissent laisser des événements accomplis dans le malakût, ne sont que des dépouilles, des chrysalides, si l'on n'en a pas la clef. En revanche pour tout philosophe professant un minimum de «réalisme spirituel», ces documents apparaîtront comme inappréciables.

Autrement dit, l'organe de perception doit être ici «cet oeil de l'âme qui jamais ne sommeille», comme dit Philon d'Alexandrie. Les événements qui se situent dans le temps du XIIe Imâm, qu'ils soient relatés dans des documents qui appartiennent au passé, au présent ou à l'avenir, ces événements, eux, ne peuvent pas être saisis par un autre organe que les «sens spirituels» dont parlent tous nos théosophes. Aussi bien l'Imâm, absent pour la perception sensible, serait encore invisible comme tel, même s'il était là en personne, pour tous ceux qui sont incapables de voir autrement que de la manière dont ils perçoivent un objet quelconque dans le monde extérieur. Or l'épiphanie de l'Imâm, sa parousie, ne peut se produire tant que la conscience des hommes n'y est pas éveillée.

Elle ne peut advenir «entre temps» que pour le petit nombre de ceux qu'il choisit lui-même, ceux qui peuvent en avoir la conscience spirituelle (ma'rifat), non pas la simple connaissance extérieure dont même l'animal est capable. C'est ce que nous ont enseigné les textes qui, en nous rappelant ce que signifie «voir l'Imâm en Hûrqalyâ», sous-entendaient que le monde suprasensible de Hûrqalyâ et le monde matériel sensible coexistent, s'interpénètrent, se contiennent l'un l'autre; Hûrqalyâ est à la fois au-dessus de nous, autour de nous et à l'intérieur de nous. »

Quand, par notre inscience, il n'est pas à l'intérieur de nous, il ne peut être ni connu ni reconnu de nous «nulle part», car rien ne peut être connu extérieurement que grâce à une modalité correspondante qui soit en nous. Extérieurement, pour comprendre la présence occulte de l'Imâm caché, demeurant invisible en ce monde, on peut encore se référer à la manière dont le bouddhisme mahayaniste se représente la personne du bodhisattva qui renonce à quitter ce monde, et diffère d'entrer dans le nirvana avant d'avoir sauvé tous ceux dont il a la charge.

»Intérieurement, on pensera à la manière dont Mollâ Sadrâ, par exemple, professe que toute âme, toute entité spirituelle, porte en elle-même son ciel ou son enfer. Simples indications en vue d'un modus intelligendi qui comporte sa rigueur propre; sinon, autant passer un aveu d'impuissance à comprendre tout ce qui est hiérognose, perception des mondes invisibles et des événements visionnaires dont se compose la hiérohistoire. Au chercheur qui «sauve les phénomènes» en procédant comme un pèlerin au cœur sincère, les événements révéleront, mieux que tout exposé théorique, le secret de l'âme shî'ite, un secret dont la force défie victorieusement, depuis dix siècles, les puissances du doute et du refus.»2

Les témoignages détaillés et très précis de tous ceux qui, depuis l'occultation de l'Imam al-Mahdî racontent comment ils l'ont rencontré, le plus souvent, en songe visionnaire, paraissent tellement concordants et tellement saisissants qu'Henri Corbin les déclare comme "continuant l'hagiographie du XIIe Imam"et leur consacre une place prépondérante dans sa recherche.

Comment, quand, où et à qui al-Mahdî peut être visible depuis son occultation, d'après l'examen de ces témoignages? En voici quelques éléments de réponse que nous extrayons de l'exposé exhaustif fait par Henri Corbin sur ce sujet:

«L'Imâm caché, jusqu'à l'heure de sa parousie, ne se rend visible qu'en songe ou bien en certaines manifestations personnelles qui ont alors le caractère d'événements visionnaires (....) Les récits de ces visions théophaniques sont nombreux dans les livres shî'ites; il y aurait à en opérer le classement typologique. Le plus souvent, le XIIe Imâm apparaît sous la forme d'un jeûne enfant ou d'un adolescent d'une grande beauté. Il se manifeste dans les cas de détresse matérielle ou de tourment spirituel, au détour d'un chemin, par exemple, ou dans une mosquée où le fidèle se trouve solitaire. Le plus souvent, celui-ci comprend sûrement après coup que c'est l'Imam qui s'est montré à lui. Chaque fidèle shî'ite sait qu'il peut l'appeler à son aide. On connaît même la typo-graphie du lieu secret où il réside. (....)»3.

«Si la hiérohistoire du shî'isme est remplie de ces visions théophaniques, celles-ci ne se produisent jamais que sur l'initiative de l'Imâm, et si l'Imâm apparaît presque toujours sous la forme d'un jeune homme d'une très grande beauté, presque toujours aussi, sauf exception (nous en verrons plus loin un cas) celui à qui fut donné le privilège de cette vision, ne prend conscience que plus tard de celui qu'il a vu. Sauf exception, un strict incognito enveloppe ces manifestations, ce même incognito qui préserve la chose religieuse de toute socialisation.

«Beaucoup d'hommes, écrit l'un de nos théologiens, 'Alî Asghar Borûjardî4, ont vu la beauté parfaite de cet Élu (le XIIe Imâm), mais ils ne l'ont reconnu qu'ensuite, après qu'il les eut quittés», en comprenant que l'action bénéfique produite, matérielle ou spirituelle, n'avait pu être l'œuvre que de l'Imâm. Certains l'ont vu au temps du pèlerinage de La Mekke; d'autres en la mosquée de Koufa (l'ancienne cité shî'ite par excellence); d'autres en quelque lieu saint shî'ite, mais jamais il ne s'agit d'une vision collective, car même si les hommes le "voient", ils sont incapables de le reconnaître. C'est cela justement la Grande Occultation. L'Imâm va et vient dans tous les lieux du monde, sans immaner à un lieu, sans être fixé, contenu, dans un lieu.»5.

«Parmi les multiples récits concernant les apparitions de l'Imâm au «temps de la Grande Occultation», les quatre textes dont nous proposons ci-dessous6 la traduction, appartiennent à des types différents. Deux d'entre eux (le premier, récit de la fondation de Jam-Karân, et le quatrième, rencontre dans le désert) mettent le fidèle en présence de l'apparition de l'Imâm en personne. Les deux autres (le second, récit du voyage à l'Ile Verte, et le troisième, le voyage aux cinq îles) conduisent le fidèle en présence des compagnons ou des fils de l'Imâm.

Chaque fois, certes, la rencontre résulte d'une décision secrète de l'Imâm; à l'homme de s'y rendre apte, mais ce n'est pas à l'homme de décider qu'il veut le rencontrer et encore moins d'y réussir (une anecdote nous le rappellera ci-dessous). En outre, il peut arriver que la présence de l'Imâm fasse irruption dans le lieu où se trouve le fidèle ou le pèlerin, et là même le transfère au lieu de sa présence (quatrième récit).

Et il peut arriver que l'épisode visionnaire commence soit par la manifestation de personnes «appartenant au monde de l'Imâm» et qui progressive-ment font pénétrer le pèlerin dans ce monde (premier et deuxième récits), soit par un pro-logue initiatique, une navigation par exemple, qui à l'insu des intéressés, les mène dans un monde inconnu (troisième récit).

« Tous les récits ont ce trait commun et caractéristique que le passage de la topographie du monde sensible à celle du monde inconnu, s'accomplit sans que les sujets aient conscience du moment précis où s'opère la rupture. Ils ne s'en aperçoivent que lorsqu'ils sont déjà «ailleurs».

Détail encore caractéristique: l'irruption du monde de l'Imâm dans notre monde peut se prolonger par quelque trace matérielle (v. g. un édifice construit sur son ordre); ou, fait plus troublant, le pèlerin peut rapporter de sa rencontre un objet témoin (un livre, une bourse, par exemple). Il arrive aussi que la portée de l'événement fasse du récit un véritable récit d'initiation, c'est-à-dire d'initiation à la doctrine shî'ite, au secret de l'Imâmat (deuxième et troisième récits)»7

Il est à noter qu'ici, Henri Corbin a mis l'accent, essentiellement, sur la tendance mystique "'irfânî" dans le Chî'isme. Les personnes qui aspirent à rencontrer l'Imam caché, agissent à la façon d'un soufi en quête d'un maître ou d'un guide spirituel. Mais au lieu de rechercher, à travers une tarîqah (congrégation soufie) un maître soufi, aux pouvoirs nécessairement limités, le mystique choisit comme "pôle spirituel directement l'Imam lui-même sans intermédiaire", lequel étant le seul à même de dévoiler toutes les révélations prophétiques, permet au fidèle d'atteindre à l'épanouissement spirituel auquel il aspire.

Ceci dit, ces récits et ces témoignages multiples, sont racontés avec une telle force de conviction qu'elle ébranle l'incrédulité ou les réserves de tout esprit sceptique. Loin d'être usés à la longue et à travers les âges, ils paraissent plutôt renouvelables et toujours d'actualité.

Conscient que cette vérité pourrait laisser perplexes certains lecteurs, Henri Corbin après avoir posé la question inévitable "qui vient spontanément à l'esprit du lecteur informé de l'évolution de l'Orient contemporain: que signifie, par exemple, pour la jeunesse iranienne de nos jours, la mystérieuse figure du XIIe Imâm?", il y répond en rapportant un témoignage significatif à cet égard:

«Et cela donne justement son importance au témoignage que j'eus l'occasion de rapporter ailleurs et qu'il m'apparaît opportun de reproduire ici, parce qu'il émanait d'un jeune Iranien de mes amis (un "moins de trente ans"), éminemment représentatif de la jeunesse étudiante formée en Occident pour laquelle sont en général réunies toutes les conditions du déracinement spirituel (nous pourrions dire: toutes les conditions qui mènent à l'oubli de ses origines le jeune prince parthe du «Chant de la Perle» des Actes de Thomas). Il achevait ses études dans une université de Suisse.

Il eût pu être comblé en ce pays, et pourtant il passait la plupart de ses soirées à évoquer avec nostalgie, en la compagnie d'un jeune compatriote étudiant comme lui, les vastes déserts de l'Iran et le pèlerinage de la ville sainte de Qomm (à 140 km au sud de Téhéran).

Et voici qu'une nuit, le pèlerinage qu'il attendait de pouvoir accomplir en réalité, il le fit en songe. Le récit qu'il m'en fit portait si typiquement les traits d'un songe initiatique, la puissance archétype s'y fait sentir avec une telle force que je lui demandai de le mettre par écrit. Avec sa permission, tout en ne le désignant discrète-ment que par ses initiales H. B., je reproduis ici son récit:

"Une nuit, j'ai rêvé qu'avec mon ami nous nous étions mis en marche, partant de Téhéran pour aller à Qomm. Nos vêtements n'étaient pas ceux de tous les jours, mais ceux que portent chez nous les derviches (les soufis). Nous avions suivi à travers champs les sentiers qui, dans la direction du sud, mènent vers Qomm.

Nous allions aborder le désert du sud de Téhéran, lorsque soudain, apparurent devant nous des créatures de taille immense, quelque chose comme des dragons. Brusquement je cessai de voir mon ami. Il me sembla qu'il avait rebroussé chemin et était retourné vers le nord. Je sentis que j'étais seul. Mais voici qu'entre mes mains il y avait quelque chose comme une lance, si longue que je n'en ai jamais vu de pareille dans la réalité. Je combattis avec les dragons longtemps, longtemps. Finalement je dus réussir à les mettre en pièces, car je vis qu'un torrent qui passait là, emportait les dragons disloqués, et moi-même je fus immergé dans ce torrent. Je sortis de ce bain, et je sentis que j'étais nu.

Mais voici qu'on jeta sur mes épaules une longue pièce d'étoffe. A ce moment-là, j'avais l'impression que le terrain où je marchais exhalait de la vapeur ou du brouillard; on ne voyait rien. Soudain la ville sainte m'apparut au loin, avec le dôme d'or étincelant et les minarets de l'enceinte sacrée. M'étant dirigé vers la ville, j'arrivai à un carrefour plafonné en voûte. Là on me désigna la maison de l'Imâm attendu. La porte en était grande ouverte.

Une courte distance de quelques centaines de pas me séparait de la maison de l'Imâm... A ce moment-là je m'éveillai de mon rêve. Mais j'en ai gardé une impression profonde. L'essentiel m'en apparaît comme étant la distance qui me séparait de la porte ouverte de la maison de l'Imâm; car depuis lors, le sentiment que j'ai de ma vie, en songe ou à l'état de veille, c'est qu'elle consiste à parcourir cette distance, parce qu'elle est la mesure exacte de ma vie; elle règle le temps et l'harmonie de mon existence tout entière; elle est le temps et l'espace réels que j'éprouve sur cette Terre"»8.

1. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri CORBIN, Édition nrf, Gallimard, Tome I, Tome II, Tome III, Tome IV, 1971-1972, à Paris.
2. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri Corbin, op. cit., Tome IV, pp. 307 – 309.
3. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri Corbin, op. cit. p. 330.
4. 'Alî Asghar Borûjardî, Nûr al-Anwâr (en persan), Téhéran, 1347/1928, p. 177, ainsi que Majlisî, Bihâr, vol, XIII, p. 143.
5. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri Corbin, op. cit., Tome 4, p. 333.
6. Ils s'agit de: 1- "Le Sanctuaire de Jam-Karan", pp. 338 - 346 2- "Le Voyage à l'Ile Verte en la Mer Blanche", pp. 346 - 367 3- "Les îles aux cinq cités", pp. 367 - 374 4- "Rencontre dans le désert ou ubiquité de Nâ-kjâ-âbâd", pp. 374 - 376, op. cit., Tome 4, éd, nrf, Gallimard, 1978.
7. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri Corbin, op. cit., Tome 4, p. 336.
8. "En Islam Iranien: Aspects spirituels et philosophiques", Henri Corbin, op. cit., Tome 4, pp. 455 – 456

L'interprétation erronée du phénomène de l'Attente
 
Certains décrivent l'Attente comme étant un phénomène psychique émanant des difficultés éprouvées par les déshérités au sein de leur société. Selon eux, l'Attente se résume à des constructions imaginaires destinées à fuir une réalité pénible, en souhaitant l'avènement d'un monde meilleur où les déshérités recouvreront leurs droits et leur souveraineté usurpés.

Cette interprétation est évidemment erronée. En effet, si on considère l'histoire de ce phénomène, on observera que l'Attente occupe une place importante dans toutes les religions connues par l'humanité.


L'Attente dans les doctrines non religieuses:

Selon Bertrand Russell, l'attente d'un sauveur qui viendra pour faire régner la justice sur la terre ne concerne pas uniquement les écoles religieuses, on la retrouve aussi dans d'autres doctrines. D'après lui, l'Attente chez les marxistes est identique à celle des chrétiens, si ce n'est au point de vue approche. L'Attente chez le célèbre écrivain russe Tolstoï est aussi la même que celle des chrétiens.


L'Attente dans les religions antérieures à l'Islam:

Dans l'Ancien Testament nous pouvons lire: «Laisse la colère, abandonne la fureur; Ne t'irrite pas, ce serait mal faire. Car les méchants seront retranchés, Et ceux qui espèrent en l'Eternel possèderont le pays»1

La prédiction mentionnée dans ce Psaume est confirmée par le verset coranique:

«Nous avons écrit dans les Psaumes (Zabour), après le Rappel, que mes saints serviteurs hériteront de la terre»2.


L'Attente chez les musulmans sunnites:

L'attente «d'al-Mahdi, le Sauveur» n'est guère spécifique aux musulmans chiites. En effet, toutes les écoles islamiques ont rapporté des hadiths authentiques concernant al-Mahdi (a.j.).

Dans son œuvre capitale intitulée «al Mouqaddima», Ibn Khaldoun, le célèbre historien et sociologue du huitième siècle de l'Hégire, a dit:

«Sache que, depuis l'aube de l'islam, il est notoire au sein de la communauté musulmane tout entière que peu avant la fin du monde un homme d'Ahlul Bayt doit apparaître. Cet homme nommé al-Mahdi sera obéi par les musulmans. Il défendra l'Islam, s'emparera des royaumes musulmans et fera régner la justice. D'après les hadiths authentiques, à l'Apparition d'al-Mahdi succèdera la venue de l'Imposteur3 et l'apparition des signes annonciateurs de l'Heure. Quant au Christ, il descendra après l'Apparition d'al-Mahdi (ou avec celle-ci) , il tuera lui-même l'Imposteur (ou aidera al-Mahdi à le faire) et il imitera al-Mahdi dans sa prière»4

Dans une étude de valeur, cheikh Abdel Mohsine al-Obbad a dit : «Après l'événement douleureux qui s'est produit à la Mecque, quelques questions ont été soulevées. Certains savants ont démontré dans les médias l'authenticité de plusieurs hadiths au sujet d'al-Mahdi. Parmi ces savants, on retrouve le cheikh Abdelaziz Ben Abdallah Ibn Baz (Président de la direction des recherches scientifiques, de la prédication et de l'orientation), et le cheikh Abdelaziz Ibn Salah, imam et orateur de la mosquée de Médine»5.

En parlant du but visé dans cette étude, l'auteur a indiqué qu'il voulait démontrer que l'idée de l'Apparition d'al-Mahdi quelque temps avant la fin du monde, s'appuie sur des hadiths authentiques et que, hormis quelques rares exceptions, tous les savants sunnites, les anciens aussi bien que les nouveaux sont unanimes à l'approuver.

Dans son ouvrage intitulé «as-sawa,iq al-mouhriqa» et à propos du verset:

«Il sera un signe au sujet de l'Heure. N'en doutez point. Et suivez-moi: voilà un droit chemin»6

Ibn Hadjar al-Haythami a dit: «Mouqatil et les commentateurs qui lui ont succédé, ont dit que ce verset a été révélé à propos d'al-Mahdi. Nous citerons également par la suite, d'autres hadiths indiquant clairement qu'al-Mahdi fait partie d'Ahlul Bayt. On peut donc dire que ce verset constitue une preuve que Fatima et Ali auront une descendance nombreuse et bénie de laquelle sortiront des hommes qui deviendront les maîtres de la sagesse et la source de miséricorde. Quant au secret de cette bénédiction, elle réside dans le fait que le Prophète (Que Dieu le bénisse et le salue) a mis Fatima et sa postérité sous la sauvegarde de Dieu contre Satan, le lapidé,puis il a fait de même pour Ali»7.

Toujours au sujet d'al-Mahdi, cheikh Nassereddine al-Albani, l'un des experts contemporains dans le domaine du Hadith, a dit dans la revue «at-tamaddoun al-islami»: «A propos de la question d'al-Mahdi, il faut savoir qu'il existe plusieurs hadiths authentiques concernant son apparition. Certains de ceux-ci ont été rapportés par des narrateurs dignes de confiance; Nous allons en citer ici quelques-uns».


L'Attente chez les chiites duodécimains:

On retrouve dans le chiisme duodécimain un grand nombre de hadiths traitant de l'attente d'al-Mahdi dont certains proviennent de sources sûres. Certains savants se sont éfforcés de réunir ces hadiths dans des recueils de valeur. Parmi ces recueils, on retrouve «muntakhab al-athar» de cheikh Lotfallah as-Safi al-Goulpaygani et «l'encyclopédie de l'Imam al-Mahdi»8 de cheikh Ali Kourani.

Nous n'allons pas traiter en détail ces hadiths, car l'objectif de cette étude n'est pas de les analyser du point de vue authenticité et contenu. Le but que nous nous sommes proposé, est de comprendre l'exacte signification de l'Attente et sa valeur civilisationnelle.


L'Attente et sa valeur civilisationnelle:

C'est certes la conception que se fait le croyant de l'Attente, qui déterminera son comportement au sein de la société. En effet, il y a une certaine conception de l'Attente qui endort l'individu et l'éloigne des problèmes réels, tandis qu'il y a une autre qui l'incite à l'action. Il est donc nécessaire de définir d'une manière précise le concept de l'Attente.

L'Attente de l'Imam al-Mahdi (a.j.) est en réalité, l'un des aspects intellectuels de la civilisation musulmane qui joue un rôle important dans la formation de la personnalité du musulman. L'Attente a en effet, un grand impact sur la mentalité du musulman, sur sa façon de penser, son mode de vie et sa manière de concevoir l'avenir. Dans le domaine politique, par exemple, les projets et les objectifs immédiats ou à long terme, dépendent largement de celle-ci.

L'Attente est un phénomène profondément enraciné dans la civilisation musulmane. Elle remonte chez les musulmans chiites à l'an 260 de l'Hégire, date de la première Disparition(9) de l'Imam al-Mahdi.

Depuis, l'Attente a su rendre le musulman de plus en plus conscient de ses responsabilités politiques. Sans ce facteur stimulant, l'histoire politique du chiisme aurait pris une toute autre direction. Il suffit de lire «Douâa an-noudba»10 -que les croyants lisent particulièrement tous les vendredis - pour se rendre compte de l'ampleur de son influence sur l'esprit et le comportement du musulman chiite.

L'Attente de notre 12ème Imam (as) ne se conçoit d'une manière passive car « La véritable attente est celle qui se rallie à l'action, visant à faire régner la justice dans le monde ».

Partant de ce principe, l'auteur a essayé d'analyser la question de l'Attente en faisant appel à des sujets, tels que: l'Attente chez les différentes écoles idéologiques et chez les musulmans,la notion de l'Attente et sa valeur au sein des civilisations, les moyens de changement et causes du retard de l'Apparition, etc.

Pour y répondre à ces problématiques, l'auteur a analysé le lien existant entre l'action et l'Attente, accordant une grande importance à l'action et incitant les musulmans à faire preuve d'activité susceptible d'aboutir au changement, en droite ligne sur Saint Qur'an. Toute action est susceptible d'exposer au danger. Il faut donc se prémunir de: la patience, la prière, l'unité, l'espoir et recourir à l'expérience de nos prédécesseurs.

C'est la préface de l'ouvrage rédigé par Cheikh Muhammad Mahdi Al-Asifi, Chose promise par Dieu: «Nous avons écrit dans les Psaumes (zabour), après le Rappel, que mes saints serviteurs hériteront de la terre»1 et par le Prophète : «je vous annonce la bonne nouvelle d'al-Mahdi.

Il sera envoyé à une époque où règneront les conflits et les calamités afin de remplir la terre de justice et d'équité autant qu'elle aura été remplie d'injustice et d'iniquité»2, les serviteurs de Dieu attendent le jour où ils hériteront de la terre.

Chez certains, l'Attente se résume à des constructions imaginaires destinées à échapper au réel. Ils tentent de fuir la réalité amère en rêvant d'un monde meilleur plein de justice, après avoir été rempli d'injustice. Mais si l'avènement d'un monde meilleur est indubitable, cela ne justifie guère cette attente passive.

La véritable attente est celle qui se rallie à l'action, visant à faire régner la justice dans le monde. «Il existe une interdépendance entre l'Attente et l'action: l'action résulte de l'Attente qui, à son tour, nourrit l'action.»

Partant de ce principe, l'auteur a essayé d'analyser la question de l'Attente en faisant appel à des sujets, tels que: l'Attente chez les différentes écoles idéologiques et chez les musulmans, la notion de l'Attente et sa valeur au sein des civilisations, les moyens de changement et causes du retard de l'Apparition, le rôle des lois divines dans la révolution de l'Imam al-Mahdi (a.j.), les compagnons de l'Imam (a.j.) et ceux qui prépareront son apparition (selon les textes islamiques), les exigences de la période d'Attente, la notion d'Attente active...

Au cours de cette analyse, l'auteur posera la question suivante :qu'attend l'Imam (a.j.) pour apparaître?

En réponse,il dira que l'Imam (a.j.) attend que les croyants fassent tous leurs efforts et prouvent leur capacité de résistance. Ce qui donne à l'Attente sa juste valeur et auquel fait allusion le hadith du Prophète (a.s.s) : «La meilleure action de ma communauté est l'Attente».

En s'appuyant sur cette idée, l'auteur a tenté d'analyser le lien existant entre l'action et l'Attente. Il considère que le Coran accorde une grande importance à l'action et incite les musulmans à faire preuve d'activité susceptible d'aboutir au changement. Mais selon l'auteur, toute action est susceptible d'exposer au danger. Il faut donc se prémunir de: la patience, la prière, l'unité, l'espoir et recourir à l'expérience de nos prédécesseurs.

L'auteur a su démontrer, d'une manière objective et un langage accessible à tous, que l'Attente occupe une place importante dans l'histoire du monothéisme.

Ecrit par le Centre al-Ghadir des études islamiques1. «Sourate Les Prophètes», (S:21/V:105)2. Mousnad Ahmed Ibn Hanbal, (V:3/p.393/ hadith 10746)trié du livre "L'attente active de l'Imam al-Mahdi (a.j.)" du Cheikh Muhammad Mahdi Al-Asifi

samedi, 06 juin 2015 10:10

Daesh est la création des Etats-Unis

 

- "Le groupe terroriste takfiri Daesh est le résultat des actes des Etats-Unis", a déclaré un activiste américain.

"Les pays occidentaux parlent beaucoup des solutions de la confrontation avec Daesh, sans même tenir en considération l'importance du rôle que pourraient jouer les gouvernements iranien et syrien, dans la lutte contre ce groupe", a précisé Richard Becker, un militant du Mouvement anti-guerre «Answer Coalition», lors d'un entretien avec Press Tv.

"L'Iran et la Syrie sont les deux pays qui se battent, sérieusement, contre le groupe terroriste Daesh", a-t-il ajouté.

«Les Etats-Unis et les autres pays occidentaux ont favorisé  le terrain à la montée en puissance du groupe, en Irak. L'agression contre l'Irak, avant de l'occuper, et la dissolution de l'armée, en 2003, ont aplani le terrain à l'apparition de Daesh», a-t-il précisé.

"L'intervention militaire, en  Libye et en Syrie, a abouti à la montée en puissance d'Al-Qaïda, et, finalement, à la formation de Daesh", a-t-il poursuivi.

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« Les puissances de l'Arrogance mondiale ne laisseront jamais le peuple iranien tranquille, ni n'arrêteront ses complots contre lui », a averti le Guide suprême de la Révolution islamique, l'imam Sayed Ali Khamenei, mettant en garde contre « les agissements des ennemis qui visent à porter atteinte à l'unité nationale en Iran et ceux qui veulent semer la zizanie entre les Musulmans. » « Ce que les ennemis ont lancé sur le soi-disant croissant chiite s'inscrit dans ces efforts de zizanie qui veulent porter atteinte à l'unité islamique (...) Ceux qui sèment la discorde entre chiites et sunnites travaillent à la solde des services de renseignements américains et britanniques et veulent nuire aux chiites et aux sunnites à la fois », a-t-il indiqué.


Le Leader de la Révolution islamique a tenu ces propos lors d'un discours prononcé à l'occasion de la 26ème commémoration du décès du fondateur de la Révolution islamique en Iran, l'Imam Khomeiny, dont il a vanté les mérites, tout en mettant en garde entre autre contre les plans qui visent à déformer l'image de cette personnalité en l'interprétant subjectivement « selon certains goûts », ce qui d'après lui aura de graves répercussions.
Le Guide suprême de la Révolution islamique a affirmé que l'Imam Khomeiny était le symbole concret d'un grand mouvement, déclenché par le peuple iranien, mouvement, qui a bouleversé l'histoire du pays et de la région. « Le chemin tracé par l'Imam ne pourra se poursuivre sans une connaissance exacte de la ligne de conduite que fut celle de l'Imam », a fait remarquer l'Ayatollah Khamenei. « La connaissance de la personnalité de l'imam Khomeiny ne peut se réaliser qu'en lisant ses principes et ses idées sur son mouvement révolutionnaire », a-t-il expliqué, précisant qu'on ne peut agir de manière sélective avec les principes de l'imam Khomeiny et ses idées.


Selon lui, l'Imam Khomeiny qui a été l'incarnation d'un mouvement lancé par le peuple iranien, a mené sa lutte sur la voie divine en entreprenant deux démarches cruciales : le renversement de la monarchie, et la fondation d'un régime politique qui s'inspire de l'Islam, ce qui constitue un précédent dans l'histoire de l'Islam. « Le peuple iranien était soumis, ils ont voulu lui imposer leur culture mais l'imam Khomeiny l'a transformé en un peuple motivé, qui aspire à réaliser de grandes fins. Le peuple iranien s'est dégagé de la léthargie grâce à la renaissance instaurée par l'Imam Khomeiny», a-t-il poursuivi.
L'imam Khamenei, qui parlait devant entre autre un parterre de diplomates des ambassades étrangères accréditées en Iran, a signalé que la connaissance de l'Imam Khomeiny exige de faire la distinction entre « l'Islam mohammadien » et « l'islam américanisé » : « L'Islam américain a deux branches : l'"Islam laïc" et l'"Islam fanatique", a poursuivi le Guide suprême, en dénonçant le soutien américain à Daech.

"Les Etats-Unis et Israël soutiennent, aujourd'hui, aussi bien, Daech et Al-Qaïda, que d'autres milices, qui agissent, au nom de l'Islam, mais qui sont, en réalité, parfaitement, étrangères à l'essence de l'Islam, à sa jurisprudence », a souligné l'Ayatollah Khamenei, avant d'ajouter : « Dans l'optique de l'Imam Khomeiny, l'Islam authentique demeure un Islam basé sur le Livre et la tradition, qui s'est perfectionné, grâce à un esprit clair, à la connaissance des temps et des lieux, Islam qui relève d'une lecture scientifique, Islam telle qu'il est enseigné dans les écoles théologiques. L'Islam daechiste, l'Islam indifférent aux crimes du régime sioniste et des Etats-Unis, et l'Islam dépendant des Etats-Unis et des grandes puissances, se convergent. L'Imam Khomeiny les rejette tous en bloc ».


Il a rappelé que l'imam Khomeiny a toujours été sceptique face aux puissances mondiales arrogantes, n'ayant aucune confiance en leur promesse. « Tout comme nous le voyons de nos jours avec ce qui se passe avec l'Iran, et ce qu'ils déclarent à son encontre, et qui n'inspire aucune confiance », a fait remarquer le Guide suprême qui a également tenu à rappeler : « Tout au long de sa vie, l'imam Khomeiny est resté ferme face aux complots américains, et a contrecarré leurs politiques et celles de l'Arrogance mondiale ».


Rendant hommage à ses positions de soutien indéfectible aux opprimés, il a souligné : « c'est aujourd'hui la position de l'Iran, une position de principe sur ce qui se passe dans le monde. Nous nous opposants à Daech avec la même vigueur que nous nous opposons au racisme de la police américaine contre les noirs, comme nous nous opposons à l'oppression dont est victime le peuple palestinien, au siège qui lui est imposé dans la bande de Gaza, aux bombardements infligés au peuple yéménite, comme nous condamnons les mesures arbitraires contre le peuple bahreïni, et les raids des drones américains contre les deux peuples afghans et pakistanais ».


Selon lui, la cause palestinienne restera la plus importante pour la République islamique, car « c'est le terrain où la lutte est un devoir islamique par excellence ».


S'étalant sur les origines de la pensée de l'Imam Khomeiny dont il a été un compagnon de route et de lutte, l'Ayatollah Khamenei a indiqué qu'elle s'appuyait d'abord sur la doctrine de l'Unicité divine (al-Tawhid), tout en prônant une méthode opérationnelle vivace et efficace, ce qui le distinguait de ces théoriciens et intellectuels qui prétendaient être de lumières, et se prévalaient de termes attrayants, sans être opérationnelles ».


Dans son allocution, le Guide suprême a parlé aussi de l'Imam Mahdi, rappelant que toutes les écoles islamiques adhèrent parfaitement à l'idée de sa sortie et qu'il appartient de par son origine à la lignée du prophète Mohammad (SAWA).